Le gĂ©nĂ©ral De Gaulle qui, malgrĂ© ses Ă©toiles n’avait jamais Ă©tĂ© un soldat, tout au plus un militaire intermittent du service actif, n’aimait pas l’ArmĂ©e au point de s’en mĂ©fier comme de la peste. C’est d’ailleurs ce qui le conduisit tout au long de sa carriĂšre politique Ă  la diviser sinon Ă  la briser, pour mieux la maĂźtriser.

Statue de Charles De Gaulle.

Statue de Charles De Gaulle.

De retour aux affaires en mai 1958, en grande partie grĂące Ă  elle, il eut Ă  l’affronter Ă  travers les Ă©vĂ©nements d’AlgĂ©rie et la guerre peu conventionnelle qui y Ă©tait menĂ©e.

Conflit des gĂ©nĂ©rations, inadaptation, suffisance du chef omniscient ? Toujours est-il que le tout nouveau chef de l’État se refusa Ă  prendre en considĂ©ration les rĂ©alitĂ©s d’un type de conflit nouveau : la guerre rĂ©volutionnaire et subversive.

Alors que les colonels Broizat et Lacheroy, spĂ©cialistes reconnus en la matiĂšre, appuyĂ©s par le gĂ©nĂ©ral Massu, s’efforçaient de lui inculquer les bases de cette lutte dans laquelle l’agresseur s’emploie Ă  exploiter les tensions internes de l’adversaire, les oppositions idĂ©ologiques, sociales religieuses, Ă©conomiques susceptibles d’avoir une influence dĂ©terminante sur les populations Ă  conquĂ©rir, il balaya leurs arguments d’un revers de vareuse mĂ©prisant : « Vous m’emmerdez ! La guerre ne change pas. Nous sommes en prĂ©sence d’une rĂ©volte coloniale et vous avez Ă  la combattre comme on combat depuis des siĂšcles ces soulĂšvements. »

DĂ©barrassĂ© du boulet algĂ©rien il pouvait enfin se consacrer Ă  la modernisation de l’ArmĂ©e, telle qu’il l’imaginait, en faisant la part belle Ă  cette force de frappe qui ne manquerait pas de contribuer Ă  la paix du Monde tout en redonnant Ă  la France un rĂŽle primordial dans le concert international en maĂźtrisant l’ours soviĂ©tique et le pygargue amĂ©ricain.

N’avait-il pas confiĂ© Ă  Jean de Broglie, alors secrĂ©taire d’État aux affaires algĂ©riennes : « L’AlgĂ©rie est la porte Ă©troite par laquelle nous entrons dans le Tiers-Monde. Une brouille entre la France et un autre État d’Afrique du Nord n’est qu’une simple tension. Une brouille avec l’AlgĂ©rie dĂ©passerait les limites des relations franco-algĂ©riennes et risquerait de ruiner les efforts de notre diplomatie dans le monde entier. »

Moins de quatre ans aprĂšs la mort du GĂ©nĂ©ral, le prĂ©sident Boumediene, un vulgaire « bicot » (sic), un misĂ©rable « bougnoule » (re-sic), comme il aimait appeler naguĂšre les Français musulmans, faisait dĂ©jĂ  toucher du doigt les limites du rĂȘve gaullien et de sa stratĂ©gie nuclĂ©aire : « Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marĂ©e constituĂ© par les millions d’ĂȘtres humains qui partiront un jour de la partie mĂ©ridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hĂ©misphĂšre septentrional, en quĂȘte de survie. »

Que penserait aujourd’hui le visionnaire de Colombey prenant connaissance des mĂ©thodes islamistes employĂ©es pour investir certains territoires de la RĂ©publique, lui qui s’était moquĂ© de la politique dĂ©veloppĂ©e au travers des Sections Administratives SpĂ©cialisĂ©es pour contrer les menĂ©es subversives de l’ALN : « Foutez-moi la paix avec votre guerre subversive ! On ne peut Ă  la fois manier la mitraillette, monter en chaire et donner le biberon. »

Certains imams font-ils autre chose ?

Que n’avait-il d’ailleurs pris au sĂ©rieux l’analyse rĂ©ellement prophĂ©tique faite le 15 novembre 1956 par le gĂ©nĂ©ral Allard :

« Le monde libre, obnubilĂ© par le risque mortel d’une guerre totale, semble n’avoir pas vu que la seule ligne de dĂ©fense dressĂ©e de l’OcĂ©an Arctique Ă  la MĂ©diterranĂ©e, pouvait ĂȘtre tournĂ©e par le Sud.

En 1956, la France et la Grande Bretagne avaient voulu Ă  Suez s’opposer au dĂ©ferlement vers l’ouest du panarabisme encouragĂ© par le communisme. Le monde libre n’a pas compris la portĂ©e de ces tentatives et ce furent des Ă©checs. La ligne de dĂ©fense, la derniĂšre, passe par l’AlgĂ©rie. »

Il est vrai que Jacques Allard n’était qu’un modeste gĂ©nĂ©ral d’armĂ©e.

Si le ridicule ne tue pas plus dans la vie terrestre que dans la vie Ă©ternelle, Ă  l’ombre de sa croix de Lorraine monumentale, le Sage de Colombey, le visionnaire hypermĂ©trope d’un passĂ© rĂ©volu, peut dormir sur ses deux oreilles qu’il avait fort grandes. Si elles ne lui servaient pas Ă  Ă©couter les conseils les plus avisĂ©s, elles constituaient nĂ©anmoins le support idĂ©al d’un kĂ©pi Ă©toilĂ© dĂ©cidĂ©ment trop grand.

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A propos de l'auteur

Jean-Pierre Brun

NĂ© Ă  Souk Ahras, Jean-Pierre Brun a sillonnĂ© l’AlgĂ©rie. Il a rejoint l’ArmĂ©e SecrĂšte et s’est retrouvĂ© Ă  Paris au sein de l’OAS MĂ©tro Jeunes
 Il est l'auteur de plusieurs livres aux Ă©ditions Dualpha.

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