« Les politiciens se mĂ©fient de l’Histoire :
ils en ont pratiquement fait disparaütre l’enseignement
dans les classes du secondaire
»

Entretien avec l’historien Bernard Plouvier, auteur de Faux et usage de faux en histoire (Ă©ditions Dualpha).

(propos recueillis par Fabrice Dutilleul)

Bernard-Plouvier.

Bernard-Plouvier.

À quoi peut bien servir l’histoire telle qu’on la raconte ?

De mauvais plaisants (et mĂȘme quelques bons historiens, comme on peut le lire dans cet ouvrage) estiment qu’elle ne sert Ă  rien ! Ce n’est toutefois pas aussi Ă©vident. Sinon, nos merveilleux politiciens ne s’en mĂ©fieraient pas tant, eux qui en ont pratiquement fait disparaĂźtre l’enseignement dans les classes du secondaire (oĂč l’on n’évoque plus guĂšre que les civilisations exotiques, comme si l’Europe Ă©tait nĂ©e en 1960, par le traitĂ© unissant ses Ă©conomies nationales).

Il faut croire que la narration historique n’est pas seulement un plaisir d’esthĂšte ou une activitĂ© de savant, mais qu’elle a aussi une certaine importance sociale, puisque de nos jours des parlementaires Ă©dictent des lois pour en rĂ©glementer l’écriture et que des juges ont Ă  statuer sur le cas des contrevenants, ces chercheurs atypiques qui osent rĂ©viser les dogmes communĂ©ment admis.

Donc la narration officielle est véridique ?

Que non pas ! Bien au contraire, la question mĂ©rite d’ĂȘtre posĂ©e : l’écriture historique estampillĂ©e d’État, c’est-Ă -dire celle de nos merveilleux savants universitaires, de nos brillants acadĂ©miciens et de nos sĂ©millants Ă©crivains mondains est-elle digne de foi ? Dans mon livre Faux et usage de faux en histoire, j’ose prĂ©tendre le contraire. Et ce n’est pas pour rien que l’illustration retenue pour la couverture de cet ouvrage est faite de marottes pour bouffons de cour !

Quels sont les sujets que vous abordez et dans quel but ?

Dans une premiÚre partie, je tente de démonter une quinzaine de fables bùties pour édifier le bon peuple, de RamsÚs II à Lénine, de Galilée à Einstein, de Constantin Ier à Paul Reynaud et Charles De Gaulle.

Il est Ă©vident que l’écriture de l’histoire contemporaine n’est trop souvent que de la propagande. J’ai tentĂ© de le dĂ©montrer en Ă©purant l’histoire d’Adolf Hitler des lĂ©gendes et des mensonges les plus grotesques ; c’est la forme la deuxiĂšme partie du livre.

Dans une troisiĂšme partie, j’ai abordĂ© le lieu symbolique du « Devoir de mĂ©moire », Auschwitz et son complexe concentrationnaire, en essayant d’en ĂŽter les scories qui ont donnĂ© naissance au nĂ©gationnisme, puis l’ont nourri.

En guise de conclusion, sont proposĂ©s quelques aphorismes d’auteurs antiques, modernes et contemporains portant sur la narration historique, de façon Ă  prouver que ce n’est pas d’aujourd’hui que l’on doute du bien-fondĂ© de la narration communĂ©ment admise, des Vulgates officielles !

La notion de vĂ©ritĂ© historique est, par essence, un idĂ©al inaccessible. Cela ne signifie pas qu’il faille renoncer Ă  s’en rapprocher et moins encore qu’on ait licence de la violer dĂ©libĂ©rĂ©ment.

Car l’histoire a un intĂ©rĂȘt certain. Étant le reflet des grandes rĂ©alisations aussi bien que des erreurs de nos ancĂȘtres, elle doit servir d’exemples Ă  imiter et de repoussoirs dont il faut Ă©viter la reproduction. AprĂšs tout, elle participe Ă  la sagesse des nations, faisant partie de leur culture propre
 de ce fait, on reconnaĂźt volontiers qu’elle ne peut guĂšre ĂȘtre aimĂ©e des tenants du grand village mondial !

Faux et usage de faux en histoire, Bernard Plouvier, Ă©ditions Dualpha, collection « VĂ©ritĂ©s pour l’Histoire », dirigĂ©e par Philippe Randa, 386 pages, 35 euros. Pour commander ce livre, cliquez ici.

Faux et usages de faux en Histoire 'Ă©ditions Dualpha)

Faux et usages de faux en Histoire (Ă©ditions Dualpha)

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