Entretien avec Philippe de Parseval qui vient de publier Laszlo Szabo, un « maréchal » de la Légion (éditions Dualpha)

(Propos recueillis par Fabrice Dutilleul).

La LĂ©gion est un corps d’élite que toutes les armĂ©es Ă©trangĂšres nous envient. Elle tire sa force de la qualitĂ© des hommes qui la constituent, elle n’existerait pas sans les officiers qui l’encadrent et la forment, mais elle n’aurait jamais atteint son niveau de professionnalisme sans les sous-officiers qui en sont la cheville ouvriĂšre, le modĂšle et l’exemple. Philippe de Parseval nous fait revivre la fabuleuse carriĂšre de Laszlo Szabo Ă  travers les guerres d’Indochine et d’AlgĂ©rie et son ascension dans la hiĂ©rarchie de ce corps de troupe exceptionnel.

Philippe de Parseval.

Philippe de Parseval.

Vous avez amplement dĂ©veloppĂ© les guerres d’Indochine et d’AlgĂ©rie dans vos prĂ©cĂ©dents livres. Ne craignez-vous pas de lasser le lecteur en revenant sur ces sujets ?

J’ai effectivement largement suivi ces deux conflits, mais ce fut Ă  travers les biographies d’officiers qui les avaient vĂ©cues. Il fut normal de leur rendre hommage, Ă  tout seigneur tout honneur.

Les rĂ©cits de leurs faits d’armes ne doivent pas estomper l’action capitale des sous-officiers qu’ils avaient sous leurs ordres. Cette catĂ©gorie de combattants a Ă©tĂ© longuement dĂ©nigrĂ©e par une littĂ©rature satirique et antimilitariste qui souvent, pour ne pas dire toujours, a dĂ©crit ce type de soldats comme des ĂȘtres brutaux et alcooliques. Les termes argotiques qui les dĂ©signent en sont le reflet Ă©vident : « le juteux », l’« adjupĂšte », le « bas-off’», le « chien de quartier », etc.

L’exception ne faisant pas la rĂšgle, c’est oublier leur action comme meneurs d’hommes, que ce fut dans les tranchĂ©es de la Grande Guerre, sur les plages de Provence, dans les riziĂšres d’Indochine ou les djebels algĂ©riens. C’est surtout oublier que partis du bas de l’échelle hiĂ©rarchique, ils sont la charniĂšre indispensable entre le corps des officiers et la troupe dont ils sont issus et qu’ils connaissent parfaitement.

J’ai estimĂ© devoir leur rendre hommage en publiant la biographie de l’un d’entre eux, et non des moindres puisqu’il s’agit d’un sous-officier de la LĂ©gion Ă©trangĂšre.

Pourquoi ce titre : un « maréchal » de la Légion ?

L’expression n’est pas de moi. Je l’ai empruntĂ©e Ă  mon ami le capitaine Pierre Sergent, ancien officier du 1er rĂ©giment Ă©tranger de parachutistes qui en a fait le titre d’un de ses livres que je cite dans la bibliographie Ă©voquĂ©e en fin de volume.

Le titre de « marĂ©chal » est la plus haute distinction que l’on puisse attribuer Ă  un militaire. Elle est consĂ©cutive Ă  une carriĂšre brillante suivie par des officiers de haute compĂ©tence ayant fait particuliĂšrement leurs preuves dans l’exĂ©cution des missions qui leur furent attribuĂ©es : Joffre, Foch, PĂ©tain et plus rĂ©cemment Leclerc et de Lattre.

Attribuer cette distinction Ă  un sous-officier est Ă©videmment une image, elle est le reflet de la reconnaissance que nous pouvons exprimer Ă  l’égard de soldats qui ont su, par leur exemple obtenir l’admiration de leurs hommes et l’estime de leurs chefs. Dans des circonstances et des Ă©poques diffĂ©rentes, ils auraient peut-ĂȘtre eu accĂšs Ă  cet honneur.

La guerre d’AlgĂ©rie s’est terminĂ©e peu aprĂšs le putsch des gĂ©nĂ©raux en avril 1961 et cet Ă©vĂšnement en a mĂȘme accĂ©lĂ©rĂ© la fin. Quel a Ă©tĂ© le comportement de Laszlo Szabo en particulier et des sous-officiers de la LĂ©gion en gĂ©nĂ©ral face Ă  ce drame ?

Il faut ĂȘtre trĂšs clair : Ă  cette Ă©poque le rĂšglement de discipline gĂ©nĂ©rale Ă©tait sans ambiguĂŻté : « La discipline faisant la force principale des armĂ©es, il importe que
 etc., etc. ». C’était le propre de toutes les armĂ©es dignes de ce nom.

Depuis la fin de la guerre d’AlgĂ©rie et des Ă©vĂ©nements politiques qui l’ont prĂ©cĂ©dĂ©e et qui ont engagĂ© une partie de l’armĂ©e, le rĂšglement a Ă©tĂ© modifiĂ© et le soldat n’est plus obligĂ© d’exĂ©cuter un ordre « s’il lui paraĂźt contraire, etc., etc. ».

Je ne ferai pas le procĂšs de cette modification, restant inquiet sur ses consĂ©quences au plan tactique dĂšs lors qu’un subordonnĂ© s’arroge le droit de discuter un ordre.

La question n’est pas lĂ  et en 1961, a fortiori, elle n’était pas lĂ .

Le soldat n’est pas en mesure de connaĂźtre les tenants et aboutissants d’un ordre dĂ©pendant d’une idĂ©e de manƓuvre gĂ©nĂ©rale dont il ignore le plus souvent les motivations. De ce principe, on apprenait Ă  cette Ă©poque que « les ordres doivent ĂȘtre exĂ©cutĂ©s sans hĂ©sitation ni murmure ». Cette notion d’obĂ©issance est particuliĂšrement en vigueur Ă  la LĂ©gion composĂ©e de soldats instruits et formĂ©s dans la confiance absolue placĂ©e dans leur chef. Le lĂ©gionnaire n’a pas d’état d’ñme, hormis la camaraderie qui le lie aux autres lĂ©gionnaires et Ă  ses cadres et il est Ă©vident que d’avoir perdu bon nombre d’entre eux dans les riziĂšres d’Indochine le prĂ©disposait Ă  obĂ©ir Ă  un ordre relevant plus du sens de l’honneur et de la parole donnĂ©e plutĂŽt que d’admettre que ses camarades Ă©taient Ă  nouveau tombĂ©s pour rien dans les djebels algĂ©riens. Le lĂ©gionnaire suit son chef.

Laszlo eut en quelque sorte la chance (mais peut-ĂȘtre l’a-t-il regrettĂ©) de ne pas ĂȘtre dans une unitĂ© de combat lors des Ă©vĂšnements d’avril 1961.

Laszlo Szabo, un « marĂ©chal » de la LĂ©gion, Philippe de Parseval Ă©ditions Dualpha, collection « VĂ©ritĂ©s pour l’Histoire », dirigĂ©e par Philippe Randa, 216 pages, 25 euros. Pour commander ce livre, cliquez ici.

Laszlo Szabo, un « marĂ©chal » de la LĂ©gion, Philippe de Parseval Ă©ditions Dualpha, collection « VĂ©ritĂ©s pour l’Histoire ».

Laszlo Szabo, un « marĂ©chal » de la LĂ©gion, Philippe de Parseval Ă©ditions Dualpha, collection « VĂ©ritĂ©s pour l’Histoire ».

Philippe de Parseval

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