Je vous mets au dĂ©fi de trouver aujourd’hui Charles Martel, pourtant fondateur de la dynastie carolingienne, dans un livre d’histoire. Quant au site de la fameuse bataille de Poitiers (en fait Moussais), les panneaux explicatifs locaux valent leur pesant de rigolade.

Charles Martel.

Charles Martel.

Au nom de la contrition, du multiculturalisme et du vivre ensemble, on nous affirme, que la bataille n’était – surtout pas ! – un choc de civilisation, que les musulmans sont au fond les vĂ©ritables victimes, que Charles Martel n’était qu’une brute mal dĂ©grossie au contraire de son adversaire, Abd el Rahman, homme raffinĂ© et tout en finesse qui venait seulement proposer les bienfaits de l’Islam aux populations subjuguĂ©es.

Surtout ne ratez pas le site, un tel culot dans la falsification finit par ĂȘtre grandiose et mĂ©rite le dĂ©tour !

Voyons un peu la rĂ©alité 

En 711, au nom du Jihad, les Arabes envahissent l’Europe par l’Espagne. À leur tĂȘte, un excellent guerrier, Tariq Ibn Ziyad, qui donnera son nom Ă  Gibraltar. AprĂšs la prise de Barcelone, ils franchissent les PyrĂ©nĂ©es en 716 et conquiĂšrent la Sicile, la Sardaigne, la Corse, puis les BalĂ©ares et la Provence. Ce sont les fameux Omeyyades, originaires de La Mecque, contemporains de Mahomet et, soit dit en passant, parfaitement intolĂ©rants, contrairement Ă  la lĂ©gende tenace de la cohabitation merveilleuse des trois cultures.

En 719, ils s’emparent de Narbonne, puis d’Agde, BĂ©ziers, NĂźmes. Depuis Narbonne, ils vont ravager le Languedoc et multiplier des razzias sanglantes contre Carcassonne, Arles, NĂźmes, Ales, BĂ©ziers, Agde, Maguelone


Narbonne est alors capitale de la Septimanie, ancienne province romaine de la Narbonnaise. AprĂšs sa conquĂȘte par les Goths sur les Romains, la province est occupĂ©e en 507 par Clovis, un MĂ©rovingien
 mais au grand dam de ses habitants, dont l’enthousiasme pour les envahisseurs Francs reste trĂšs moyen. NĂ©anmoins, Narbonne n’est pas annexĂ©e et reste la derniĂšre enclave Wisigoth.

En 719, un autre agitĂ© du cimeterre, Al-Samh ibn Malik al-Khawlani, s’empare de la ville. La Septimanie devient une province d’Al Andalus, avec Ă  la clĂ©, les inĂ©vitables persĂ©cutions des juifs et des chrĂ©tiens. En 721, Al-Samh traverse le Lauragais et assiĂšge Toulouse. Mais lĂ , il va dĂ©chanter. Eudes, duc d’Aquitaine, Ă  la fois Gascon et Basque, combattait les Francs, mais avait nĂ©gociĂ© une trĂȘve avec ceux-ci pour avoir les mains libres contre les Sarrasins.

RenforcĂ©es par des mercenaires basques, ses troupes arrivent Ă  la rescousse, tombent sur les arriĂšres des assiĂ©geants et Ă©liminent Al-Samh. L’armĂ©e arabe, dĂ©faite, se replie sur Narbonne. Eudes qui se mĂ©fie tout de mĂȘme des Francs, prĂ©fĂšre en rester lĂ , ce qui permet Ă  Al-Ghafiqi qui prend la suite de Al-Samh, de continuer les razzias le long de la vallĂ©e du RhĂŽne, mettant Ă  sac Autun en aoĂ»t 725, puis pillant successivement Beaune, Chalon-sur-SaĂŽne, MĂącon, Sens, Luxeuil.

En 732, afin de conforter les acquis et d’imposer l’Islam, Abd el Rahman, gouverneur de Cordoue et dernier des Omeyyades, islamiste convaincu et intransigeant, relance une campagne militaire depuis l’Espagne vers l’Auvergne et vers Bordeaux. Craignant les Basques, elle Ă©vite les PyrĂ©nĂ©es. Contrairement aux affirmations euphĂ©misantes, qui tripatouillent l’histoire en dĂ©nonçant la violence de Charles Martel et en encensant la modĂ©ration d’Abd el Rahman, celui-ci est fĂ©roce : « Laissant derriĂšre eux Bordeaux en flammes, chrĂ©tiens Ă©gorgĂ©s, Ă©glises dĂ©truites, palais saccagĂ©s, les Sarrasins se ruent vers le nord, dĂ©truisent les domaines viticoles (Saint Émilion), villages, chĂąteaux
 avant d’atteindre Poitiers, faisant subir Ă  cette ville un sort identique Ă  celui de Bordeaux. Puis, ils dressent leurs tentes Ă  Moussais, sur la route de Tours » (RenĂ©e Mussot-Goulard, historienne du Moyen Âge).

C’est Ă  Moussais vraisemblablement que Charles Martel va mettre le coup d’arrĂȘt final. Pour autant, les razzias partant d’Andalousie vont continuer durant environ un siĂšcle en particulier dans le massif provençal. En 940, la haute vallĂ©e du Rhin, le Valais et le Massif central subissent encore les Sarrasins. Conques et Brioude en attestent la prĂ©sence.

D’abord et davantage que celle de Moussais/Poitiers, c’est donc la bataille de Toulouse en 721 Ă  laquelle les Francs ne participĂšrent pas, qui fut dĂ©terminante. Il faut y voir (dĂ©jà !) une rĂ©Ă©criture de l’histoire par les Carolingiens (hĂ©ritiers des Francs mĂ©rovingiens) soucieux de s’arroger l’arrĂȘt de l’expansion musulmane en occultant la victoire de Toulouse obtenue au seul mĂ©rite des Basques et des Romano-wisigoths.

Quant Ă  Charles Martel, rĂ©cupĂ©rĂ©, Ă©videmment, comme toutes les figures historiques, s’il n’avait pas la rĂ©putation d’ĂȘtre un enfant de chƓur (Saint Eucher, Ă©vĂȘque d’OrlĂ©ans eut une vision de Charles Martel expiant les pillages qu’il avait faits), Abd el Rahman le lui rend largement. Et n’en dĂ©plaise aux nĂ©gationnistes, c’est bien Charles Martel qui en 737 reprend Avignon, NĂźmes, Maguelone, Agde, BĂ©ziers.

Son fils, PĂ©pin le Bref, dĂ©livrera enfin Narbonne en 759. Mais les bandes sarrasines subsistĂšrent, avec pour base La Garde Freinet, se concentrant sur la traite humaine, celle des hommes aprĂšs castration pour interdire toute reproduction et celle des femmes rĂ©servĂ©es aux harems. Il fallut attendre 990 pour que Guillaume, comte d’Arles, achĂšve la dĂ©sislamisation et Ă©limine les derniers foyers djihadistes. Les attaques continueront pendant 250 ans, mais depuis la mer. Toulon sera dĂ©truit deux fois en 1178 et 1197.

À l’Est, ce sont les Ottomans qui assiĂ©geront encore Vienne en 1683 aprĂšs s’ĂȘtre emparĂ©s de Constantinople en 1453. ConquĂȘte dĂ©finitive que le souci de mĂ©nager l’islam s’efforce d’occulter aujourd’hui, en insistant plutĂŽt sur le sac, effectivement lamentable, de la ville par les croisĂ©s en 1204.

Il faudra attendre 1830 pour que la France Ă©radique en AlgĂ©rie les derniers repaires barbaresques. 714, 1830 : plus de mille ans de luttes incessantes contre l’Islam. Heureusement, aujourd’hui, grĂące au multiculturalisme, nous savons que tout ça c’était la faute Ă  l’islamophobie et que l’Islam est une religion tolĂ©rante.

On respire.

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Philippe Randa,
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