Contrairement Ă  la Belgique, ou l’Italie, l’Espagne, bien qu’elle soit entrĂ©e plus rĂ©cemment dans l’Union europĂ©enne, est un vieux pays d’Europe.

À la mort du Caudillo, le gĂ©nĂ©ral Francisco Franco qui dirigeait l’Espagne de maniĂšre autoritaire et centralisatrice depuis 1939, en 1975, le nouveau roi, Juan Carlos Ier, rĂ©tablit la dĂ©mocratie reprĂ©sentative, et le pays intĂ©gra en 1986, aprĂšs une ultime tentative de coup d’État militaire en 1981, la CommunautĂ© europĂ©enne, devenue Union. La nouvelle constitution espagnole, trĂšs libĂ©rale, rompt avec le centralisme trĂšs poussĂ© de l’époque franquiste, et met en place une trĂšs large dĂ©centralisation avec des « CommunautĂ©s autonomes ».

Les partis nationalistes locaux, ou rĂ©gionaux, sont Ă  nouveau lĂ©galisĂ©s, en particulier dans les provinces pĂ©riphĂ©riques, oĂč subsistent des langues rĂ©gionales diffĂ©rentes du castillan, la langue officielle de l’Espagne, en Galice, au Pays basque et en Catalogne. Certains revendiquent plus d’autonomie, d’autres parlent ouvertement d’indĂ©pendance en particulier, nous allons le voir, en Catalogue et au Pays basque, deux « communautĂ©s autonomes » frontaliĂšres de la France. RĂ©cemment, nous avons Ă©voquĂ©, sur EuroLibertĂ©s, le Pays basque.

La Catalogne est une communautĂ© autonome et une rĂ©gion historique d’Espagne, qui disposait de ses propres lois avant 1714, date de la conquĂȘte espagnole.

Depuis le 19 juin 2006, elle est dĂ©finie comme « rĂ©alitĂ© nationale » par son statut d’autonomie, et le prĂ©ambule de ce mĂȘme statut dĂ©finit la Catalogne comme une nation. Le nouveau statut d’autonomie adoptĂ© a pour dĂ©nomination l’« Estatut », dont certaines dispositions ont d’ailleurs Ă©tĂ© censurĂ©es par le Tribunal constitutionnel espagnol, forme de Conseil constitutionnel français.

La superficie de ce territoire est de 31 950 kmÂČ sur lequel rĂ©sident 7,5 millions d’habitants. La population catalane dispose de trois langues officielles : le catalan, l’espagnol ou castillan, et l’occitan.

Mais cette identitĂ© ne s’arrĂȘte pas lĂ , l’Espagne post-franquiste la considĂšre, conformĂ©ment Ă  la Constitution espagnole de 1978, modifiĂ©e en 2006 par le CongrĂšs des dĂ©putĂ©s espagnols, comme une « nation » et, cette « nation d’Espagne » est la plus importante en matiĂšre de territoire (6 % de la superficie du pays), de population (16 % de l’ensemble) et la plus riche de l’État avec 19 % du PIB (produit intĂ©rieur brut), 24 % de la production industrielle et 28 % des exportations.

Son Parlement rĂ©gional, appelĂ© la « GĂ©nĂ©ralitat » de Catalogne, mis en place Ă  la fin des annĂ©es 1970, a Ă©tĂ© principalement dirigĂ© par la fĂ©dĂ©ration nationaliste de centre droit (qui a explosĂ© politiquement il y a un an pour laisser place Ă  « Ensemble pour le oui »  Ă  l’indĂ©pendance), la CiU, de 1980 Ă  2003 par Jordi Pujol, fondateur de la CDC (Convergence dĂ©mocratique de Catalogne, parti libĂ©ral classĂ© au centre droit, Ă©lĂ©ment clĂ© de la coalition), et depuis janvier dernier par Carles Puigdemont, ancien maire de GĂ©rone (2007-2016) qui a succĂ©dĂ© Ă  Artur Mas, dĂ©putĂ©, Ă©lu local CDC de la Province de Barcelone et qui dirigeait la Province depuis 2012. Entre 2003 et 2012, les socialistes espagnols, dans une coalition avec les nationalistes de gauche et les Ă©cologistes, ont dirigĂ© la rĂ©gion sous la direction de JosĂ© Montilla.

En septembre 2012, une grande manifestation populaire, « la plus grande de l’histoire de la Catalogne » notait le quotidien El Periodico de Catalunya rassemblait dans la capitale catalane, Barcelone, plus d’un million de personnes favorables Ă  l’indĂ©pendance.

Un million de participants sur 7,5 millions d’habitants : le rapport est Ă©levĂ©, imaginons, en respectant la mĂȘme Ă©chelle, 8 millions de manifestants Ă  Paris pour dĂ©fendre, promouvoir une cause ou combattre un flĂ©au, cela ne s’est jamais produit.

Cette marĂ©e humaine a entraĂźnĂ© la dissolution du Parlement autonome catalan, la Generalitat, par son prĂ©sident, Artur Mas, leader historique de la fĂ©dĂ©ration nationaliste de centre droit, la CiU (Convergencia i Unio), Convergence et Union. Ce dĂ©filĂ© marquait le souhait, par les Catalans, de rĂ©duire leur contribution Ă  la solidaritĂ© nationale espagnole, actuellement de 16 milliards d’euros.

Historiquement et linguistiquement, la Catalogne, dont une partie du territoire est en France (la rĂ©gion de Perpignan, dans les PyrĂ©nĂ©es-Orientales oĂč le bilinguisme est de mise notamment sur l’ensemble des panneaux de signalisation routiĂšre), a un fort particularisme identitaire fondĂ© sur la langue catalane (l’occitan, ou langue d’Oc, est, quant Ă  elle, une langue Ă©galement officielle mais revĂȘtant une rĂ©alitĂ© linguistique beaucoup plus Ă©tendue, et donc moins marquĂ©e de maniĂšre territoriale ; elle est ainsi rĂ©pandue dans un tiers sud de la France).

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