L’occident perd le nord avec le PokĂ©mon.

Les as des mĂ©dias et les USA veulent faire la guerre Ă  la Russie qui n’est pas nĂ©e de la derniĂšre pluie et qui n’est pas dirigĂ©e par François Hollande ou Nicolas Sarkozy.

Nietzsche, dans Par-delĂ  le bien et le mal, dit que l’empire russe est le seul sĂ©rieux, que lui seul a de l’avenir : «  la Russie Ă©tend ses conquĂȘtes en empire qui a du temps devant lui et qui ne date pas d’hier – eux se transforment suivant la maxime : « Aussi lentement que possible ! » »

Elle a aussi la meilleure armĂ©e du monde et elle est sur ses gardes. Enfin, elle a des alliĂ©s car l’occident-oxydĂ© est dirigĂ© par des idiots et fait peur Ă  tout le monde. Il faudrait faire aussi la guerre nuclĂ©aire Ă  la Turquie, Ă  l’Iran, Ă  la Chine, au Kazakhstan, Ă  tout le bloc de l’üle-monde qui se rĂ©volte contre le bloc abruti des « fous alliĂ©s » et de leur flotte Ă  la noix (presque tous les porte-avions US sont en rĂ©paration !). Revanche de McKinder sur Spykman, le Hollandais qui avait thĂ©orisĂ© sur ces questions.

Personne ne traite mieux ces questions que Philippe Grasset aujourd’hui. On lui laisse la parole : « Ainsi cela commence-t-il Ă  devenir une habitude, essentiellement depuis mars 2014 et l’investissement de la CrimĂ©e par les forces russes : les services de renseignement du bloc-BAO, malgrĂ© des moyens considĂ©rables et une dialectique Ă  mesure, ratent rĂ©guliĂšrement les plus importantes initiatives stratĂ©giques, mĂȘme quand elles sont massives, de la Russie. (Par contre, elles ne sont pas avares, les sources proches du renseignement BAO, de longs et pĂ©remptoires bavardages sur des opĂ©rations de communication – comme les invasions fantĂŽmes russes de l’Ukraine – qui satisfont les narrative en cours). »

L’occident croit en ses mensonges. Sa seule rĂ©alitĂ© est virtuelle et mĂ©diatique (ou dĂ©moniaque). Grasset toujours : « Le bloc-BAO est rĂ©ellement transmutĂ© par ses propres dĂ©mons qu’il produit pour dĂ©structurer le « reste du monde » (tout ce qui n’est pas lui) et qui finissent inĂ©luctablement par se retourner contre lui-mĂȘme
 Cela va de Soros aux rĂ©fugiĂ©s porteurs du « new normal », des « producteurs » de Daesh (le POTUS et son ex-secrĂ©taire d’État Hillary Clinton) au dĂ©terminisme-narrativiste imposĂ© Ă  la pensĂ©e, aux manƓuvres-paillettes orchestrĂ©es par l’OTAN le long des frontiĂšres de l’OTAN sans autre moyen militaire sĂ©rieux, enfin jusqu’à l’immense alarme lancĂ©e Ă  l’assaut de Donald Trump « agent de Poutine » et Siberian Candidate selon le mot d’un Prix Nobel de l’Économie. »

Pour démolir le pauvre Trump, on en arrive au caquetage trÚs débile.

Philippe Grasset rappelle que le triomphe russe avec l’Iran est Ă©clatant : «  ce que les Russes ont fait avec l’Iran, sans aucune pression, en laissant intact le sens de l’indĂ©pendance et de la souverainetĂ© nationale et par consĂ©quent le soutien constant et loyal des Iraniens, jamais les USA ne le rĂ©ussirent avec le shah Mohammed Reza Pahlavi, pourtant vĂ©ritable marionnette de la CIA de son installation sur le trĂŽne en 1953 Ă  son dĂ©part prĂ©cipitĂ© Ă  la fin de 1978. »

Et il souligne qu’IsraĂ«l aussi comprend qui est le plus fort.

« MĂȘme les IsraĂ©liens, notamment grĂące Ă  leurs Juifs d’origine russe, finiraient bien par laisser aller leurs lubies anti-iraniennes car ils ont beaucoup appris, en une annĂ©e, combien il s’agit d’ĂȘtre sĂ©rieux et attentif avec les Russes, et l’intĂ©rĂȘt d’avoir de bonnes relations avec eux. »

Les relations russo-israĂ©liennes sont d’ailleurs bonnes. Mais ce qu’il faut souligner c’est le gĂ©nie stratĂ©gique russe, qui contraste avec la dĂ©bilitĂ© larmoyante de Merkel-Juncker ou l’hystĂ©rie de Clinton-Obama.

Car : « La Russie, puissance et masse continentales par essence, fait « vivre » sa puissance stratégique dans son propre espace, et notamment depuis les débuts de la Guerre froide. »

On espĂšre que la France s’alliera Ă  la Russie comme le voulaient les grands voyants De Gaulle et Chateaubriand. Sans doute faudra-t-il un effondrement intĂ©rieur ou financier pour se rĂ©veiller.

Je cite pour finir un texte mĂ©connu qui prĂ©sentait bien le problĂšme : « C’est un nouveau venu dans la gĂ©opolitique, l’AmĂ©ricain Nicolas John Spykman, qui montra au prĂ©sident Roosevelt la naĂŻvetĂ© de cette futurologie.

Dans un monde industriel, affirmait Spykman, la guerre est inévitablement une opération industrielle qui exige une alimentation en matiÚres premiÚres et en équipements lourds pour laquelle la liberté de ravitaillement, donc de circulation, est vitale.

L’essentiel n’est pas de possĂ©der des territoires, mais d’ĂȘtre maĂźtre des lignes de communication. Plus le territoire conquis est Ă©tendu, plus la conduite de la guerre dĂ©pend des possibilitĂ©s de renouvellement de matĂ©riel de la guerre. À ce moment-lĂ , la maĂźtrise des mers l’emporte sur la maĂźtrise des continents. Il importe peu, plaidait Spykman qui fut le conseiller de Roosevelt Ă  l’entrevue de Yalta, qu’on refuse ou qu’on abandonne des lambeaux de territoire, si l’on est le maĂźtre du chapelet d’üles, de bases et de points d’appui qui entourent comme une grande ceinture le continent euro-asiatique : car on est alors le maĂźtre de la circulation Ă©conomique et stratĂ©gique dans les territoires dont la sĂ©curitĂ© et la prospĂ©ritĂ© dĂ©pendent des mers qui les entourent. Une armĂ©e ou un groupe d’armĂ©es engagĂ© dans ces territoires sont alors des otages que les maĂźtres des mers peuvent priver de ravitaillement. »

Mais faire croire que quelques porte-avions en panne et quelques chaĂźnes tĂ©lĂ© vont faire plier l’üle-monde eurasiatique, c’est se moquer du monde. Et la Russie n’est pas l’Allemagne !

Et un peu de GuĂ©non pour comprendre le problĂšme fatigant et mĂ©phitique de l’accidentel oxydé : « Les Vaishyas, venant en troisiĂšme lieu, prennent place au sud, et avec eux se termine la succession des castes « deux fois nĂ©es », il ne reste plus pour les ShĂ»dras que l’ouest, qui est regardĂ© partout comme le cĂŽtĂ© de l’obscuritĂ©. »

L’occident anĂ©anti, l’Europe se rĂ©veillera.

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