L’annĂ©e 2016 a Ă©tĂ© l’annĂ©e du rĂ©armement du monde. Tous les pays ont augmentĂ© leurs budgets militaires
 sauf la Russie, dont le PIB, dĂ©pendant Ă  plus de 25 % d’un gaz et d’un pĂ©trole en forte baisse, est en chute Ă  moins de 1 200 milliards de dollars. Son budget militaire reprĂ©sente plus de 4 % de son PIB dĂ©ficient, mais baisse Ă  48 milliards de dollars Ă  la 6e place mondiale, derriĂšre l’Inde !

Ce rĂ©armement gĂ©nĂ©ralisĂ© est inquiĂ©tant dans un monde oĂč nos Ă©lites europĂ©ennes ne parlent que de paix, de droits de l’homme, de tolĂ©rance et de beaux sentiments altruistes, compassionnels et « immigratoires ». D’autant que le Brexit prive l’Europe de 25 % de son budget militaire. Le dĂ©part de la Grande Bretagne (3e budget mondial militaire) de l’Europe ramĂšne le budget militaire europĂ©en Ă  160 milliards, derriĂšre les USA (622 milliards – 3,3 % de son PIB – et 40 % du budget militaire mondial) et la Chine (191 milliards et 1,6 % de son PIB).

AprĂšs le Brexit, l’UE compte 440 millions d’habitants et un PIB de 15 000 milliards de dollars (USA, 18 800 et Chine 12 000). Mais en termes de dĂ©fense, l’UE ne reprĂ©sente que 25 % du budget des USA, soit 1,4 % de son PIB contre 3,3 % pour les USA. L’Inde et l’Arabie Saoudite sont 4e et 5e puissances en dĂ©penses militaires.

L’information officielle qui dĂ©signe la Russie comme une menace potentielle majeure, est donc loin de la vĂ©ritĂ© des chiffres qui montrent une montĂ©e en puissance de l’Asie (Chine et Inde notamment) et une domination Ă©crasante des USA en la matiĂšre. D’ailleurs, les mĂ©dias mettent maintenant en avant le pouvoir de nuisance, via Internet, de la Russie sur nos Ă©lections ! Les missiles d’Internet remplacent les anciens missiles disparus ! Pauvres mĂ©dias !

L’UE ne pourrait-elle pas se poser la question de son autonomie militaire pour garder son intĂ©gritĂ© et protĂ©ger les peuples qui la composent encore. Les menaces terroristes, Ă©manant de pays aux budgets militaires insignifiants et dĂ©vastĂ©s par les politiques catastrophiques amĂ©ricaines et europĂ©ennes depuis vingt ans, ne sont-elles pas un arbre qui cache une forĂȘt bien plus inquiĂ©tante pour notre avenir ? Que des puissances colossales (USA et ses alliĂ©s) soient incapables de tarir la source du terrorisme, amĂšne des interrogations sur une vĂ©ritable volontĂ© politique d’y procĂ©der sĂ©rieusement. Que les politiques europĂ©ennes soient incapables de juguler les extrĂ©mismes musulmans de tous ordres sur le sol europĂ©en, et encouragent mĂȘme l’immigration africaine et proche et moyen orientale, cela dĂ©passe encore l’entendement et le bon sens.

N’y a-t-il pas un intĂ©rĂȘt Ă  laisser subsister des poignĂ©es de terroristes – dĂ»ment fichĂ©s « S » pour la plupart d’ailleurs – afin de dĂ©tourner l’attention des EuropĂ©ens des vĂ©ritables dangers majeurs qui se prĂ©parent autour de nous ?

Enjeux Ă©conomiques d’abord : la ratification du CETA par l’UE fait dĂ©jĂ  entrer les USA en Europe, indirectement via le Canada et l’ALENA. Les puissances asiatiques ensuite dont on peut se demander pourquoi leurs rĂ©armements seraient destinĂ©s Ă  prĂ©server une paix universelle


De vastes mouvements migratoires enfin, souhaitĂ©s idĂ©ologiquement par une Ă©lite d’intellectuels europĂ©ens bien-pensants et dominants, et poussĂ©s par des politiques dĂ©testables occidentales vis-Ă -vis de l’Afrique et du Moyen-Orient.

L’Europe doit reprendre son destin en mains, quitter l’OTAN et constituer une « communautĂ© europĂ©enne de dĂ©fense » telle que celle prĂ©vue en 1953, rejetĂ©e par notre Parlement et un Parti Communiste fort, alliĂ© Ă  des atlantistes farouches et ne voulant pas fĂącher l’OTAN et les USA.

Mais une armĂ©e europĂ©enne ne peut ĂȘtre que la consĂ©quence d’une politique europĂ©enne nouvelle, centrĂ©e sur ses seuls intĂ©rĂȘts et ceux des peuples europĂ©ens, consciente de la puissance potentielle qu’elle reprĂ©senterait, unie. La menace n’est pas encore suffisamment palpable pour susciter l’adhĂ©sion Ă  l’idĂ©e d’une Europe des peuples et des rĂ©gions. Le jour venu sera-t-il le jour de trop ?

Vous avez aimé cet article ?

EuroLibertĂ©s n’est pas qu’un simple blog qui pourra se contenter ad vitam aeternam de bonnes volontĂ©s aussi dĂ©vouĂ©es soient elles
 Sa promotion, son dĂ©veloppement, sa gestion, les contacts avec les auteurs nĂ©cessitent une Ă©quipe de collaborateurs compĂ©tents et disponibles et donc des ressources financiĂšres, mĂȘme si EuroLibertĂ©s n’a pas de vocation commerciale
 C’est pourquoi, je lance un appel Ă  nos lecteurs : NOUS AVONS BESOIN DE VOUS DÈS MAINTENANT car je doute que George Soros, David Rockefeller, la Carnegie Corporation, la Fondation Ford et autres Goldman-Sachs ne soient prĂȘts Ă  nous aider ; il faut dire qu’ils sont trĂšs sollicitĂ©s par les medias institutionnels
 et, comment dire, j’ai comme l’impression qu’EuroLibertĂ©s et eux, c’est assez incompatible !
 En revanche, avec vous, chers lecteurs, je prends le pari contraire ! Trois solutions pour nous soutenir : cliquez ici.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

A propos de l'auteur

Richard Dessens

Enseignant pendant plusieurs annĂ©es dans une Ă©cole prĂ©paratoire aux concours d’entrĂ©e aux IEP et Écoles de journalisme, Richard Dessens crĂ©e et dirige parallĂšlement une troupe de thĂ©Ăątre dans la rĂ©gion de Montpellier. Docteur en droit, DEA de philosophie et licenciĂ© en histoire, il est l’auteur d’ouvrages de philosophie et d’histoire des idĂ©es politiques, de relations internationale. Il a entres autres livres publiĂ© aux Ă©ditions Dualpha "Henri Rochefort ou la vĂ©ritable libertĂ© de la presse", "La dĂ©mocratie interdite" et "Histoire et formation de la pensĂ©e politique".

Articles similaires