La Belgique, comme l’Italie, la France, l’Allemagne de l’Ouest (ex-RĂ©publique fĂ©dĂ©rale allemande), le Luxembourg et les Pays-Bas, fut Ă  l’origine des communautĂ©s europĂ©ennes.

Pays de taille modeste d’un peu plus de 30 500 km2 et comprenant environ 11 millions d’habitants, le royaume de Belgique est un État extrĂȘmement symbolique au sein de l’Union europĂ©enne, car il accueille, dans sa capitale fĂ©dĂ©rale Bruxelles, les principales institutions europĂ©ennes : le Parlement europĂ©en, le Conseil de l’Union et la Commission europĂ©enne, ainsi que celles d’autres organisations internationales comme l’OTAN.

Ce pays, qui nous semble si familier de par sa proximitĂ© gĂ©ographique et sa francophonie au moins partielle, n’en demeure pas moins un État fragile ; certains ont mĂȘme prononcĂ© un terme fort, probablement abusif comparĂ© Ă  d’autres pays, celui de « failli » lorsque la Belgique fut sans gouvernement fĂ©dĂ©ral pendant neuf mois aprĂšs les Ă©lections lĂ©gislatives de juin 2007.

Ces difficultĂ©s institutionnelles sont liĂ©es Ă  la question communautaire ; en effet, le royaume de Belgique est une fĂ©dĂ©ration tripartite regroupant, depuis l’indĂ©pendance de 1830, les « CommunautĂ©s de Belgique », c’est-Ă -dire la Flandre, la Wallonie et la rĂ©gion de Bruxelles-Capitale, entitĂ©s constituantes de l’État fĂ©dĂ©ral.

Les difficultés communautaires belges sont donc liées à la fois à une histoire récente et surtout à une division linguistique marquée et pérenne.

L’État-nation belge est de construction rĂ©cente dont l’indĂ©pendance ne fut dĂ©clarĂ©e qu’en 1830. Auparavant, le territoire actuel Ă©tait composĂ© de coutumes et d’institutions diverses. Il est devenu rĂ©cemment de nature fĂ©dĂ©rale en 1993.

Cette histoire rĂ©cente fait Ă©cho Ă  la division linguistique de l’État, qui compte trois langues officielles : le nĂ©erlandais, le français et l’allemand.

Le conflit linguistique apparaĂźt ici, en tout cas, primordial.

L’usage des langues par l’État et l’administration est strictement rĂ©glementĂ© en Belgique. À cĂŽtĂ© de la division administrative tripartite fĂ©dĂ©rale dĂ©jĂ  indiquĂ©e, la Belgique comprend quatre rĂ©gions qualifiĂ©es de linguistiques : la rĂ©gion de langue française, la rĂ©gion de langue nĂ©erlandaise, la rĂ©gion bilingue de Bruxelles-Capitale et la rĂ©gion de langue allemande. Chaque commune du Royaume fait partie d’une de ces quatre rĂ©gions linguistiques. Les limites des quatre rĂ©gions linguistiques ne peuvent ĂȘtre changĂ©es ou rectifiĂ©es que par une loi adoptĂ©e Ă  une majoritĂ© spĂ©ciale trĂšs contraignante.

La rĂ©gion de langue nĂ©erlandaise, au nord, coĂŻncide avec la RĂ©gion flamande. La rĂ©gion bilingue de Bruxelles-Capitale, au centre, coĂŻncide avec la RĂ©gion de Bruxelles-Capitale, mais oĂč coexistent en rĂ©alitĂ© deux CommunautĂ©s linguistiques belges unilingues. La rĂ©gion de langue française et la rĂ©gion de langue allemande forment la RĂ©gion wallonne.

MĂ©diatiquement, la question linguistique porte essentiellement sur la division entre la rĂ©gion wallonne, au sein de laquelle la langue française est la plus souvent usitĂ©e et la rĂ©gion flamande, de langue nĂ©erlandaise. Le statut de la rĂ©gion Bruxelles-Capitale est peu Ă©voquĂ© dans le dĂ©bat car il aurait tendance Ă  le rendre beaucoup plus complexe. En effet, en cas de scission de l’État belge, s’agirait-il de la constitution de deux ou trois États ? Et, s’il s’agit de deux États, wallon et flamand, qu’adviendrait-il, d’une part, de la RĂ©gion Bruxelles-Capitale et d’autre part, de la minoritĂ© linguistique allemande en Wallonie ?

Nous ne trancherons pas ce double dĂ©bat, nous contentant de l’évoquer, soulignant ainsi la difficultĂ© d’une Ă©ventuelle scission.

L’ethnos linguistique est essentiel, mais pas suffisant dans la querelle entre rĂ©gions.

 

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