par Bernard Chupin.

Faute d’avoir une gĂ©opolitique cohĂ©rente, les gouvernements français successifs jouent la peau de chagrin dans le plus petit pays d’Afrique depuis des dĂ©cennies. Ils ont entraĂźnĂ© la rĂ©putation de la France et ses intĂ©rĂȘts Ă©conomiques vers un dĂ©clin inĂ©vitable pour une raison principale rĂ©currente depuis 1789 : la contradiction entre idĂ©ologie et rĂ©alisme.

Alors que le temps bĂ©ni des colonies est consommĂ©, nos gouvernants, imbus de leurs « valeurs de la RĂ©publique » et du « vivre-ensemble », maintiennent une position nĂ©o-coloniale en voulant imposer Ă  l’Afrique des systĂšmes dĂ©mocratiques gĂ©nĂ©ralement incompatibles avec les traditions et les valeurs africaines, qu’ils n’ont aucunement le droit de juger et encore moins de vouloir bouleverser. Cette condescendance de donneurs de leçons s’harmonise hypocritement au cynisme des intĂ©rĂȘts politiques et matĂ©riels.

Se rĂ©veillant tardivement aprĂšs avoir perdu la guerre de 1994, ils comprennent que maintenir leur animositĂ© dans la « RĂ©gion des Grands Lacs » est contre-productif. Mu par l’image « rĂ©volutionnaire » mais trĂšs creuse qu’il a voulu infliger Ă  la France (cf. son livre RĂ©volution, 2016), Macron a trouvĂ© judicieux de se rapprocher, enfin, du Rwanda, en soutenant la candidature de Louise Mushikiwabo au poste de SecrĂ©taire gĂ©nĂ©rale de l’« Organisation Internationale de la Francophonie ». C’est effectivement un bon moyen de sortir du piĂšge dans lequel nos politiques se sont mĂ©ticuleusement fourvoyĂ©s.

On assiste alors Ă  des relents historiques douloureux et aux postures prĂ©tentieuses qui ont suivi, que l’on voudrait voir relĂ©guĂ©s aux oubliettes. Qu’on le veuille ou non, que cela plaise ou non aux passĂ©istes, le PrĂ©sident rwandais KagamĂ© fait partie de la nouvelle vague des « leaders », gĂ©nĂ©ralement jeunes, qui faute d’ĂȘtre des saints sont de vrais chefs d’Etat, qui mĂšnent le monde autrement que par de trompeurs lits de roses : Poutine, Trump, Orban, Duda, Netanyaou, etc., capables, malgrĂ© leurs divergences et quoique l’on puisse en penser, de tenir tĂȘte aux prĂ©tendus bons sentiments mĂ©tastasĂ©s par la bien-pensance occidentale.

C’est Ă  Erevan, capitale de l’emblĂ©matique ArmĂ©nie, dont l’histoire nous rappelle qu’un gĂ©nocide inattendu aux yeux des commentateurs peut toujours arriver, comme le Rwanda l’a prouvĂ©, que se tiendra les 11 et 12 octobre 2018 le XVIIe Sommet de la Francophonie. La candidate sortante, « Son Excellence la trĂšs honorable MichaĂ«lle Jean » n’a pas dĂ©mĂ©ritĂ©. Mais rĂ©alisme oblige, la candidature rwandaise offre des avantages considĂ©rables qui permettraient le retour de la France dans cette rĂ©gion qui tarde Ă  cicatriser ses blessures.

Pour des raisons politiques, la langue française y avait Ă©tĂ© marginalisĂ©e alors que le peuple rwandais parle français couramment, mais ses Ă©lites ne demandent qu’à se replonger dans la culture qu’elle porte. C’est le moment idĂ©al pour gommer les sĂ©quelles d’un passĂ© rĂ©volu. (Voir nos articles dans PrĂ©sent du 11 juillet 2013 : « Rwanda, le français en perte de vitesse », et du 8 aoĂ»t 2014 : « C’en est fini du centre culturel français de Kigali ».)

Si la politique française veut faire preuve de clairvoyance et de virilitĂ©, qu’elle prenne les mesures qui s’imposent en s’affranchissant des vieilles pressions et brise les tabous pĂ©rimĂ©s qu’elle maintient avec une inutilitĂ© ridicule contre des puissances qu’elle n’a plus aucun intĂ©rĂȘt Ă  exclure du haut d’une douteuse exemplaritĂ© qui, elle, mĂ©riterait une vĂ©ritable rĂ©volution.

Article paru dans les colonnes du quotidien Présent.

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