Les annĂ©es Ă©lectorales sont Ă©minemment favorables Ă  la prolifĂ©ration des spĂ©cimens de ces deux variĂ©tĂ©s indissolublement accouplĂ©es, car, sans son cortĂšge de crĂ©tins qui ne demandent qu’à ĂȘtre dupĂ©s, le dĂ©magogue n’est rien. Comme les hystĂ©riques et les psychopathes, le dĂ©magogue ne vit que du regard et de l’attention d’autrui.

Ceci n’a rien de spĂ©cifiquement français ni de moderne, on le reconnaĂźt volontiers. Mais l’An 2017 en France est manifestement un grand cru de la dĂ©magogie et du crĂ©tinisme, au moins en deux registres : l’économie et la Nation.

À l’origine, le mot « économie » signifiait l’organisation de la vie au sein de la famille. Au XVIIIe siĂšcle en Europe, l’on se mit Ă  parler d’économie politique pour dĂ©signer la production et la distribution des produits, ainsi que l’organisation du travail au sein d’un État. Au XIXe siĂšcle, on abrĂ©gea l’expression en « économie » et tout le monde comprit que l’on Ă©tait passĂ© du particulier au gĂ©nĂ©ral.

Quel que soit le systĂšme politique, Ă©conomique et social, il y aura toujours des riches et des pauvres, et de façon lĂ©gitime. Il est logique qu’un individu trĂšs travailleur et brillant gagne davantage d’argent que le crĂ©tin ou le paresseux. Il est Ă©vident que le sous-douĂ© et le sous-productif n’ont pas droit aux mĂȘmes salaires et primes que leurs antithĂšses. La vĂ©ritable justice sociale repose sur le fait que chacun reçoive son dĂ», en fonction de ses seuls mĂ©rites.

Ce ne sont pas les disparitĂ©s de fortune qui sont critiquables si elles reposent sur une activitĂ© honnĂȘte. C’est l’absence de reconnaissance du travail utile et la prime donnĂ©e aux techniques financiĂšres et Ă  l’exploitation abusive du travail d’autrui qui sont ignobles
 soit les deux fondements les plus Ă©vidents de l’économie globale.

Un État fondĂ© sur l’éthique doit dĂ©terminer pour chaque emploi ce qu’est le juste salaire et faire participer les vĂ©ritables travailleurs aux bĂ©nĂ©fices de leurs entreprises. Est parfaitement illĂ©gitime la richesse gagnĂ©e sans effort ni mĂ©rite ou de façon malhonnĂȘte. L’État vouĂ© au Bien commun doit lourdement taxer le produit de la spĂ©culation, assimilĂ©e au vol, et confisquer l’argent de la corruption et du crime organisĂ©.

Si la dĂ©finition de la dĂ©mocratie est l’égalitĂ© de tous devant la loi, la justice sociale ne peut qu’ĂȘtre l’expression de la mĂ©ritocratie. Pleurer sur la misĂšre des sous-productifs et des sous-douĂ©s n’est d’aucun intĂ©rĂȘt pour personne. Aux pauvres et Ă  ceux qui sont destinĂ©s Ă  le demeurer une gĂ©nĂ©ration aprĂšs l’autre, par l’effet de leur bĂȘtise, de leur paresse ou de leur mĂ©diocritĂ©, certains ont voulu proposer un dĂ©rivatif.

Aux XIXe et XXe siĂšcles, les sectateurs des Dioscures Marx et Engels se sont fait les chantres de la guerre des classes sociales, ce qui a enchantĂ© les sous-douĂ©s haineux et violents. Les rĂ©gimes fondĂ©s sur l’utopie communiste se sont effondrĂ©s sous le poids de l’inefficacitĂ©, liĂ©e Ă  la sottise institutionnelle, Ă  la corruption, au nĂ©potisme et au favoritisme, mais il demeure quelques dinosaures de la dĂ©magogie pour vanter la qualitĂ© de ce poison Ă©conomique et social.

De nos jours, l’argent est redevenu la seule divinitĂ© adorable : tout est sacrifiĂ© au culte du profit maximum et immĂ©diat. Et ce, pour enrichir toujours davantage la caste des super-riches : les grands actionnaires et leurs fĂ©aux serviteurs du petit monde des technocrates, des politiciens et des manipulateurs d’opinions publiques.

Le systĂšme est viciĂ© par la profonde sottise des jouisseurs amoraux qui dominent les milieux de l’économie depuis le dĂ©but de l’ùre mondialiste, quand les impĂ©ratifs financiers l’ont emportĂ© sur la logique de la saine entreprise : entre les annĂ©es 1980 et 1995, selon les grandes zones planĂ©taires. Les nouveaux maĂźtres, par leur irrĂ©flexion et leur cupiditĂ© malsaine, ont multipliĂ© les motifs d’explosion sociale en tout pays Ă©voluĂ©.

Ils ont lassĂ© les meilleurs travailleurs en instaurant une instabilitĂ© professionnelle touchant non plus seulement les fainĂ©ants, les trublions et les mĂ©diocres, mais aussi les plus performants. Une sociĂ©tĂ© progresse quand les meilleurs – les plus intelligents, les plus inventifs, les plus efficaces, les plus travailleurs – peuvent espĂ©rer une promotion sociale, fondĂ©e sur leurs mĂ©rites. Ce fut toujours le stimulant des pauvres actifs et ingĂ©nieux, qui se hissaient, en une ou deux gĂ©nĂ©rations, au niveau des classes moyennes voire supĂ©rieures.

L’absurde sociĂ©tĂ© globalo-mondialiste offre trois grandes causes de dĂ©stabilisation personnelle et d’aspiration Ă  la subversion politique et sociale.

1 – Ne plus pouvoir accĂ©der Ă  une fonction de responsabilitĂ© alors que les mĂ©rites personnels et les services rendus justifient cette promotion, et ce en raison d’un nĂ©potisme ou d’un favoritisme de causes raciale, sectaire – religieuse ou maçonnique –, ou relationnelle, pour caser les rejetons des amis et des actionnaires ou les amants et amantes du moment.

2 – Pour un honnĂȘte travailleur, ne plus avoir la possibilitĂ© d’acquĂ©rir son logement du fait d’une spĂ©culation immobiliĂšre effrĂ©nĂ©e, ou de le conserver Ă  cause de l’instabilitĂ© de la vie familiale induite par le fĂ©minisme hystĂ©rique, qui banalise les divorces liĂ©s au dĂ©sir de la trop adulĂ©e princesse de dominer son mĂąle.

3 – L’incivilitĂ©, la dĂ©linquance, la criminalitĂ© et l’activisme religieux d’immigrĂ©s issus d’autres continents et qui se comportent en conquĂ©rants, alors mĂȘme qu’ils sont arrivĂ©s en mendiants.

Tels sont les problĂšmes que d’authentiques gouvernants doivent s’attacher Ă  rĂ©soudre et rapidement
 avant que ne survienne l’explosion violente, gĂ©nĂ©ratrice de morts et de dĂ©gĂąts.

Enfin, l’unique rĂ©ponse Ă  donner aux agitĂ©s du bocal qui viennent Ă  nouveau proposer Ă  la Nation française le brouet marxiste, Ă  la sauce bolchevique, lĂ©niniste, stalinienne, trotskiste, maoĂŻste, castriste, etc. est de rappeler cette profonde vĂ©rité : la DĂ©mocratie ne repose que sur l’égalitĂ© des droits et sur la mĂ©ritocratie. Il est vrai que ce sont les fondements des rĂ©gimes populistes oĂč la Nation est homogĂšne.

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