20 novembre 2020

À quelque chose malheur est bon ou les bienfaits du confinement

Par Jean-Pierre Brun

Seul, livide, échevelé au milieu des tempêtes médiatiques que déclenche une actualité combien instable, comment garder une once de sérénité. Il est vrai que la fureur des éléments ne peut être que la conséquence d’une forte dépression. Mais justement, réagissons pour ne pas y tomber malgré la morosité ambiante.

Comment traverser ces périodes d’immobilité forcée sans devenir la proie de cette oisiveté dont on sait que, plus que jamais en cette société de loisirs, elle est mère de tous les vices. Coué avait sa méthode. J’ai la mienne. Je débride mon imagination naturellement galopante pour la laisser vagabonder au gré des événements.

Curieusement elle m’entraîne alors sur des terrains et en des lieux que je croyais abandonnés sinon infréquentables.

Tel un schnauzer reniflant une côtelette de dinosaure tombée de nulle part, la voilà en arrêt devant le fantôme d’Orwell surgi des oubliettes au fond desquelles des esprits avant-gardistes l’avaient enfermé au motif qu’il était l’un des maîtres complotistes de son époque. Ne dénonçait-il pas déjà un langage politique qui s’appliquait à feindre de donner du souffle à ce qui n’était que des courants d’air suscités par des ventilateurs astucieusement orientés.

Orwell, bien sûr ! Le politiquement correct, la bien-pensance, notre « Parler Hexagonal » que dénonçait déjà Robert Beauvais en 1970. Replongeons-nous dans « 1984 » pour mieux appréhender le tourbillon dans lequel nous nous débattons.

« L’appauvrissement du vocabulaire était considéré comme une fin en soi et on ne laissait subsister aucun mot dont on pouvait se passer. La novlangue était destinée, non à étendre, mais à diminuer le domaine de la pensée et la réduction au minimum du choix des mots, aidant indirectement à atteindre ce but ».

Pour valider l’affirmation de ce pessimiste forcené, je cherche des mots qui seraient ainsi passés à la trappe de notre histoire nationale… Eu égard à une jeunesse aventureuse, il me vient tout naturellement à l’esprit « Honneur et Fidélité », la devise de la Légion étrangère.

Pour ce qui est de l’Honneur, on ne peut objectivement constater sa totale disparition dans la mesure où une jeunesse virile le pratique par majeur interposé. Le doigt d’honneur, merveilleux symbole du raffinement de notre société en marche.

La Fidélité, parlons-en. Fidélité conjugale ? Comment pourrait-on s’y référer alors que l’institution matrimoniale est en voie de disparition. Fidélité à qui, alors que l’individualisme constitue désormais le vrai socle de notre société ? Fidélité à un idéal politique ? Il suffit de consulter le curriculum à changement de vitæ de nos élus pour constater la disparition du concept. À leur décharge nous ne citerons jamais assez ce diable d’homme d’Edgar Faure rappelant que ce n’est jamais la girouette qui tourne mais le vent.

Histoire de faire se tordre de rire les histrions de nos chaînes de télévision je leur livre une citation puisée dans ce que beaucoup qualifieront de bêtisier national : « Le représentant du peuple ne doit obéissance et fidélité qu’au peuple. Il lui doit non seulement ses efforts, son intelligence mais encore sa vie ».

Qui a pu pisser de telles sottises ? Non, je ne le balancerai pas, de peur que cela nuise à sa descendance.

Juste une plaisante anecdote pour éclairer cette obscure chronique. Il existe à Paris une rue de la Fidélité. Quel peut être le demeuré qui a eu l’idée d’un tel patronyme ? Un révolutionnaire, un vrai, qui avait suggéré de reconvertir l’Église Saint Laurent en « Temple de l’Hymen et de la Fidélité » et, avec elle, la rue qui y conduisait. Tiens, « hymen », encore un mot disparu. Si quelqu’un veut le méditer, c’est cadeau…

J’imagine un instant dans quelque mess de l’au-delà le général De Gaulle et le commandant Denoix de Saint Marc échangeant sur la fidélité à la parole donnée et sur l’étalon de loyauté choisi en juin 1940 et celui utilisé en avril 1961. Il faut vraiment avoir de l’estomac dans l’étalon.

Il paraît que loyauté et fidélité sont indissociables. Qu’en pensent nos élus ?

Petit détour virtuel par la buvette de l’Assemblée Nationale pour en savoir davantage après y avoir lâché ces deux obscénités afin de susciter quelques commentaires.

« Loyauté, loyauté… Mais c’est très loin… Quelques confettis perdus en pleine Mer de Corail. C’est Dumont d’Urville qui leur donna ce nom inepte, lui dont la loyauté à Charles X lui valut quelques années de disgrâce ».

Loyauté ! Fidélité ! Il est des mots qui écorchent les tympans, des mots aussi insupportables que l’était l’œil dans la tombe qui regardait Caïn.

Paroles, paroles, paroles…

Je me souviens soudain de Kongfuzi qui à la fin des années soixante tenait gargote rue Saint Jacques pour la plus grande joie des étudiants en droit, ravis d’avaler de délicieux potages chinois pour une somme modique. Il ne cessait de les mettre en garde contre la dérive lexicale qui s’annonçait. « Si j’étais chargé de gouverner, je commencerais par rétablir le sens des mots ».

Quelques années plus tôt, Albert, mon aîné dans les buts de quelques stades d’Algérie, avait déjà alerté son auditoire : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ».

Ce salutaire confinement permet toutes les rêveries. Tiens, si j’étais président de la République j’imposerais à chacun des parlementaires nouvellement élus une dissertation qui ne manquerait certainement pas de nous renseigner sur l’état d’une république tutélaire si souvent invoquée : « Honnête homme-Homme honnête ». Les copies seront ramassées en fin de mandature.

Et que ce confinement salutaire nous éclaire. Toutefois n’oubliez jamais le conseil de notre cher Pierre Dac : rien ne sert de réfléchir, il faut penser avant…

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