C’est ce que les Français seraient en droit d’espĂ©rer puisque les deux candidats qui se sont affrontĂ©s au second tour des prĂ©sidentielles Ă©taient d’accord sur ce point. Eux-mĂȘmes avaient une expĂ©rience de la vie active – mĂȘme si elle Ă©tait restreinte –, comme employĂ© de banque de haut niveau pour le gagnant, comme avocate, puis conseillĂšre juridique pour sa rivale malheureuse.

Effectivement, le pire hĂ©ritage de la RĂ©volution française des annĂ©es 1789 sq. fut l’invention du politicien professionnel, parasite dangereux autant qu’inepte. Le rĂ©gime d’assemblĂ©e qui en fut la consĂ©quence, jusqu’en 1940-44, est une sĂ©quelle de cette Ă©poque. Il faut dĂ©finitivement rĂ©pudier la formule de l’idĂ©ologue vaniteux Emmanuel SieyĂšs : « Le peuple ne peut avoir qu’une voix, celle de la lĂ©gislature nationale. »

Un Parlement, composĂ© de politiciens professionnels qui n’ont jamais ƓuvrĂ©, sauf dans les cabinets d’élus locaux ou nationaux, dans les bureaux politiques des partis ou dans les commissions d’assemblĂ©es, est une « boutique de rhĂ©teurs », plutĂŽt bons Ă  rien que bons Ă  tout – ce qui Ă©tait la formule employĂ©e pour les honorables parlementaires des IIIe et IVe RĂ©publiques.

Lorsque le PrĂ©sident est faible ou lamentable – cela s’est vu ! –, les ministres tirĂ©s de cette « boutique » disent n’importe quoi et laissent leurs collaborateurs administrer les affaires courantes ou Ă©laborer des projets grotesques, adaptĂ©s aux idĂ©es folles qui circulent dans les salles de restaurants chics et dans les cĂ©nacles de la capitale. Autrefois, la France Ă©tait administrĂ©e Ă  partir des bureaux ministĂ©riels, trĂšs frĂ©quentĂ©s par les hommes d’affaires de haut vol. Depuis une quarantaine d’annĂ©es, elle l’est Ă  partir des boĂźtes de nuit et des salons oĂč pĂ©rorent des gourous inexperts, mais Ă  la mode.

Le schĂ©ma opposĂ© associe un gouvernement d’individus qui ont rĂ©ussi leur vie professionnelle et une assemblĂ©e composĂ©e de travailleurs actifs, agrĂ©mentĂ©s de quelques retraitĂ©s, de mĂšres de famille, destinĂ©s Ă  Ă©laborer des lois en phase avec l’évolution de la sociĂ©tĂ© et des techniques.

Il en existe plusieurs variantes, dont celle du corporatisme. Dans ce type de rĂ©gime, l’assemblĂ©e conseillant l’exĂ©cutif est exclusivement composĂ©e de reprĂ©sentants Ă©lus par les employeurs, les cadres, les ouvriers et les employĂ©s : leurs avis sont a priori plus experts et mieux documentĂ©s que ceux des bonzes de partis et de syndicats politisĂ©s.

Que l’on opte pour un parlement librement ouvert ou non Ă  tous les citoyens, il existe quelques principes d’efficacitĂ© et d’honnĂȘtetĂ© Ă  respecter. La perte, Ă  temps ou dĂ©finitive, des droits civiques pour le criminel et le dĂ©linquant rĂ©cidiviste, la non-rĂ©Ă©ligibilitĂ© au-delĂ  d’un ou deux mandats, la surveillance stricte de l’intĂ©gritĂ© des reprĂ©sentants de la Nation sont, avec la publicitĂ© des marchĂ©s publics et des adjudications, les meilleurs moyens de lutter contre la corruption politico-administrative.

En outre, un Ă©tranger ne doit ĂȘtre admis comme Ă©lecteur en aucune circonstance et, en bonne logique, un individu naturalisĂ© devrait avoir fait la preuve de son intĂ©gritĂ© et de sa loyautĂ© avant de devenir Ă©lecteur, n’étant Ă©ligible qu’au bout de plusieurs dĂ©cennies d’implantation dans le pays.

Ce sont des principes dont la moralitĂ© n’échappe Ă  aucun honnĂȘte citoyen. PlutĂŽt que de respecter un dogme, l’essentiel est d’ĂȘtre efficace et, si possible, de rendre honorable le rĂ©gime.

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Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

A propos de l'auteur

Bernard Plouvier

Ancien chef de service hospitalier, spĂ©cialisĂ© en MĂ©de­cine interne.Il est auteur de nombreux livres historiques (L’énigme Roosevelt, faux naĂŻf et vrai machiavel ; La tĂ©nĂ©breuse affaire Dreyfus ; Hitler, une biographie mĂ©dicale et politique ; Dictionnaire de la RĂ©volution française,
) et d'essais (RĂ©flexions sur le Pouvoir. De Nietzsche Ă  la Mondialisation ; Le XXIe siĂšcle ou la tentation cosmopolite ; Le devoir d’insurrection,
). Il a Ă©tĂ© Ă©lu membre de l’AcadĂ©mie des Sciences de New York en mai 1980.

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