1 octobre 2026

Non ! Jean-Marie Le Pen n’était pas Jean-Luc Mélenchon !

Par Philippe Randa

(article écrit sans recours à l’Intelligence artificielle)

S’il y a une certitude dans « l’affaire Jordan Bardella antisémite en herbe » qui secoue si fort le landernau de la politique française depuis ce week-end, c’est bien que l’électeur lambda a bien d’autres soucis en tête, notamment celui du prix de l’essence, pour s’en préoccuper. La classe politique, si ! Preuve s’il en était besoin que ses préoccupations à elle ne sont pas les mêmes.

Laissons désormais la justice trancher, puisque l’intéressé porte plainte. Mais peut-être serait-il utile, une fois de plus, mais on sait bien, pour pasticher Nicolas Boileau qu’il est nécessaire « vingt fois sur le sujet (de) rappeler la vérité », de revenir sur les éternelles accusations d’antijudaïsme à l’encontre du Front national de Jean-Marie Le Pen, reprises désormais contre ses héritiers du Rassemblement national.

J’ai justement abordé ce sujet dans (une partie) de la préface que m’a demandé Gilbert Cottinet pour son nouveau livre Et si le peuple Juif n’existait pas ? qui vient de paraître aux éditions Dualpha.

Je ne me doutais pas en l’écrivant qu’elle serait autant… d’actualité !

 

Gilbert Cottinet (fut) Conseiller régional estampillé Front national, douze ans durant, de 1986 à 1998 ! Il fut même responsable de la Fédération du 95 du mouvement à la flamme tricolore et élu au Premier Comité central de celui-ci.

Pour certains, c’est… fort mal et ils n’ont cessé dans le passé, ne cessent et sans doute ne cesseront dans le futur d’en dresser un bien terrible acte d’accusation.

On se rappelle les imprécations quasi-religieuses lancées, quarante ans durant, contre Jean-Marie Le Pen et ses partisans… puis contre sa fille et ses successeurs, même si elles sont allées en diminuant : à trop répéter les mêmes bêtises, on finit par lasser.

Parmi ces accusations figurait la plus terrible d’entre toutes depuis la fin de la iie Guerre mondiale lorsque furent connues les terribles persécutions ad nauseam contre les Juifs : l’antijudaïsme !

Cette accusation fut utilisée tout aussi ad nauseam contre les dirigeants du FN dont on peut pourtant chercher – bien en vain – le début d’un commencement de preuve dans leurs déclarations ou leurs actions. En trente ans de vie publique, Gilbert Cottinet n’a jamais été inquiété pour un seul de ses écrits (nombreux) et discours publics (encore plus nombreux). Et son présent éditeur… non plus !

Car a-t-on jamais entendu un responsable de ce mouvement souhaiter, de quelques manières que ce soit, par l’écrit ou la parole, la disparition de l’État d’Israël ? Remettre en cause les droits – et les obligations – d’un Français de confession israélite ? Envisager de fermer les synagogues, d’interdire quelque cérémonie juive que ce soit (…)

A-t-on jamais entendu l’un de ses responsables hier, voire aujourd’hui pour ses héritiers, sinon proposer, en tout cas envisager l’expulsion vers le Moyen-Orient des Français ou Européens, descendants des patriarches bibliques Abraham, Isaac et Jacob ?

Poser ces questions, est-ce y répondre ? Pour tout honnête homme, la réponse s’impose, mais ce ne fut guère le cas (euphémisme !), quarante ans durant, ni de la quasi-totalité de la classe politique, ni de l’immense majorité des médias français (et étrangers, d’ailleurs) qui affublèrent d’une diabolique tunique de Nesus antijudaïque Jean-Marie Le Pen, assénant de façon péremptoire à tous ceux qui en doutaient ou demandaient la moindre preuve :

— Mais c’est évident !

Et tellement évident que ces « gens-là » ajoutaient bien souvent dans la foulée :

— Tout le monde le sait !

Et, obsessionnellement, ces auto-proclamés détenteurs de la Vérité avec un grand V, assénaient le coup de grâce en suspectant de complicité d’antijudaïsme avec les Frontistes tous ceux qui refusaient leur aussi péremptoire qu’obsessionnelle sentence.

Et pourtant… pour avoir été un de leurs « compagnons de route », pour avoir connu, fréquenté et m’être lié d’amitié avec nombre de responsables, notamment l’ancien Secrétaire national Jean-Pierre Stirbois, je peux témoigner que les seuls « Israélites » pour lesquels nous n’éprouvions guère d’empathies étaient uniquement ceux qui, politiciens, journalistes, militants politiques, n’avaient de cesse de mener un combat politique au nom, justement, de leurs origines, accusant leurs adversaires – pour eux, il s’agissait d’ennemis – d’être antijudaïques.

En tout cas, jamais, dans ce milieu politique bien faussement étiqueté « droite extrême », il ne serait venu à l’idée de quiconque d’être effleuré par l’idée d’interdire à une étudiante ou étudiant israélite d’accéder à un amphi d’université pour y suivre ses cours, par l’idée d’agresser physiquement une personne – quel que soit son âge – au seul motif qu’il portait une kippa… ou d’exiger l’interdiction d’un quelconque spectacle dont la vedette « en aurait été » !

Cette droite dite « extrême » ne pensait, n’a jamais pensé, braillé et agi ad nauseam comme, en ce premier quart de xxie siècle, les représentants de l’extrême gauche, simples militants haineux ou élu(e)s hantant les Conseils régionaux ou vociférant au Parlement français.

Non, Jean-Marie Le Pen n’était pas Jean-Luc Mélenchon !

N’en déplaise à tous ceux qui, par simple bêtise, par oubli parfois, par lâcheté le plus souvent, ne le reconnaissent pas.

Et Gilbert Cottinet, qui est-ce… ?

Lire son livre, c’est avoir la réponse. Je n’en avais pas besoin pour savoir qu’il n’était pas, lui non plus, le personnage que ses ennemis politiques l’accusaient – nous accusaient – d’être… ce que confirme les propos de l’avocat et écrivain Arno Klarsfeld : « La France n’est pas un pays antisémite, l’extrême gauche l’est » (déclaration du 1er juin 2025 sur Cnews).

Pourquoi lire Et si le peuple Juif n’existait pas ? Tout simplement pour chercher à comprendre pourquoi l’antijudaïsme fantasmé par beaucoup, réel pour tant de victimes, a de tout temps existé. Et qu’il existe toujours aujourd’hui. Aussi dramatiquement.

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