14 juin 2020

La grande sœur des Italiens

Par Georges Feltin-Tracol

Avant l’arrivée du covid-19 qui modifie la donne politique en Italie, l’alliance gouvernementale entre le Mouvement Cinq Étoiles et le Parti démocrate tanguait régulièrement. Malgré une victoire à l’arraché en Émilie-Romagne en janvier dernier, la gauche italienne continue à se déchirer entre les démocrates, l’extrême gauche et les dissidents de Matteo Renzi réunis dans un nouveau parti Italia viva. Son allié, le Mouvement Cinq Étoiles, traverse pour sa part une période difficile. Bien qu’ayant démissionné de sa charge de « chef politique », le ministre des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, tenant d’une ligne souverainiste et nostalgique de l’entente avec la Lega, cherche à s’imposer aux dépens du président du Conseil Giuseppe Conte. Toutes ces tensions empêchent l’actuel gouvernement de résoudre les nombreux défis qui fragilisent la péninsule. La crise sanitaire a cependant calmé les divergences, ce qui n’empêche pas les manœuvres en coulisse.

À droite, la situation se décante lentement. Les centristes restent une force d’appoint secondaire. Forza Italia de Silvio Berlusconi poursuit son déclin au point que des élus s’apprêteraient à rallier le moment venu Italia viva de Renzi ou à soutenir une nouvelle coalition avec le Parti démocrate et l’aile gauche des grillinistes. La Lega de Matteo Salvini demeure en position dominante, mais elle doit prendre en compte une baisse réelle dans les sondages ainsi que l’ascension électorale des Frères d’Italie de Giorgia Meloni.

Né le 15 janvier 1977 à Rome d’un père sarde qui délaisse le foyer familial et d’une mère sicilienne, Giorgia Meloni adhère à 15 ans au Front de la Jeunesse du MSI, le mouvement néofasciste. Très active auprès des lycéens, puis des étudiants, elle approuve le passage du MSI en Alliance nationale décidée par Gianfranco Fini en 1995. Conseillère provinciale de Rome dès 1998, elle devient députée en 2006. Cette conservatrice accepte volontiers la fusion de l’Alliance nationale et de Forza Italia en 2009 dans Le Peuple de la Liberté, la grande formation libérale-conservatrice berlusconienne. Un an auparavant, elle venait d’obtenir de Berlusconi le ministère pour la jeunesse à 31 ans, soit la plus jeune ministre de l’histoire de la République. Elle restera en fonction jusqu’en 2011.

Cependant, elle suit en 2012 la faction nationale-conservatrice « Droite protagoniste » d’Ignazio La Russa qui sort du Peuple de la Liberté pour fonder le mouvement Frères d’Italie en référence à l’hymne national italien éponyme. Longtemps organe du MSI, le journal Il Secolo d’Italia se met au service de ce nouveau parti qui arbore sur son emblème la mythique flamme tricolore missiniste.

Giorgia Meloni accède à la présidence de Frères d’Italie en 2014. Sous sa direction, le parti souvent qualifié de « post-fasciste » connaît une progression constante dans les urnes. En 2020, il compte 35 députés, 18 sénateurs et 53 conseillers régionaux. Ses six députés européens siègent aux côtés des Polonais du PiS dans le groupe Conservateurs et réformistes européens.

Ayant soutenu l’expérience ministérielle de Mario Monti entre 2011 et 2013 et voté l’explosive réforme des retraites de Renzi, Giorgia Meloni s’affiche eurosceptique et protectionniste. Face au Mouvement Cinq Étoiles attiré par la Chine et la Lega jugée trop proche de la Russie, Giorgia Meloni, réaliste et sachant que l’Italie n’a plus qu’une souveraineté limitée depuis le 25 juillet 1943, s’aligne sur les États-Unis de Donald Trump. Hostile à l’accord LegaMouvement Cinq Étoiles, elle incarne aujourd’hui auprès de l’opinion italienne le courant régalien.

Contrairement à Salvini qui navigue à vue entre l’illibéralisme pro-russe et un populisme pro-israélien, Giorgia Meloni campe sur des positions atlantistes et occidentalistes claires et tranchées. Dans la foire d’empoigne qui oppose le démocrate Nicola Zingaretti, Renzi, les grillinistes Di Maio et Conte, et Salvini, elle se contente d’avancer, tranquillement et patiemment, vers le palais Chigi. Il est donc possible que, dans les prochaines années, Giorgia Meloni soit la première femme nommée à la présidence du Conseil des ministres de la République italienne.

Bonjour chez vous !

EuroLibertés : toujours mieux vous ré-informer … GRÂCE À VOUS !

Ne financez pas le système ! Financez EuroLibertés !

EuroLibertés ré-informe parce qu’EuroLibertés est un média qui ne dépend ni du Système, ni des banques, ni des lobbies et qui est dégagé de tout politiquement correct.

Fort d’une audience grandissante avec 60 000 visiteurs uniques par mois, EuroLibertés est un acteur incontournable de dissection des politiques européennes menées dans les États européens membres ou non de l’Union européenne.

Ne bénéficiant d’aucune subvention, à la différence des médias du système, et intégralement animé par des bénévoles, EuroLibertés a néanmoins un coût qui englobe les frais de création et d’administration du site, les mailings de promotion et enfin les déplacements indispensables pour la réalisation d’interviews.

EuroLibertés est un organe de presse d’intérêt général. Chaque don ouvre droit à une déduction fiscale à hauteur de 66 %. À titre d’exemple, un don de 100 euros offre une déduction fiscale de 66 euros. Ainsi, votre don ne vous coûte en réalité que 34 euros.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertés.

Quatre solutions pour nous soutenir :

1 : Faire un don par virement bancaire

Titulaire du compte (Account Owner) : EURO LIBERTES
Domiciliation : CIC FOUESNANT
IBAN (International Bank Account Number) :
FR76 3004 7140 6700 0202 0390 185
BIC (Bank Identifier Code) : CMCIFRPP

2 : Faire un don par paypal (paiement sécurisé SSL)

Sur le site EuroLibertés (www.eurolibertes.com), en cliquant, vous serez alors redirigé vers le site de paiement en ligne PayPal. Transaction 100 % sécurisée.
 

3 : Faire un don par chèque bancaire à l’ordre d’EuroLibertés

à retourner à : EuroLibertés
BP 400 35 – 94271 Le Kremlin-Bicêtre cedex – France

4 : Faire un don par carte bancaire

Pour cela, téléphonez à Marie-France Marceau au 06 77 60 24  99