5 juillet 2017

La façon de se faire avoir…

Par Alexis Arette

Quand j’écrivais que la roche Tarpéienne était proche du Capitole, je n’avais nulle intention de prophétiser, et je n’exprimais point un souhait à l’encontre de François Bayrou, malgré les griefs que mes amis ont contre lui pour avoir trahi l’entité Béarnaise au bénéfice de l’utopie Occitane. Mais c’est donc un Occitan et non un Béarnais qui vient d’être manœuvré par Macron, car malgré quelques habiletés linguistiques, et ses incroyables marques de fidélité au président de la République, la situation est celle-ci : après s’être garanti le vote centriste, au cas où il eut été important, Bayrou est aujourd’hui totalement inutile au chef de l’État, et comme ses prétentions l’amèneraient à quelques réserves, il serait plutôt gênant. Mieux vaut donc s’en débarrasser, en sachant que pour faire bonne figure, Bayrou est obligé de dire que la décision vient de lui-même.

Bien sûr, les journaux centristes ont suivi : le retour du Maire de Pau dans la charge qu’il désirait quitter, est commenté comme étant pour lui une grande joie, et pour la ville de Pau une chance ineffable ! Le papier supporte tout !

En fait, je crois que nous assistons à la « seconde mort » du Modem, que Bayrou a tenté de faire renaître de ses cendres ; mais n’est pas le Phénix qui veut : les gens du Modem ne tiennent leur élection que par le fait de s’être présentés sur la vague Macron. C’est-à-dire que demain, s’il leur fallait choisir entre un Modem d’opposition et un Modem de servilité, ils choisiraient de changer d’étiquette pour devenir entièrement macronistes.

Ils ne seraient pas les seuls à aller à la soupe. Pour quelques socialistes, rien de plus normal que de se découvrir macronistes pour survivre. Mais les « républicains », eux, pouvaient constituer une opposition solide en attendant les jours meilleurs. Cependant, à voir Monsieur Lemaire qui, après avoir affirmé que le projet de Macron était « une coquille vide », s’y est subitement converti, il est permis de penser que l’agenouillement est une tendance importance dans ce parti.

Comme les régiments avaient leurs « Saute-au-rabbe », la politique a ses morfals qui sont prêts à tout pour briller. À ces ambitieux de vanités, Cyrano faisait dire : « Ô pourvu que je sois dans les petits papiers du Mercure François ! », car évidemment, l’entourloupe est d’abord portée par la presse régimiste.

Il sera intéressant de voir l’évolution de la presse paloise, et tout particulièrement celle du quotidien L’Éclair, devenu, semble-t-il, la caution démocrate-chrétienne des loges.

Si les événements deviennent ce que je pense, il sera plaisant de comparer ce que les chroniqueurs de L’Éclair écrivirent ces derniers mois, et ce qu’ils écriront pour prendre le vent. Faites-vous des archives : histoire de savoir comment tournent les girouettes.

Curieusement, dès l’élection de François Hollande, soutenu, par François Bayrou, Monsieur Marziou, rédacteur en chef à L’Éclair, qui plaçait mes articles en bonne place, et parfois même avec encadrement, n’en accepta plus un seul. Ainsi, des 45 premiers articles consécutifs que j’ai livrés à Internet depuis, pas un seul ne fut retenu ! Il est plaisant après cela d’entendre Bayrou revendiquer le droit sacré à la parole !

Je ne résiste pas au plaisir de citer les propos du rédacteur en chef du New York Times, lors de la petite fête organisée pour son départ à la retraite. À l’invité qui désirait faire porter un toast à la liberté de la presse, il déclara : « Quelle folie de porter un toast à la presse indépendante ! Vous le savez. Je le sais. Personne parmi vous n’oserait publier ses véritables opinions, et s’il était tenté de le faire, elles ne seraient jamais imprimées. On me paie 250 dollars par semaine pour tenir mes vraies opinions en dehors du journal. Certains parmi vous reçoivent la même chose pour le même travail. Si j’autorisais la publication sincère sur n’importe quel numéro de mon journal, je perdrais ma place dans les 24 heures !

Un homme assez fou pour publier une opinion sincère se trouverait vite à la rue à la recherche d’un autre emploi !

Le rôle d’un journaliste de New York est de détruire la vérité, de mentir radicalement, de pervertir, d’avilir, de ramper aux pieds de Mammon, de se vendre, de vendre son pays et son peuple pour son pain quotidien ! Alors, quelle folie de porter un toast à la presse indépendante !

Nous sommes des ustensiles et des vassaux d’hommes riches qui commandent dans la coulisse. Nous sommes leurs pantins. Ils tirent les fils et nous dansons. Notre temps, nos talents, nos vies sont la propriété de ces hommes. Nous sommes des prostituées intellectuelles ! »

Les pompes et les œuvres des financiers des États-Unis mettent près de 20 ans pour franchir l’atlantique et faire la loi en Europe. Or, le texte cité date de 1914. Nous saurons donc très vite si Monsieur Macron est un accélérateur de décadence ou un restaurateur. Quand on a entendu le candidat à la présidence estimer que la France « colonialiste » était criminelle, on peut tout craindre. Moi je me souviens qu’il y a 50 ans, Charlotte Senghor me disait : « Vous n’auriez pas dû nous donner sitôt l’indépendance ! Dans 50 ans peut-être ! »

Or, comme l’a dit Poutine, dans ces 50 dernières années, la France est devenue « la Colonie de ses colonies ». Les nouveaux élus s’en accommoderont-ils ?

Pour nous, comme le recommandait Péguy, il ne nous reste que le pouvoir de « gueuler » la vérité. Mais bien sûr, pour cela, on prend des risques…

N’étant qu’un paysan, c’est-à-dire un être voué de toute façon par Charles De Gaulle à l’extermination, je prends les miens.

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Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertés.

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