3 juillet 2016

Autriche : la fraude électorale reconnue

Par Lionel Baland

La Cour constitutionnelle autrichienne a décidé ce vendredi 1er juillet 2016 que le deuxième tour de scrutin des élections présidentielles, ayant opposé au mois de mai 2016 le candidat indépendant soutenu par le parti écologiste et membre de celui-ci Alexander van der Bellen et le candidat du parti nationaliste FPÖ Norbert Hofer, doit être recommencé.

Le recours devant la Cour constitutionnelle, fondé sur des irrégularités massives et des soupçons de manipulation, introduit par le FPÖ, dont le candidat avait perdu la joute électorale, a abouti.

Le président de la Cour constitutionnelle Gerhart Holzinger a ouvert la séance au cours de laquelle la décision de cette institution a été annoncée en déclarant : « Les élections sont le fondement de notre démocratie, ce fondement doit être préservé. »

Il a ensuite présenté les raisons expliquant que le deuxième tour des élections présidentielles sera recommencé dans l’ensemble du pays :

– des comportements incohérents dans le déroulement du vote par correspondance ;

– dans quelques cas, une attribution compréhensible des voix n’a pu être réalisée ; de plus des comptages sont erronés ;

– les prescrits en matière de forme n’ont pas été respectés ;

Il a ajouté que, dans le futur, les personnes chargées de réaliser les tâches électorales devront être mieux formées et informées afin d’augmenter leurs compétences lors des élections et dépouillements et a déclaré que les bulletins de vote doivent être traités collectivement par les autorités électorales et pas seulement par les directeurs de scrutin.

Selon la Cour constitutionnelle, les conditions pouvant permettre une éventuelle manipulation du vote sont remplies. Ces possibilités suffisent afin de faire recommencer le vote. Le président de la Cour constitutionnelle ajoute : « Dans une démocratie stable, le respect exact des prescrits électoraux garantit la confiance des citoyens en la démocratie. »

77 926 voix sont touchées par des irrégularités. Théoriquement, cela peut conduire au fait que Norbert Hofer ait été élu plutôt qu’Alexander Van der Bellen et constitue aux yeux de la Cour constitutionnelle une raison d’annuler le deuxième tour des élections présidentielles.

La seule annulation des votes par correspondance n’était pas techniquement possible car ceux-ci ne sont pas traités au sein d’une entité électorale séparée.

De plus, le fait que des parties de résultats électoraux aient été systématiquement communiquées, notamment à l’agence de presse APA et redirigées vers des tiers, est considéré par la Cour constitutionnelle comme ayant pu potentiellement influencer le vote.

Les nouvelles élections auront lieu un dimanche ou un jour férié officiel.

Réactions

Le Ministre conservateur (ÖVP) de l’intérieur Wolfgang Sobotka indique qu’il est important que des erreurs, irrégularités et négligences n’aient plus jamais lieu.

Le Chancelier social-démocrate (SPÖ) Christian Kern prend acte des décisions de la Cour constitutionnelle et espère une campagne électorale courte et sans tensions. Il estime que c’était le droit du FPÖ de faire un recours.

Le président sortant Heinz Fischer espère que la population percevra positivement le fait que les élections doivent être recommencées.

Le président du FPÖ Heinz-Christian Strache estime que l’annulation du deuxième tour des élections présidentielles par la Cour constitutionnelle constitue une victoire de l’État de droit et de la démocratie.

Conséquences

Alexander van der Bellen ne prendra pas ses fonctions et son prédécesseur Heinz Fischer quittera les siennes le 8 juillet 2016. L’intérim à la tête de l’État sera assuré par la présidence de la Chambre des députés. Cette dernière est composée de la présidente de cette Chambre, la sociale-démocrate Doris Bures (SPÖ), du vice-président de cette institution, le conservateur Karlheinz Kopf (ÖVP), et du vice-président en second… le nationaliste Norbert Hofer (FPÖ).

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