19 décembre 2017

N’auriez-vous pas vu France, la fille aînée de l’Église ?

Par Jean-Pierre Brun

La très sensée chronique du camarade Arette (La barque de Pierre prend eau de toute part, 12 décembre 2017) n’a pu que réveiller le bon petit diable qui sommeillait au fond de moi (c’est ainsi que je surnomme affectueusement mon ange gardien, histoire de le taquiner). Et voilà qu’il fait de moi son interprète pour vous rapporter les causes de cette humeur mauvaise qui hérisse ses rémiges immaculées.

Vatican II

Le 11 octobre 1962 « le bon pape Jean », le XXIIIe du nom, ouvrait le IIe concile œcuménique, connu aujourd’hui sous le nom de « Vatican II ». Depuis des années déjà, une avant-garde percutante de catholiques en recherche, prescrivait la « panacée aggiornamentesque » qui permettrait à l’Église, par l’ouverture et le changement, d’entrer dans la modernité. Ainsi allait-on la libérer des entraves d’une sclérose vaticane particulièrement paralysante et lui redonner ce nouvel élan évangélique propre à déplacer les montagnes.

Paul VI qui avait clôturé le concile le 8 décembre, ne tarda pas à sentir comme une odeur de brûlé dans les arrière-offices de la Curie. Il mit initialement cela sur le compte de l’enthousiasme d’adeptes de la nouvelle cuisine qui n’avaient pas tout à fait mesuré les temps de cuisson et la manipulation incertaine d’un tout nouveau thermostat liturgique.

Pour leur part, des chefs mitrés sud-américains innovaient en assaisonnant le magistère d’une forte sauce de théologie au piment rouge « Liberacion », et en l’accompagnant d’un « Cuba libre » particulièrement enivrant que bon nombre de théologiens et de prélats français, en manque d’exotisme depuis la décolonisation, n’allaient pas manquer d’apprécier et de consommer sans modération.

Pourtant le fumet âcre du cramé allait bientôt se dissiper pour laisser pénétrer des effluves autrement puants. Comme ceux de l’œuf pourri… non d’hydrogène sulfureux, pardon. Et qui dit soufre dit… Chut ! Chacun sait que la ruse suprême du Diable est de laisser croire qu’il n’existe pas.

De la rumba de Xavier Cugat à la Salsa du Démon il n’y avait qu’un pas que beaucoup de nos éminences franchirent allègrement, délivrées des pans de ces soutanes encombrantes qui entravaient leur marche vers le progrès. C’est ce qui alerta le Saint-Père. Dans son homélie du 29 juin 1972 il mettait en garde les fidèles : « Devant la situation de l’Église d’aujourd’hui, nous avons le sentiment que par quelque fissure la fumée de Satan est entrée dans le peuple de Dieu. »

Le temps passa et avec lui d’autres papes qui s’efforcèrent de rendre à l’atmosphère ecclésiale ses qualités premières. On en vint même à souligner ouvertement les « dérives postconciliaires » qui avaient pu polluer la saine application des textes d’origine. Pour autant…

Jean-Paul II au Bourget, le 1er juin 1980 interpellait ainsi l’Église de France : «… qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ? »

Loin de moi l’idée d’en remontrer à nos évêques, mais je ne puis m’empêcher de les inviter à une relecture du chapitre VII de l’évangile de Saint Matthieu et de sa mise en garde contre les faux prophètes : « C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez […] Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. Tout arbre qui ne donne pas un bon fruit, on le coupe et on le jette au feu. »

Alors, Messeigneurs, comment se porte cet arbre du renouveau que le pépiniériste romain vous avait confié au lendemain de ce concile porteur d’espérance ? Je ne voudrais pourtant pas vous renvoyer à la parabole du gérant habile…

En 1962, l’Église catholique de France comptait 41 000 prêtres (la population française s’élevait alors à 46 millions d’habitants). En 2016, ils sont 15 000 dont plus de 50 % ont au moins 75 ans. Parmi eux des centaines venues notamment d’Afrique pour assurer le culte dans des paroisses dont le nombre se réduit comme naguère, une tête chez nos frères Jivaros. Aujourd’hui, pour une ordination, on compte huit décès de prêtres âgés ou en exercice. Encore faut-il rappeler que notre population vient de dépasser les 66 millions d’habitants.

En 1962, le nombre de nos séminaristes était légèrement inférieur à 1 000. En 2014, les établissements diocésains comptaient 109 séminaristes dont 28 dans les quatre structures considérées comme les moins « conciliaires. » Curieusement aujourd’hui le séminaire non diocésain de la Communauté Saint-Martin, classé « tradi », compte à lui seul plus de cent postulants.

Messeigneurs, n’y a-t-il pas là matière à réflexion au sein de vos commissions traitant de la transmission de la foi et des vocations ? Les jeunes seraient-ils moins ouverts à la modernité que leurs aînés ? La soutane leur paraîtrait-elle plus seyante que le jean ? Auraient-ils pris conscience en vous observant, qu’un pasteur doit guider son troupeau plutôt que de le suivre ? Leur foi les conduirait-elle à croire que si Dieu s’est fait homme, l’homme ne saurait se faire Dieu ?

La pratique religieuse dans la « France fille aînée de l’Église » est aujourd’hui édifiante. En recoupant les chiffres concernant les contributeurs au « denier de l’Église » (1 170 000 en 2015) et ceux publiés dans la presse nationale, portant sur la fréquentation plus ou moins assidue des paroisses, on peut considérer que les catholiques « affichés » représentent moins de 5 % de la population française. Bien sûr me direz-vous, nombreux sont les catholiques qui ne pratiquent pas. Mais, comme l’affirme mon curé, un quadra malicieux, encore plus nombreux sont les naturistes qui ne pratiquent pas.

Alors que les mosquées prolifèrent dans nos provinces comme naguère l’anophèle dans les marécages de la Mitidja, nos clochers, frappées d’aphasie, laissent nos pasteurs sans voix. Ainsi, s’il revenait parmi nous, Chamfort ne pourrait même plus dénoncer ceux qui persécutent le sonneur de tocsin plutôt que l’incendiaire. Et pourtant… Ne disait-on pas qu’un village sans cloche était un aveugle sans canne.

Bien sûr le porte-parole de la Conférence des évêques de France pourra toujours rassurer des fidèles inquiets en affirmant que le Catholicisme est encore la deuxième religion pratiquée dans notre beau pays, en omettant bien sûr de citer la première. On se console comme on peut.

Mais au fait, qui a dit « Errare humanum est, diabolicum perseverare » ? Saint Augustin, l’enfant numide de Thagaste (l’actuelle Souk Ahras algérienne), dans l’un de ses mémorables sermons.

Allons Rita et Jude, les saints patrons des causes perdues et désespérées, ne sont pas à la veille de prendre leurs R.T.T.

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