Les procès intentés aux animaux
Oyez, Oyez braves gens, venez nombreux écouter le procès d’une truie !
Nous sommes en 1386, en Normandie. Un tribunal est réuni. L’accusé est là, enfermé dans une cage. On l’accuse d’avoir blessé mortellement un enfant. Jusque- là, rien d’anormal. Sauf que l’accusé est une truie, elle est vêtue d’une veste de hauts-de-chasses, et on lui a même mis des gants de laine.
Non, ce n’est pas une farce, c’est un procès officiel, avec un juge, un procureur et un avocat pour la défense.
Pendant près de cinq siècles, l’Europe a été le théâtre d’un phénomène qui nous semble aujourd’hui délirant : les procès d’animaux.
Des insectes aux bovins, la justice humaine ne s’arrêtait pas aux frontières de notre espèce.
Pourquoi une telle mise en scène ?
Les procès les plus spectaculaires concernaient les animaux domestiques, porcs, chevaux, bœufs ou chiens. On appliquait la loi du talion. Si l’animal tuait, il devait mourir, mais auparavant être jugé.
Ces procès suivaient scrupuleusement le protocole humain. On nommait un expert pour évaluer la dangerosité de la bête. L’animal était même emprisonné dans les mêmes geôles que les humains, et les frais de sa nourriture étaient facturés à la ville. L’exécution, souvent la pendaison, se faisait en place publique pour servir d’exemple…aux autres animaux, mais surtout aux propriétaires négligents.
À côté de ces crimes de sang, il existait une autre forme de justice, plus spirituelle : les procès contre les insectes ou les rongeurs (sauterelles, limaces, rats). On ne pendait évidemment pas un criquet, mais on lançait une action en justice auprès des tribunaux ecclésiastiques.
Le but était d’obtenir une sentence d’excommunication. On ordonnait aux insectes de quitter les champs dans un délai de 3 jours, sous peine de malédiction divine. Les juristes prenaient leur mission très au sérieux, ils plaidaient que les insectes étaient des créatures de Dieu et qu’ils avaient, eux aussi, le droit de se nourrir pour survivre. Parfois, le juge finissait par attribuer aux insectes un lopin de terre où ils pouvaient vivre en paix, à condition de quitter les récoltes des villageois.
Pour comprendre ces procès, il faut oublier notre vision moderne de l’animal « objet ».
Au Moyen Âge, le monde est une pyramide où tout doit être à sa place. Un animal qui tue brise l’ordre divin. Le procès sert à réparer la déchirure, à restaurer l’harmonie.
En jugeant l’animal, on lui reconnaît une forme de conscience. C’est paradoxalement une époque où l’animal est considéré comme un acteur social à part entière. Plutôt que de laisser une foule lyncher une bête dans le chaos, le droit impose une procédure calme et solennelle. La justice humaine remplace la vengeance aveugle.
Le déclin de ces pratiques commence au XVIIe siècle avec René Descartes (1596-1650). En affirmant que l’animal est une machine dépourvue d’âme, on lui retire sa responsabilité pénale. On ne juge pas une horloge qui se casse, on la répare ou on la jette. L’animal, alors sort du tribunal pour entrer dans la catégorie des biens meubles.
Jean Racine (1639-1699) se moque de certaines de ces pratiques qui perdurent dans Les Plaideurs où un chien nommé Citron est jugé par un juge un peu fou qui prononce comme sentence : les galères. Le pauvre chien est en fin de compte acquitté.
Pourtant, aujourd’hui, le débat revient. Nous ne voulons plus condamner les animaux, mais nous cherchons à leur donner une « personnalité juridique” » pour mieux les protéger.
En étudiant ces procès anciens, nous ne regardons pas seulement une curiosité historique ; nous regardons l’évolution de notre propre rapport à la nature : sommes-nous ses juges, ses maîtres ou ses partenaires ?
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