9 février 2018

‌La Galette des rois

Par Pierre de Laubier

 

Qu’il est loin, le « roi de Bourges » !

Voilà notre Charles VII doté de revenus réguliers, levés sur tout le royaume, et d’une armée permanente, logée et soldée à ses frais. Jusqu’alors les routiers, soldats de métiers, se muaient en bandits de grands chemins dès que les combats cessaient. C’est pourquoi le connétable du Guesclin avait conduit les grandes compagnies en Espagne, et que le dauphin Louis emmena les « écorcheurs » combattre les Suisses pour le compte de l’Autriche.

Le roi a désormais une armée permanente et de quoi la payer. Cette réforme marque, selon les historiens, le passage « d’une France médiévale à une France moderne ». On donne un tel sens péjoratif à l’expression fantaisiste « Moyen Âge », et le mot « moderne » est si joli, qu’on se figure qu’il suffit de les opposer pour justifier cette réforme ou n’importe quelle autre. Tel ne fut pas l’avis des contemporains.

Quand la guerre prit fin, en 1453, que faire de cette armée ? La licencier ? Ce serait trop bête. D’ailleurs, Hugues Capet avait été choisi en raison de l’aptitude de sa famille à faire la guerre, qui est la seule chose que les gouvernements fassent bien ; c’est normal : ils ont été inventés pour ça. Et une armée, ça sert à faire la guerre. On la fera donc. Et s’il ne se présente personne pour envahir la France, qu’à cela ne tienne : le roi fera la guerre à son propre peuple. C’est d’ailleurs bien parti. Le premier usage de la nouvelle armée ne fut pas de « bouter les Anglais hors de France », selon une métaphore célèbre mais inexacte, ni de mettre au pas des provinces qui n’avaient aucun désir de se trouver sous la coupe du roi de France, mais de réprimer la « praguerie » qui éclata en 1440.

L’année précédente, pour faire accepter ses vues, le roi avait réuni à Orléans les états généraux, chambre d’enregistrement inventée par Philippe le Bel, qui avait été cependant réunie assez souvent pendant la guerre afin de consentir à l’impôt. Mais ces états donnèrent étourdiment au roi le pouvoir de reconduire la taille d’année en année.

Le régime féodal fait un devoir au roi de gouverner avec l’aide et le conseil de ses pairs. Or, s’il dispose de sa propre armée, sans le secours de l’ost, et qu’il lève directement l’impôt dans toutes les provinces, sans consentement de personne, avec qui gouverne-t-il ? Seul. Ainsi spoliée de ses prérogatives, la noblesse se révolta : ce fut la « praguerie ».

L’armée permanente et l’impôt national étaient sans doute utiles. Admettons de manière générale qu’il ait été nécessaire d’abandonner le régime féodal, autrement dit, de diminuer les pouvoirs de la noblesse ; cela ne faisait pas du roi l’héritier naturel de tous ces pouvoirs.

La lointaine origine des états généraux avait été, au XIIIe siècle, les états réunis par les grands féodaux du sud de la France, selon le principe du partage du pouvoir. Le roi se garda de les imiter. Et puisque les états généraux étaient las de se réunir, le parlement était une cour permanente qui pouvait évoluer, comme en Angleterre, vers un rôle délibératif et représentatif. Ce ne fut pas non plus le cas.

Le roi garda tous les pouvoirs pour lui-même. La monarchie devint absolue. Et la France resta ce qu’elle est encore : un enfer fiscal.
Les chroniques de Pierre de Laubier sur l’« Abominable histoire de France » sont diffusées chaque semaine dans l’émission « Synthèse » sur Radio Libertés.

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