11 décembre 2018

Les trois points durs périphériques du Brexit

Par Richard Dessens

Dans les atermoiements des discussions interminables sur les modalités du Brexit, trois points durs ont surgi sur des sujets qu’on n’attendait pas comme étant essentiels par rapport aux conséquences qu’on prévoyait catastrophiques, économiques, commerciales et financières du Brexit. Tout est d’ailleurs loin d’être réglé, après les votes encore de l’Europe puis la ratification toujours hasardeuse du Parlement britannique.

Ceci étant, l’accord qui semble se dessiner laisse apparaître un certain nombre d’arrangements dans lesquels le Royaume-Uni est passé maître depuis son entrée déjà sous conditions spéciales dans l’Europe en 1973. Par ailleurs il faut encore une fois saluer la Grande Bretagne, seule à avoir oser couper le cordon ombilical avec l’UE, lorsqu’on ne peut que déplorer la cascade des reculades de la Grèce, de la Pologne, de l’Italie récemment et bientôt de l’Autriche, face aux diktats de l’UE.

Les trois points durs périphériques du Brexit sont la question des zones de pêche, le problème de frontière entre l’Ulster et l’Irlande, et le marronnier du « Penon de Gibraltar ».

Quel avenir pour Gibraltar après le Brexit ?

Quel avenir pour Gibraltar après le Brexit ?

« Por el Penon de Gibraltar » : 300 ans d’occupation

Le rocher de Gibraltar appartient au Royaume Uni depuis 1704, occupation confirmée par le Traité d’Utrecht de 1713. Depuis cette date, l’Espagne n’a cessé d’en revendiquer la souveraineté à de nombreuses reprises. Sans succès, et contre l’avis des habitants de Gibraltar encore au dernier référendum de 2016 exprimant la volonté de 98 % des Gibraltariens de rester un territoire britannique d’outre-mer.

Le Brexit repose la question de Gibraltar, Madrid menaçant d’opposer son veto à un accord entre l’UE et le Royaume Uni si un compromis n’est pas trouvé. Le royaume Uni s’est donc engagé à dissocier Gibraltar de son accord de sortie avec l’UE. Première entorse maintenant en réalité Gibraltar pour l’essentiel dans l’UE.

L’Irlande

L’éternelle épine séculaire dans le pied de la Grande Bretagne ressort à l’occasion du Brexit. Le problème posé est double. D’abord sur le plan électoral, Theresa May a besoin des dix députés du DUP (Parti protestant unioniste de l’Ulster) pour constituer de justesse sa majorité au Parlement. Or, ensuite, le DUP refuse le rétablissement d’une frontière entre l’Irlande, (membre de l’UE) et l’Ulster (membre du Royaume Uni) lors du Brexit effectif au 29 mars 2019 en principe. Dès lors, 2 scenarios ont été envisagés en-dehors d’un rétablissement inenvisageable pour des raisons pratiques et humaines de la frontière : dissocier l’Ulster du Royaume Uni en le maintenant dans le marché unique. Formule qui ferait de l’Ulster à la fois une annexion économique de l’UE, et aussi ouvrirait un moyen détourné de maintenir le Royaume Uni dans le marché unique via sa province de l’Ulster, malgré un « filet de sécurité » (backstop) inventé par Michel Barnier pour contrôler les marchandises entre l’Ulster et le reste du Royaume Uni. Abracadabrantesque. Enfin le DUP est farouchement opposé à cette solution ubuesque. Deuxième solution, maintenir un statu quo provisoire en attendant une solution (?!) ce qui revient à ne rien changer.

La situation est donc bloquée à ce jour faute de solution satisfaisante, sans qu’on puisse en entrevoir une sortie décente rapide.

Le butoir des zones de pêche

Le Royaume Uni affirme sa volonté de reprendre le contrôle complet de son espace maritime et a dénoncé dès 2017 l’Accord de Londres de 1964 sur ce sujet, donnant satisfaction à ses pêcheurs ayant voté à plus de 90% pour le Brexit. Theresa May précise que le volume des pêches de l’UE dans les eaux britannique est huit fois supérieur à ce que le Royaume Uni exporte vers l’UE dans la filière, lui donnant une position de force et de négociation, mais qui inquiète considérablement les pêcheurs français notamment mais aussi huit autres pays concernés.

La sortie du Royaume Uni, même « aménagée », de l’UE pour le 29 mars 2019, et même avec une période transitoire de deux ans, n’est décidément pas encore acquise.

L’interdépendance des États, due à la mondialisation, démontre à travers le courageux Brexit, la situation inextricable dans laquelle se trouvent les nations et les peuples du monde, et notamment d’Europe. Dans ces conditions, il n’y a plus que deux solutions possibles pour résister à une pression carcérale pour les peuples, de l’économie mondialisée et toute-puissante. Soit reconsidérer les politiques économiques pour revenir à des situations d’autarcie relative, solution inenvisageable sérieusement ; soit créer un véritable Etat européen continental en finissant de détruire les États nationaux actuels mais en faisant émerger de nouvelles puissances régionales fédérées. Sans le Royaume Uni.

Cette « utopie » politique n’est-elle pas finalement plus réaliste que les idéologies bâtardes de l’Union européenne encristée dans les oukases des marchés financiers mondiaux, et génératrices de drames humains et identitaires suicidaires pour l’Europe ?

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