19 avril 2018

Lettre au Président Macron !

Par Alexis Arette

 

Monsieur le Président,

J’étais un peu inquiet durant votre brillante prestation du dimanche 15 avril, car je me demandais si les fusées de Poutine n’allaient pas abréger votre débat, en représailles des frappes que vous aviez ordonnées, et que je juge provocatrices.

Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron.

Heureusement, cela n’a pas eu lieu ; je n’ai aucune envie de périr des conséquences de vos initiatives guerrières. Vous m’avez rassuré en partie. Nous ne sommes pas en guerre contre la Syrie, avez-vous dit et nous ne bombardons que pour faire du bruit ! C’est en somme un roulement de tambour pour avertir que vous voulez négocier. Il y a eu, à cette façon de faire la guerre sans la déclarer, au moins un précédent.

Ce fut l’affaire dite du « Drakkar », qui coûta la vie à 58 de mes jeunes camarades parachutistes. L’indignation populaire fut telle qu’elle obligea le Président Mitterrand à riposter et à envoyer nos chasseurs bombardiers frapper ! Comme pour les vôtres, il fut dit qu’ils avaient pleinement atteint leurs objectifs. Plus tard, on sut cependant que nos services avaient averti les services syriens du lieu où aurait lieu la frappe, afin qu’ils en dégageassent leurs troupes. Ce qui fut fait. Notre aviation ne frappa donc que quelques ruines désertes, ce qui évita l’escalade. J’ose penser que vous voulez également l’éviter, et que si vous n’avez pas fait de victimes, c’est que les services syriens ont été avertis à temps.

Bien sûr, je ne crois pas du tout que vous ayez frappé des installations où l’on fabrique du gaz. Le risque de libérer dans l’atmosphère des gaz toxiques eut été insensé et l’opinion générale doute d’ailleurs que les Syriens en aient jamais utilisé.

Tout le monde a pu constater que ces gaz ne sont évoqués par tout le personnel entre les mains des Américains que lorsque les Syriens éliminent une poche de Daech. C’est encore une fois ce que nous venons de constater, car les Syriens étaient en train de réduire un des derniers réduits djihadistes !

Je suis un peu déçu, Monsieur le président, de vous voir avaliser les inventions insensées des Yankees, suivant lesquelles le Président Bachar serait assez dément pour vouloir exterminer son propre peuple, et que ce Président serait en sus si bête qu’il réutiliserait les armes chimiques, réprouvées par tout le monde civilisé, au moment où, d’une pichenette avec armes classiques, son armée va écraser ce qui reste des tueurs islamistes.

Si la monstruosité de Bachar était si évidente, comment se fait-il, que si peu de nations dans le monde aient rejoint les « Alliés », c’est-à-dire les Yankees ?

C’est que le monde sait bien que dans leur volonté impérialiste, les États-Unis tentent l’encerclement de la Russie qui, avec Poutine, échappe à leur obédience financière. Qui ne sait que la guerre du Kosovo, la révolution ukrainienne, les rampes de lancement yankees dans les pays de l’Est, sont une des deux mâchoires, dont l’autre aurait été constituée par les pays soumis du Moyen Orient avec l’Afghanistan et la Syrie ?

Feignant de ne point voir cela, et accusant Poutine comme vous l’avez fait, d’être complice des armes chimiques syriennes, je crains Monsieur le Président, que vous n’ayez vous-même franchi la ligne rouge qu’il ne fallait pas franchir ! Et cela en violation totale des décisions de L’ONU.

Le président Obama, lui, avait compris qu’il ne fallait pas aller plus loin, quand, paraît-il, tous les missiles qu’en guise d’« avertissement » il lança dans l’espace occupé par les Russes, furent détournés par une force inconnue, et se perdirent dans la mer…

Aujourd’hui contrairement à ce que vous pensez, la Russie ne cédera rien sur sa sécurité, et si, avec votre appui qui ne me paraît pas prodigieux, Monsieur Trump persiste dans son projet criminel, nous aurons ce conflit dont Einstein a pu dire : « Je ne sais pas comment se déroulera la troisième guerre mondiale. Mais je sais que la quatrième ne se fera qu’avec des bâtons et des pierres ! »

Et des États-Unis, c’est encore Georges Clemenceau qui a pu dire : « C’est un peuple qui est passé de la barbarie à la décadence, sans connaître la civilisation ! » (1).

De Bush à Clinton, et d’Obama à Trump, la preuve semble être faite.

Que la nation qui a bâti son épopée sur le massacre des Peaux-Rouges et des bisons veuille donner des leçons de morale au monde me paraît un peu surfait. Car si la mort sous les gaz est horrible, et mérite l’exécution des criminels, je ne suis pas sûr qu’elle le soit davantage que la mort par la grillade des bombes au phosphore qui firent 150 000 victimes civiles à Dresde.

C’est à peu près sûr que les victimes de Hiroshima et de Nagasaki furent plus rapidement traitées, mais les survivants vécurent une bien longue agonie ; et si j’avais conçu de telles choses, je serais réticent à louer ma toute neuve vertu, surtout si j’avais encore inventé l’existence d’armes de destruction massive afin de pouvoir m’emparer des puits du pétrole irakien !

Or, cette félonie sans nom, ce massacre sans excuse, cette abominable fourberie que vous ne mettez pas en doute dans sa répétition en Syrie, Monsieur le président, là le procédé est vertueux !

Et dès lors, vous y adhérez sans nuances, alors que l’information n’en est donnée que par les mercenaires des Yankees, du Qatar, et de l’Arabie Saoudite, contre ce qu’affirment et ce que répètent les communautés chrétiennes d’Irak, qui ne sont protégées des atrocités djihadistes ou d’al-Nosra que par Bachar el-Assad !

Note

(1) Citation communément et faussement attribuée à Einstein.

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