30 juin 2016

Après le Brexit, un Danexit ?

Par Gérard Lehmann

Depuis que le Royaume de Danemark est entré dans la construction européenne, en 1972, les citoyens de ce pays ont eu l´occasion, lors de plusieurs référendums, de freiner le toujours plus d´Europe bruxellois. Par trois fois, ils ont dit non. Non au traité de Maastricht, non au traité d´Amsterdam et non à l´euro. La position des Danois reflète assez bien celle du Parti du Peuple Danois (Dansk Folkeparti, DF) : oui à un partenariat européen en matière d´échanges commerciaux, d´environnement, de sécurité de l´alimentation, mais pas davantage sinon pour la protection des animaux.

Le pouvoir de l´Union européenne, de ses bureaucrates et de ses politiciens doit être limité. Il faut davantage de transparence dans toutes les institutions européennes. Le budget européen devra être réduit. La Turquie n´a pas sa place dans l´UE. Enfin c´est aux peuples, par le biais de référendums que les questions politiques majeures doivent être décidées. Le Brexit, salué par le Parti du Peuple danois comme un choix conscient et courageux, doit entraîner des formes de partenariat plus relâchées.

Tous les partis reconnaissent la nécessité de profondes et de nouvelles réformes, mais les prises de position varient.

Le Premier ministre Lars Løkke Rasmussen se désole de la sortie de la Grande Bretagne de l´UE, mais concède la nécessité de réformes. Tandis que Pernille Skipper (Enhedslisten, liste de l´Unité) se réjouit au nom de son parti de la réussite du Brexit. Holger Nielsen Le député du Parti Socialiste (Socialistisk Folkeparti, SF) redoute que le Brexit ne donne « à l´extrême droite européenne une raison supplémentaire de détruire l´Europe ». Holger Nielsen commet une confusion regrettable entre l´Union Européenne et l´Europe et une erreur quant aux dangers qui menacent l´identité européenne.

Le social-démocrate, ancien président du Parlement et ancien ministre des Affaires Étrangères Mogens Lykketoft déclare à la chaîne de télévision TV 2 News : « Cameron est irresponsable d´avoir organisé un référendum sur l´appartenance de la Grande-Bretagne à l´Union Européenne. […] C´est une faute que les Britanniques aient eu le droit de s´exprimer par référendum […] »

Cette curieuse conception de la démocratie a été sévèrement commentée dans la presse danoise.

Le porte-parole du député Kenneth Berth Kristensen, porte-parole du Parti du peuple Danois pour les Affaires européennes propose : « Le gouvernement danois doit commencer à se préparer pour un vote. »

Tant il est vrai que la boulimie bureaucratique, le déficit démocratique, l´impuissance de l´Union Européenne face aux crises de l´invasion migratoire et aux délires du Calife du Bosphore justifient le souhait de Kenneth Kristensen Berth et d´une majorité de ses concitoyens que l´Union européenne n´a jamais fait rêver.

Il ne sera donc pas question pour le Royaume de Danemark de danexit, mais de la souveraineté d´un pays et de l´indépendance d´un peuple.

Vous avez aimé cet article ?

EuroLibertés n’est pas qu’un simple blog qui pourra se contenter ad vitam aeternam de bonnes volontés aussi dévouées soient elles… Sa promotion, son développement, sa gestion, les contacts avec les auteurs nécessitent une équipe de collaborateurs compétents et disponibles et donc des ressources financières, même si EuroLibertés n’a pas de vocation commerciale… C’est pourquoi, je lance un appel à nos lecteurs : NOUS AVONS BESOIN DE VOUS DÈS MAINTENANT car je doute que George Soros, David Rockefeller, la Carnegie Corporation, la Fondation Ford et autres Goldman-Sachs ne soient prêts à nous aider ; il faut dire qu’ils sont très sollicités par les medias institutionnels… et, comment dire, j’ai comme l’impression qu’EuroLibertés et eux, c’est assez incompatible !… En revanche, avec vous, chers lecteurs, je prends le pari contraire ! Trois solutions pour nous soutenir : cliquez ici.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertés.