20 mai 2017

Dans 30 ans, quelle Europe ?

Par Hans Joachim Froh

La Commission européenne ne se lasse pas de ses mises en garde répétées et sans effet à l’égard de la Hongrie et de la Pologne, qui entendent faire respecter leur souveraineté. Elle les menace désormais, depuis le mardi 16 mai, de lancer des procédures d’infraction contre les deux états résistants, s’ils refusaient d’ici à juin d’accueillir des « demandeurs d’asile » – au demeurant très largement musulmans dans leur composition – depuis l’Italie et la Grèce.

« Si rien n’est fait avant notre prochain rapport en juin, la Commission n’hésitera pas à utiliser ses pouvoirs en vertu des traités et à ouvrir des procédures d’infraction », a averti M. Avramopoulos, Commissaire européen en charge de ce dossier, lors d’une conférence de presse au Parlement européen à Strasbourg.

Ces procédures peuvent aboutir à une saisine de la Cour de justice de l’UE (CJUE) et le cas échéant à de lourdes sanctions financières quand un pays ne respecte pas un arrêt de cette Cour. Il est intéressant de noter qu’une telle procédure, dévalorisante pour le pays concerné, est mise en marche et « traitée » par deux institutions qui ne sont pas élues !

Et lorsque Monsieur Avramopoulos « appelle la Pologne et la Hongrie, qui n’ont pas encore relocalisé la moindre personne, à commencer à le faire immédiatement », on peut sérieusement s’interroger sur ce qu’il reste des souverainetés nationales dans cette approche « respectueuse des états », avec menaces de sanction financière à la clé !

Il faut rappeler que face à l’afflux extraordinaire et permanent de demandeurs d’asile sur les côtes italiennes et grecques, où sont arrivés plus d’un million de migrants en 2015, les pays de l’UE avaient adopté en septembre 2015, un plan de répartition de 160 000 personnes en deux ans vers le reste de l’Union. Mais ce plan dit de « relocalisation », supposé « incarner la solidarité européenne », a surtout illustré les divisions entre États membres, qui ne l’ont appliqué que très lentement et de manière parcimonieuse, voire pas du tout pour certains.

La Hongrie et la Slovaquie ont d’ailleurs intenté une action en justice pour le contester. Selon la Commission, ces pays sont avec l’Autriche, « les seuls États membres à ne pas avoir encore » accueilli le moindre demandeur d’asile en application du plan de 2015, manquant ainsi « à leur obligation juridique. »

Beata Szydlo, la dynamique chef du gouvernement conservateur polonais, n’a pas manqué de réagir immédiatement : « Je n’ai pas peur de ces annonces tonitruantes de la Commission », a-t-elle déclaré et d’ajouter « Nous ne serons pas d’accord pour qu’on impose à la Pologne ou à tout autre pays de l’UE des quotas obligatoires » de migrants.

Le même jour la Commission européenne, l’exécutif dans cette politique rappelons-le, a aussi pointé du doigt la République tchèque qui n’a pas contribué depuis « près d’un an ». D’autres pays, comme l’Espagne, la Belgique, la Croatie, l’Allemagne, la Roumanie, la Slovaquie et la France, devraient eux « accroître leurs engagements mensuels » d’accueil selon Bruxelles, qui demande aussi à l’Italie « d’accélérer les procédures pour identifier et enregistrer dès que possible tous les candidats admissibles. »

Par cette politique de gribouille, l’exécutif européen envoie le pire des messages : il encourage des vagues d’immigration successives, qui représentent peu ou prou, une subversion du Continent européen, elle accroît les dissensions et les rancœurs entre pays européens, en montrant du doigt ceux qui ne se soumettent pas à la Doxa, enfin elle affaiblit de manière constante et dans sa substance le continent et l’idée d’une Europe commune à l’ensemble des nations européennes, en renforçant la réticence des peuples qui ne veulent pas mourir.

« Ceux qui ne se souviennent pas du passé, sont condamnés à le revivre » (Santayana).

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