L’OJIM en rend maintenant compte rĂ©guliĂšrement : un lĂ©ger frĂ©missement semble toucher les mĂ©dias français. le ton des sujets changerait-il ?

La question se pose, et nous en avons déjà donné deux exemples :

Nous sommes partis Ă  la recherche du « mĂ©dia 0 », celui peut-ĂȘtre serait Ă  l’origine de ce (lĂ©ger) mouvement de (lĂ©gĂšre) prise de conscience des problĂšmes de fond qui pĂšsent sur la sociĂ©tĂ© française, problĂšmes que le coronavirus fait malheureusement Ă©clater au grand jour. Serait-ce sur France Inter, le 20 mars 2020 ?

Gardons le titre pour la fin, il vaut son pesant d’or


L’accroche : « En l’espace d’une semaine, les policiers ont multipliĂ© les descentes dans des pharmacies, parapharmacies et mĂȘme des Ă©piceries. Un commerçant d’origine chinoise Ă  Belleville Ă  Paris Ă©tait toujours en garde Ă  vue hier soir. »

Que France Inter se laisse quasi aller au « pĂ©ril jaune », mode de pensĂ©e dĂ©finit comme raciste la semaine d’avant sur tous les plateaux de tĂ©lĂ©vision quand Trump avait parlĂ© d’un « virus chinois », marque un Ă©vident changement de ton.

France Inter veut montrer que des pharmaciens ou des commerçants en parapharmacie profitent de la situation pour gagner de l’argent en vendant des masques, plutĂŽt que de les remettre aux soignants qui en ont besoin pour ne pas mourir. Le paragraphe le plus intĂ©ressant est celui-lĂ  :

« À Marseille, Ă  deux pas d’un commissariat, la pharmacienne de Noailles faisait comme les vendeurs de cigarettes Ă  la sauvette du quartier : elle vendait des masques de protection sous le manteau ; en l’occurrence, sous le comptoir. C’est le journal La Provence qui l’a rĂ©vĂ©lĂ© mercredi : l’officine abritait une double caisse et la pharmacienne, ĂągĂ©e de 50 ans, allait chercher des masques dans l’arriĂšre-boutique. Ces masques ne faisaient pas partie du stock prĂ©vu au dĂ©part pour les personnels de santĂ©, qui en manquent cruellement. »

En apparence, France Inter semble vouloir montrer, comme Ă  son habitude, que la dĂ©linquance massive ne relĂšverait pas en France de certaines ethnies identifiables mais aussi de personnes supposĂ©es intĂ©grĂ©es, comme cette pharmacienne. Cependant, le mĂ©dia n’y arrive pas, ne pouvant retenir un « comme les vendeurs de cigarettes Ă  la sauvette du quartier » qui, eux, sont subsahariens et importateurs d’un mode de vie exogĂšne sur le continent europĂ©en.

Le « 9 cube » au premier rang

France Inter ne parvient pas encore Ă  qualifier qui sont les principaux dĂ©linquants, contrairement au secrĂ©taire d’État Ă  l’intĂ©rieur Laurent Nuñez qui, lui, sait qu’il n’est pas possible de confiner certaines populations, la preuve par le 93 dont les centres hospitaliers ont Ă©tĂ© presque immĂ©diatement saturĂ©s, le confinement ayant Ă©tĂ© inexistant d’emblĂ©e dans les citĂ©s du dĂ©partement :

« Selon le prĂ©fet de police de Paris, Didier Lallement, des enquĂȘtes se multiplient. Mais l’une de ces enquĂȘtes, comme l’avait racontĂ© le journal Le Parisien, avait commencĂ© dĂšs la semaine derniĂšre aprĂšs la dĂ©couverte Ă  Maisons-Alfort de 40 000 masques FFP2, de haute protection certes, mais pĂ©rimĂ©s. Trois escrocs inexpĂ©rimentĂ©s se sont fait pincer aprĂšs qu’une voisine les a aperçus en train de dĂ©charger leur marchandise mal dissimulĂ©e. »

Il n’est cependant pas difficile de saisir qui peuvent ĂȘtre des « escrocs inexpĂ©rimentĂ©s » Ă  Maison-Alfort. Par ailleurs, « les braquages se sont multipliĂ©s en milieu hospitalier depuis le dĂ©but de la crise sanitaire ».

France Inter ne parle pas directement de ce que chacun a pu voir Ă  la tĂ©lĂ©vision, y compris sur TF1 ou France 2, ou entendre, y compris sur Franceinfo, ou lire dans beaucoup de journaux : l’origine africaine des personnes refusant le confinement, arrĂȘtĂ©es pour trafic ou portant des masques, notamment dans les quartiers devenus quasi africains du Nord de Paris.

Cependant, et c’est la cerise finale sur le gĂąteau, le journaliste Emmanuel LeclĂšre ou la rĂ©daction de France Inter, n’ont pu, inconsciemment, Ă©chapper au rĂ©el : Le nouveau marchĂ© trĂšs noir des masques de protection contre le coronavirus. « TrĂšs noir »  Avec une telle expression, France Inter ne pourra pas ĂȘtre nominĂ©e aux prochains Bobards d’or mais pourrait bien obtenir le titre de « mĂ©dia 0 », comme le premier contaminĂ© Ă©tait le « porteur 0 ».

Article paru sur le site de l’OJIM.

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