Comment pouvons-nous aider à réduire la souffrance animale en tant que consommateurs ?
Comme l’a fait remarquer Yuval Noah Harari : « Le sort des animaux est l’une des questions éthiques les plus pressantes de notre époque. »
Lorsque l’on sait que la viande consommée en France est produite à 80 % dans des conditions d’élevage intensif, l’on prend conscience que le bien-être des animaux est méprisé ainsi que l’environnement et les conditions de travail des employés et enfin la santé des consommateurs.
Selon leur espèce, ces animaux sont enfermés dans des cages, entassés dans des bâtiments, des enclos, des bassins souvent conçus sans règles minimales de protection ou avec des exigences dérisoires. Une chose est certaine : aucun de ces animaux ne verra jamais le moindre brin d’herbe !
Avec le « progrès de la zootechnie », les cochons grossissent chaque jour de 200 grammes de plus qu’en 1970. Ce qui veut dire qu’ils mettent 165 jours pour atteindre le poids de 100 kilogrammes. Mais beaucoup souffrent de pathologies digestives qui sont liées aux traitements antibiotiques. Non seulement 75 à 90 % de ces antibiotiques sont rejetés dans l’environnement, mais leur utilisation massive induit l’apparition de bactéries résistantes.
D’une part, une antibiorésistance(1) impacte la santé des humains avec la consommation de viande. 30 % des souches d’E. coli présentes dans le tube digestif des animaux à l’abattoir sont ainsi résistantes aux fluoroquinolones et 37 % à l’ampicilline. Or, chez l’homme, l’antibiorésistance est la cause de 700 000 décès par an dans le monde et pourrait devenir une des premières causes de mortalité en 2050.
D’autre part, les recherches scientifiques ont montré que les porcs possèdent une intelligence et une capacité émotionnelle comparables à celles des chiens. Certaines truies ont passé haut la main des tests d’intelligence conçus à la base pour des chimpanzés, en maniant un joystick avec leur groin pour obtenir des friandises. Les cochons ont également une excellente mémoire spatiale ; ils sont capables de faire appel à leur expérience passée pour anticiper une situation. Alors est-il encore possible de leur infliger de tels traitements ?
Plus largement, ces recherches ont démontré que de nombreux animaux, en particulier, les mammifères et les oiseaux, possèdent des systèmes nerveux et des structures cérébrales similaires aux nôtres leur permettant de ressentir la douleur, la peur, la joie.
Lorsque l’on sait que la vie des porcs dans ces espaces confinés est particulièrement atroce : qu’ils sont sans paille, n’ont pas accès à l’extérieur, et que les truies reproductrices sont maintenues la moitié de leur vie dans des cages individuelles étroites ne leur permettant pas de se retourner ; comment peut-on encore continuer à confiner ainsi ces animaux ?
Dans ces cages de maternité, les truies sont couchées sur le côté pour permettre l’allaitement qui dure 3 à 4 semaines. Elles sont encagées, leurs porcelets mutilés et à l’âge de 6 mois, les cochons sont envoyés à l’abattoir.
L’élevage industriel impose aux animaux des conditions de vie extrêmement insupportables. Entassés dans des espaces restreints, soumis à des mutilations douloureuses sans anesthésie et à une croissance accélérée, des milliers d’animaux souffrent en France chaque année dans ces conditions inacceptables.
Ces environnements très contraignants sont très loin de répondre à leurs besoins biologiques.
En France, il y a plus de 900 abattoirs qui tuent à des cadences insupportables un milliard d’animaux terrestres. Geoffrey Le Guilcher, journaliste qui a partagé le quotidien avec des ouvriers des abattoirs durant quarante jours, a témoigné dans son ouvrage Steak machine comment hommes et bêtes souffrent ensemble : « ouvriers qui assomment, tuent et découpent des bêtes à longueur de journée. »
Qu’est-ce qui se cache derrière l’élevage intensif ?
L’objectif des usines à animaux est de produire un maximum de viande pour un moindre coût afin de répondre à la demande. Les animaux sont traités en fin de compte comme des produits, des marchandises alors que notre bon sens reconnaît leur sensibilité et leur capacité à ressentir la souffrance.
Alors ne commettons-nous pas un zoocide ?
D’autres animaux ne sont pas mieux traités dans le cadre de ces usines à viande.
Les volailles, les futurs poulets naissent dans des couvoirs industriels qui font éclore des milliers d’œufs par jour. Sans avoir eu le moindre contact avec leur mère, les poussins à peine sortis de l’œuf sont envoyés sur des tapis roulants, triés brutalement pour éliminer les plus faibles, puis vaccinés systématiquement.
Il faut savoir que l’environnement des poulets est très exigu, à savoir 20 par mètre carré dans les élevages standards ; chaque poulet dispose de la surface d’une feuille A4 pour vivre.
Leur environnement devient aussi de plus en plus sale, car leur litière n’est pas changée une seule fois au cours de leur existence.
Les poulets évoluent sur une croûte d’excréments. En plus de l’inconfort, l’ammoniac qui s’en dégage provoque des troubles respiratoires. Le contact prolongé avec ce sol souillé est également à l’origine de cloques et de brûlures de la peau appelées dermatites.
À tout cela s’ajoutent des troubles musculo-squelettiques causés par leur croissance ultra rapide.
En plus d’engendrer des douleurs chroniques, ces boiteries peuvent empêcher les poulets d’atteindre les mangeoires et les abreuvoirs. Il arrive donc qu’ils meurent lentement de faim ou de soif. D’autres meurent de déficience cardiaque ou respiratoire avant même d’atteindre l’âge d’abattage, qui est pourtant seulement de 35 jours ! Les cadavres des poulets qui n’ont pas survécu à ces terribles conditions de vie devraient être quotidiennement retirés par l’éleveur, mais beaucoup se décomposent sur la litière.
Au bout de 35 jours, les poulets sont considérés comme suffisamment gros pour que leur abattage soit rentable.
Quelles sont les solutions pour sortir de cet engrenage insupportable ?
Il est souvent demandé aux consommateurs de diminuer drastiquement leur consommation de produits issus des animaux en privilégiant une alimentation végétale. En en mangeant moins souvent, cela permet alors d’en manger mieux en privilégiant la qualité des produits issus d’élevages paysans ou biologiques.
L’élevage intensif est contre-nature, car les animaux ne peuvent pas exprimer les comportements naturels inhérents à leur espèce et souffrent de pathologies liées à ces conditions de vie extrême. En prévention, les antibiotiques sont utilisés à outrance sur ces animaux et occasionnent de graves problèmes de santé publique. Du fait du stress, les animaux se blessent souvent entre eux. C’est pourquoi il est courant dans ces élevages de pratiquer l’écornage, la coupe de la queue, le limage des dents, l’épointage des becs ; toutes ces pratiques réalisées à vif sans aucune insensibilisation, ce qui engendre de réelles douleurs pour les animaux.
Il existe bien des entreprises comme Mosa Meat et Memphis Meats qui ont développé des prototypes de viande de culture, ce marché offre une solution potentielle pour répondre à la demande en viande tout en éliminant les pratiques d’élevage intensif.
Cette promesse d’avenir serait certainement moins cruelle pour les animaux et plus saine pour les consommateurs !
Note
(1) L’antibiorésistance est le phénomène qui consiste, pour une bactérie, à devenir résistante aux antibiotiques. Les bactéries exposées aux antibiotiques évoluent et développent des mécanismes de défense qui leur permettent d’échapper à leur action.
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