Alors que le Globish investit de trop nombreux domaines de nos vies quotidiennes, qui se souvient de ces dialectes et patois locaux qui illustraient la diversitĂ© de nos folklores ? Les langues rĂ©gionales quant Ă  elles, tendent Ă  perdre leur authenticitĂ© tant elles deviennent un outil idĂ©ologique au service d’autonomistes ou d’indĂ©pendantistes militants. Qui connaĂźt encore, Ă  dĂ©faut de les pratiquer, ces jargons propres Ă  certaines corporations ou catĂ©gories sociales comme le louchĂ©bem des bouchers, l’argot des faubourgs ou le verlan des bagnards.

Il est pourtant un parler qui, tel le village des irrĂ©ductibles Gaulois, rĂ©siste malgrĂ© les vagues britannoricaines qui s’abattent sur lui. C’est celui du sport cycliste dont la puissance Ă©vocatrice frĂŽlant parfois des sommets poĂ©tiques, Ă©voque irrĂ©sistiblement la chanson de geste ou la puissance hugolienne. Ne parle-t-on pas d’une « LĂ©gende des cycles » pour souligner les hauts faits de ces conquĂ©rants de l’inutile et les souffrances de ces forçats de la route.

Ayant naguĂšre participĂ© Ă  quelques compĂ©titions, pour mieux illustrer mon propos, je me permets de vous conter, en une langue qui n’a pas pris une ride (Laurent Jalabert, le philologue Ă©mĂ©rite pourrait en tĂ©moigner), ce que peut ĂȘtre la journĂ©e d’un coursier anonyme du Tour de France.

« Le dĂ©part Ă  peine donnĂ©, une poignĂ©e d’audacieux, marquĂ©s au cuissard par quelques gardes du corps, commis d’office par leurs directeurs sportifs, tentent de s’échapper d’un peloton qui se contente encore de rouler la caisse. Pour ma part je suce consciencieusement les roues. Les mains posĂ©es sur les cocottes de frein, je filoche. Le fait est que, malgrĂ© mon statut de porteur d’eau je me sens aujourd’hui la socquette tellement lĂ©gĂšre que je me glisserais volontiers dans un contre, malgrĂ© le risque d’asphyxie qui guette l’inconscient parti en chasse-patate. Mon rĂŽle est de protĂ©ger un Ă©quipier qui compte parmi les favoris de l’épreuve. Il est visiblement dans un bon jour, car il a cette patte indispensable aux exploits que rĂ©vĂšle un coup de pĂ©dale moelleux. Il n’est donc pas question pour moi de mettre le nez Ă  la fenĂȘtre. Pendant quelques kilomĂštres nous pouvons fumer tranquillement la pipe au cƓur du paquet car l’absence de vent nous protĂšge du moindre coup de bordure qui dĂ©clencherait la formation d’éventails meurtriers


HĂ©las l’heure n’est plus Ă  mouliner dans le beurre. La chasse est lancĂ©e. La meute se dĂ©chaĂźne jusqu’à avaler les malheureux fuyards victimes de leur prodigalitĂ©. C’est parti, tout Ă  droite, le nez dans le guidon, Ă  croquer du cintre ! Il nous faut emmener de la braquasse et faire du bec de selle sans compter, le palpitant pissant de l’huile, jusqu’à pĂ©daler carrĂ©, les tripes Ă  l’air. C’est Ă  ce prix que les patrons vont pouvoir s’expliquer Ă  la pĂ©dale dans les deux cols Ă  franchir. À eux de bien mesurer leurs efforts pour ne pas passer par la fenĂȘtre, victimes de la sorciĂšre aux dents vertes qui guette les prĂ©tentieux. Quant Ă  nous, les domestiques, notre travail effectuĂ©, nous mettons la flĂšche pour nous laisser glisser prudemment Ă  l’arriĂšre avant de rejoindre l’autobus salvateur. Il nous permettra de gagner l’arrivĂ©e, en tricotant en dedans, afin de nous rebecter, en Ă©vitant l’assommoir de l’Homme au marteau qui nous jetterait immanquablement dans la voiture-balai. »

Vous avouerez qu’un tel rĂ©cit a de la gueule. Alain Rey, le lexicographe bien connu, ne peut que s’incliner devant cette inventivitĂ©, lui qui affirme que « la richesse du français est souvent au-delĂ  du mot, dans les expressions. »

C’est quand mĂȘme plus fleuri, plus Ă©vocateur, plus exaltant et beaucoup plus riche qu’un discours du trĂŽne de Jupin-Emmanuel 1er, aussi plat et assommant qu’une Ă©tape du Tour traversant les Landes un jour de canicule. Non ?

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A propos de l'auteur

Jean-Pierre Brun

NĂ© Ă  Souk Ahras, Jean-Pierre Brun a sillonnĂ© l’AlgĂ©rie. Il a rejoint l’ArmĂ©e SecrĂšte et s’est retrouvĂ© Ă  Paris au sein de l’OAS MĂ©tro Jeunes
 Il est l'auteur de plusieurs livres aux Ă©ditions Dualpha.

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