Du haut de mon ordinateur trois quarts de siĂšcle (et le pouce) me regardent, mais avec, si j’ose dire, ce lĂ©ger sourire en coin qui tendrait Ă  me faire croire qu’ils se paient ma tĂȘte.

Il est vrai que, Ă  extraire de la mĂ©moire informatique de cet outil diabolique tous les Ă©crits que j’ai pondus, comment pourrais-je rĂ©futer ces Ă©tiquettes de conservateur, de rĂ©ac, de tradi qui me collent Ă  la peau ? Et, croyez-moi, j’en passe et des plus croustillantes.

Connaissant mon pĂšre et mes grands-pĂšres on pourrait parler d’atavisme. Ce n’est pas faux. Mais ne serait-ce pas rĂ©ducteur ? Mon gĂ©niteur n’apprĂ©ciait pas le jazz, alors que j’en raffole ! Il aurait passĂ© des journĂ©es Ă  jouer au bridge alors que j’ai horreur des cartes ? Il fumait comme une caserne de pompiers alors que chez moi, les cendriers, purement dĂ©coratifs, restent aussi froids qu’un sorbet-citron sans vodka (clin d’Ɠil d’outre-tombe Ă  un colonel putschiste de mes amis).

Mais alors qui suis-je vraiment ? D’oĂč viens-je ?

Je viens de trouver dans une brocante un manuel qui pourrait peut-ĂȘtre m’aider : La psychanalyse en dix leçons. Quoi, ce n’est pas sĂ©rieux ! C’est pourtant un type sĂ©rieux qui en est l’auteur. Il a connu un incontestable succĂšs avec son « Apprenez l’équitation par correspondance » publiĂ© par les Ă©ditions de La mĂ©thode Ă  six mille.

SĂ©rieux ou pas, on peut toujours essayer. Voyons cela


Enfant, quels Ă©taient mes personnages historiques favoris ? Jeanne d’Arc, du Guesclin et le Grand Ferré ! Pourquoi ? Ils dĂ©fendaient la France contre l’Anglois.

Quels Ă©taient mes hĂ©ros de roman prĂ©fĂ©rĂ©s ? Robin des Bois et tous les chevaliers ! Ils dĂ©fendaient la veuve et l’orphelin.

Quel Ă©tait mon saint prĂ©fĂ©ré ? Le CurĂ© d’Ars ! Pourquoi ? Il a passĂ© sa vie Ă  se dĂ©fendre et Ă  dĂ©fendre ses paroissiens contre les entreprises de son Grappin (le Diable). Aujourd’hui, j’élirai Augustin d’Hippone qui a Ă©tĂ© le grand dĂ©fenseur de l’orthodoxie chrĂ©tienne face aux hĂ©rĂ©sies de son siĂšcle.

Curé d'Ars, P. Arcencam Pau, 1923.

CurĂ© d’Ars, P. Arcencam Pau, 1923.

Quel sport ai-je pratiqué ? Le football ! À quel poste ? En attaque ? Non, gardien de but ! J’ai toujours prĂ©fĂ©rĂ© dĂ©fendre les buts plutĂŽt que d’en marquer.

Quels sont les personnages politiques dont les organes urticants me sont insupportables. NapolĂ©on, Staline et Hitler. Pourquoi ? Ils ont prĂ©cipitĂ© leur pays Ă  leur perte plutĂŽt qu’à leur dĂ©fense. Les rois de France, eux, se donnaient pour mission de dĂ©fendre et consolider « leur prĂ© carré », hĂ©ritage de leur pĂšre. C’est notamment ce qui, par la raison pure, me conduit, tout Kant fait, Ă  me rapprocher de l’idĂ©e monarchique.

Quels faits d’armes ont encouragĂ© ma vocation militaire ? Des dĂ©faites ! Camerone, Bazeilles, Dien Bien Phu oĂč lĂ©gionnaires, marsouins et paras ont dĂ©fendu leurs positions jusqu’à leurs derniĂšres cartouches. Je me dois de confesser, Ă  ce stade de mon analyse, que j’admire ceux qui font don de leur personne Ă  leur pays et que je mĂ©prise ceux qui font don de leur pays Ă  leur gloire personnelle.

Aujourd’hui, alors que se profile l’heure Ă  laquelle je devrai passer l’arme Ă  droite (je suis naturellement gaucher) je mĂ©dite plus que jamais les causes de la chute de l’Empire romain : l’effritement de la famille, la dĂ©composition des mƓurs, l’effondrement de la culture, l’effacement des vertus. Comment ne pas dĂ©fendre des valeurs sans lesquelles une sociĂ©tĂ© ne saurait vivre ? Question pertinente, non ? Il me faut prĂ©ciser que je nourris cette mĂ©ditation depuis ma lecture, en 1986, du NĂ©ropolis d’Hubert Monteilhet.

Comme c’est curieux ! Je viens de me rĂ©fĂ©rer une douzaine de fois Ă  un concept dĂ©fensif. Ne serait-ce pas hautement significatif ? Il me revient d’ailleurs un ultime dĂ©tail. Jouant naguĂšre au tennis de table je rendais fou mes adversaires : je n’attaquais jamais me cantonnant dans un jeu dĂ©fensif exaspĂ©rant.

Je prĂ©fĂšre arrĂȘter lĂ  cette introspection en reconnaissant une fois pour toutes que, devant l’Éternel, je resterai un rĂ©actionnaire, traditionnaliste et conservateur. Mais au fait, le conservatisme est-il condamnable ? Il ne s’emploie qu’à sauver ce qui peut l’ĂȘtre d’une civilisation menacĂ©e.

Sur ce, pour oxygĂ©ner mes derniĂšres cellules grises, je vais m’offrir une petite promenade revigorante en compagnie de ce vieux du Bellay au long de sa « DĂ©fense et illustration de la langue française ». N’est-ce pas d’une totale actualitĂ©, cher Monsieur Blanquer ?

Et zut ! Encore une dĂ©fense ! Je n’en sors dĂ©cidĂ©ment pas ! Il est temps pour moi de rejoindre le cimetiĂšre des Ă©lĂ©phants, question d’ivoire un peu plus clair.

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