Les idĂ©es les plus gĂ©nĂ©reuses en apparence ont souvent des effets pervers qui provoquent des dĂ©gĂąts collatĂ©raux bien plus graves que les maux qu’on Ă©tait censĂ© dĂ©truire.

Il en est ainsi des deux grandes idĂ©es directrices des sociĂ©tĂ©s occidentales. La premiĂšre est l’interdiction de distinguer des races humaines puisqu’il n’existe idĂ©ologiquement et donc lĂ©galement qu’une seule Race Humaine. Il convient de mixer Ă  toute force les cultures, les civilisations, les coutumes, les modes de vie, les religions mĂȘmes, pour lesquelles le rĂȘve absolu est de crĂ©er une religion unique mĂ©langeant christianisme, islam et judaĂŻsme en simplifiant les dogmes pour aller Ă  l’essentiel : un Dieu, une Race, un Chef (les USA).

Cette uniformisation à marche forcée conduit à des perturbations destructrices qui font voler en éclats toutes les références et les rÚgles de chaque culture, de chaque civilisation.

Lorsque des cultures diffĂ©rentes peuvent se dĂ©velopper souverainement, mettant en exergue leurs spĂ©cificitĂ©s, leurs forces et leurs faiblesses aussi, un respect mutuel s’instaure, d’autant que la fiertĂ© d’appartenance permet de fixer les peuples dans leur relation ancestrale avec leur sol. La guerre entre civilisations fortes et distinctes peut aussi traduire des rivalitĂ©s et des surenchĂšres dangereuses.

C’est lĂ  que l’équilibre des puissances et les diplomaties doivent permettre de maintenir des Ă©quilibres dissuasifs au maintien d’une paix armĂ©e, tout en rendant autonome Ă©conomiquement les grands ensembles civilisationnels du monde. Tout le contraire des vieilles thĂ©ories Ă©conomiques depuis Adam Smith jusqu’à Ricardo qui ont entraĂźnĂ© un nĂ©o-colonialisme de la famine et par suite des dĂ©racinements migratoires de plus en plus mortifĂšres.

Pour faire bonne mesure les Ă©lites politico-financiĂšres, soutenues par les mĂ©dias occidentaux, français et amĂ©ricains en tĂȘte, ont « inventé » en 1948 une DĂ©claration Universelle des Droits de l’Homme dont la vocation est d’imposer au monde de toutes les diversitĂ©s, une pensĂ©e unique, un rĂ©gime politique unique, un droit unique, des modes de vie uniques, etc., mais toujours « unique ».

Cette pensĂ©e univoque d’un Occident dominateur parce que dominĂ© par des intĂ©rĂȘts Ă©conomico-financiers, et honteux de son passĂ©, veut fondre le monde dans un moule universel, en diluer les spĂ©cificitĂ©s, et lui façonner une platitude sans obstacles ni frontiĂšres, tellement commode pour le commerce, la finance et la rĂ©alisation d’une mixitĂ© gĂ©nĂ©rale des peuples, cultures et civilisations.

« Carthago delenda est ! » Le monde aux cent couleurs est destinĂ© Ă  ĂȘtre dĂ©truit au profit des puissances dominantes du moment. Grande idĂ©e !

Mais le problĂšme est que la mixitĂ© et l’uniformisation de principe crĂ©ent de nouvelles hiĂ©rarchies, bien plus terribles que celles de la diversitĂ© et des valeurs respectĂ©es des civilisations. Dans un groupe constituĂ© d’« égaux » et d’« aseptisĂ©s », il y a toujours des chefs. Ces chefs sont tout trouvĂ©s : USA et Ă©lites europĂ©ennes qui trouvent dans leurs beaux sentiments de surface le moyen d’écraser en rĂ©alitĂ© tout concurrent, toute diffĂ©rence, toute spĂ©cificitĂ©, du haut de leur avance technologique, Ă©conomique, financiĂšre
 et intellectuelle


Tout ce contexte dramatique mÚne nos élites à haïr, de surcroßt, sans complexe et de maniÚre parfaitement assumée, tout ce qui ne correspond pas à leur idéologie mondialiste et de la mixité obligatoire.

Poutine ? Un fou dangereux. Trump ? Un crétin congénital. La Grande-Bretagne ? Incompréhension atterrée et mépris condescendant. Le Pape ? Ringardise et hors du temps.

L’Islam ? On l’encourage en Europe car on en a peur, mais on affecte de dissocier les « bons » (majoritaires Ă©videmment) et les « mauvais » (terroristes, qui nous permettent d’intervenir militairement dans toute une partie du monde, en dehors de tout intĂ©rĂȘt Ă©nergĂ©tique Ă©videmment).

Les mouvements dits « populistes » ? Des imbĂ©ciles menaçant nos Ă©quilibres partisans et idĂ©ologiques. Erdogan ? Un boucher dĂ©testable. El Assad ? Un criminel de guerre. Les chefs d’État africains ? Des jouets aux mains des plus forts du moment (les Chinois actuellement
 donc, on fait profil bas).

Le reste du monde ? Une grande commisĂ©ration pour des peuples Ăąnonnants qui n’ont pas encore reçu la lumiĂšre de la DUDH (DĂ©claration universelle des droits de l’Homme).

Il n’y a que deux pays dont on ne parle pas : IsraĂ«l et la Chine. Le premier pour des raisons de honte et de repentance historiques. Le deuxiĂšme car sa puissance fait peur.

Nos Ă©lites excluent de leurs indignations et de leurs injures les pays qui reprĂ©sentent la force – Ă©conomique surtout – ou la repentance europĂ©enne. Pour le reste rien n’est respectable aux yeux de nos Ă©lites. Lorsqu’on dĂ©tient la VĂ©ritĂ© absolue, on peut parler haut et fort et se comporter en idĂ©ologue politique dans toutes les fonctions de la sociĂ©tĂ©, et notamment lorsqu’on se prĂ©tend un « quatriĂšme pouvoir » naturellement engagĂ© ouvertement pour les valeurs dominantes qui nous mĂšnent Ă  une catastrophe mondiale pour demain.

Vous avez aimé cet article ?

EuroLibertĂ©s n’est pas qu’un simple blog qui pourra se contenter ad vitam aeternam de bonnes volontĂ©s aussi dĂ©vouĂ©es soient elles
 Sa promotion, son dĂ©veloppement, sa gestion, les contacts avec les auteurs nĂ©cessitent une Ă©quipe de collaborateurs compĂ©tents et disponibles et donc des ressources financiĂšres, mĂȘme si EuroLibertĂ©s n’a pas de vocation commerciale
 C’est pourquoi, je lance un appel Ă  nos lecteurs : NOUS AVONS BESOIN DE VOUS DÈS MAINTENANT car je doute que George Soros, David Rockefeller, la Carnegie Corporation, la Fondation Ford et autres Goldman-Sachs ne soient prĂȘts Ă  nous aider ; il faut dire qu’ils sont trĂšs sollicitĂ©s par les medias institutionnels
 et, comment dire, j’ai comme l’impression qu’EuroLibertĂ©s et eux, c’est assez incompatible !
 En revanche, avec vous, chers lecteurs, je prends le pari contraire ! Trois solutions pour nous soutenir : cliquez ici.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

A propos de l'auteur

Richard Dessens

Enseignant pendant plusieurs annĂ©es dans une Ă©cole prĂ©paratoire aux concours d’entrĂ©e aux IEP et Écoles de journalisme, Richard Dessens crĂ©e et dirige parallĂšlement une troupe de thĂ©Ăątre dans la rĂ©gion de Montpellier. Docteur en droit, DEA de philosophie et licenciĂ© en histoire, il est l’auteur d’ouvrages de philosophie et d’histoire des idĂ©es politiques, de relations internationale. Il a entres autres livres publiĂ© aux Ă©ditions Dualpha "Henri Rochefort ou la vĂ©ritable libertĂ© de la presse", "La dĂ©mocratie interdite" et "Histoire et formation de la pensĂ©e politique".

Articles similaires