RenĂ© Girard a parlĂ© de l’AmĂ©rique comme puissance mimĂ©tique. En effet, beaucoup veulent devenir amĂ©ricains, y compris quand il s’agit de payer des Ă©tudes Ă  quarante mille euros par an, des opĂ©rations Ă  200 000 euros, devenir obĂšse et mĂȘme abruti par la consommation de mĂ©dias et d’opiacĂ©s


Francis Parker Yockey.

Francis Parker Yockey.

L’affaire est dĂ©jĂ  ancienne et RenĂ© GuĂ©non a bien Ă©voquĂ© aprĂšs Tocqueville ou Beaumont la mĂ©diocritĂ© industrielle de la vie ordinaire/amĂ©ricanisĂ©e qu’on nous impose depuis les bourgeoises rĂ©volutions
 Mais GuĂ©non a aussi Ă©voquĂ© sans ambages le « caractĂšre hallucinatoire » de cette civilisation.

Un des AmĂ©ricains Ă  avoir le mieux parlĂ© de cette uniformisation, aprĂšs Poe ou Hawthorne, fut Francis Parker Yockey. Je laisse de cĂŽtĂ© ses vues politiques et prends en compte ses observations sociologiques qui, comme celles de Louis-Ferdinand CĂ©line, sont souvent justes ou/et intĂ©ressantes. Voici ce qu’il observe Ă  l’époque de Bogart, quand tout le monde lĂ -bas mĂšne une vie gris Hopper, clope sans arrĂȘt, boit son whisky au petit-dĂ©jeuner, imite les criminels en se couvrant d’un chapeau et d’une ridicule gabardine : « La technique pour Ă©liminer la rĂ©sistance amĂ©ricaine Ă  la distorsion de la culture a Ă©tĂ© l’uniformitĂ©. Chaque AmĂ©ricain a Ă©tĂ© fait pour s’habiller de la mĂȘme maniĂšre, vivant et discutant de la mĂȘme façon, se comportant de la mĂȘme maniĂšre et pensant aussi identiquement. Le principe de l’uniformitĂ© considĂšre la personnalitĂ© comme un danger et aussi comme un fardeau. Ce grand principe a Ă©tĂ© appliquĂ© Ă  tous les domaines de la vie. La publicitĂ© d’un genre et Ă  une Ă©chelle inconnue de l’Europe fait partie de cette mĂ©thode d’éradication de l’individualisme. On voit partout le mĂȘme visage vide, souriant. »

La femme amĂ©ricaine fut plus facilement mĂ©canisĂ©e que l’homme : « Ce principe a avant tout Ă©tĂ© appliquĂ© Ă  la femme amĂ©ricaine dans les vĂȘtements, les cosmĂ©tiques et le comportement, elle a Ă©tĂ© privĂ©e de toute individualitĂ©. Une littĂ©rature, vaste et inclusive, s’est dĂ©veloppĂ©e pour mĂ©caniser et uniformiser tous les problĂšmes et toutes les situations de la vie. Des millions de livres sont vendus pour dire Ă  l’AmĂ©ricain “Comment se faire des amis”. D’autres livres lui expliquent comment Ă©crire des lettres, se comporter en public, faire l’amour, jouer Ă  des jeux, uniformiser sa vie intĂ©rieure, comment s’habiller, mĂȘme comment penser. »

Le cinĂ©aste Tim Burton a bien moquĂ© ce comportement homogĂ©nĂ©isĂ©/industriel dans plusieurs de ses films, par exemple Edouard aux mains d’argent. Kazan avait fait de mĂȘme dans L’Arrangement. Aujourd’hui ce comportement monolithique/industriel s’applique Ă  l’humanitaire, Ă  la dĂ©viance, Ă  la marginalitĂ©, au transsexualisme, au tatouage, au piercing, etc.

Toujours dans Empire, Francis Parker Yockey ajoute : « Un concours a rĂ©cemment eu lieu en AmĂ©rique pour trouver « M. L’homme moyen ». Des statistiques gĂ©nĂ©rales ont Ă©tĂ© utilisĂ©es pour trouver le centre/moyen de la population, les relations matrimoniales, la rĂ©partition de la population, le nombre de familles, la rĂ©partition rurale et urbaine, et ainsi de suite. Enfin, un homme et sa femme avec deux enfants dans une maison de taille moyenne en ville ont Ă©tĂ© choisis comme “famille moyenne”. Ils ont ensuite fait un voyage Ă  New York, ont Ă©tĂ© interviewĂ©s par la presse, fĂȘtĂ©s, sollicitĂ©s pour approuver les produits commerciaux  »

On pense aux films de Capra qui dĂ©clinaient jusqu’à l’écƓurement ce modĂšle de l’homme moyen dont se moquent les Coen dans leur Ɠuvre (revoyez Barton Fink ou l’Homme qui n’était pas lĂ sous cet angle)


Yockey : « Leurs habitudes Ă  la maison, leurs ajustements de vie ont gĂ©nĂ©ralement fait l’objet d’une enquĂȘte, et puis de gĂ©nĂ©raliser. Ayant trouvĂ© l’homme moyen du haut vers le bas, les idĂ©es et les sentiments ont ensuite Ă©tĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ©s sous la forme de pensĂ©es moyennes impĂ©ratives et des sentiments. Dans les “universitĂ©s” amĂ©ricaines, les maris et les femmes assistent Ă  une confĂ©rence sur l’adaptation au mariage. L’individualisme ne doit mĂȘme pas ĂȘtre acceptĂ© dans quelque chose d’aussi personnel que le mariage. L’uniforme civil est aussi rigoureux – pour chaque type d’occasion – en tant que vĂȘtement militaire ou liturgique le plus strict. »

Notre rebelle dĂ©nonce la liquidation des arts : « Les arts ont Ă©tĂ© coordonnĂ©s dans le schĂ©ma directeur. Il n’y a en AmĂ©rique, avec ses 140 000 000 d’habitants, pas une seule compagnie d’opĂ©ra continue, ni un seul thĂ©Ăątre continu ; le thĂ©Ăątre n’y produit que des « revues » et des piĂšces de propagande journalistique. »

Comme CĂ©line ou Duhamel, Yockey souligne le rĂŽle du cinĂ©ma : « Pour le reste, il n’y a que le cinĂ©ma et c’est, aprĂšs tout, le moyen le plus puissant de l’uniformisation de l’AmĂ©ricain. »

La peinture et la musique sont remplacĂ©es : « Dans un pays qui a produit West, Stuart et Copley, il n’y a pas un seul peintre de notoriĂ©tĂ© publique qui continue dans la tradition occidentale. Les « abstractions », la folie picturale et le souci de la laideur monopolisent l’art pictural. »

La musique est rarement entendue en AmĂ©rique, ayant Ă©tĂ© remplacĂ©e par le battement de tambour sans culture du noir. Comme le dit un musicologue amĂ©ricain : « Le rythme du jazz, tirĂ© de tribus sauvages, est Ă  la fois raffinĂ© et Ă©lĂ©mentaire et correspond aux dispositions de notre Ăąme moderne. Cela nous excite sans rĂ©pit, comme le battement de tambour primitif du danseur de la priĂšre. Mais il ne s’arrĂȘte pas lĂ . Il doit en mĂȘme temps tenir compte de l’excitabilitĂ© de la psychĂ© moderne. Nous avons soif de stimuli rapides, excitants et en constante Ă©volution. La musique est un excellent moyen d’excitation, syncopĂ©, qui a fait ses preuves. »

Et la littĂ©rature aussi : « La littĂ©rature amĂ©ricaine, qui a produit Irving, Emerson, Hawthorne, Melville, Thoreau et Poe, est aujourd’hui entiĂšrement reprĂ©sentĂ©e par des distorteurs de la culture qui transforment les motifs freudiens et marxistes en piĂšces de thĂ©Ăątre et en romans. »

Famille et religion n’existent dĂ©jĂ  plus (annĂ©es de la rĂ©volution sociĂ©tale Roosevelt) : « La vie de famille amĂ©ricaine a Ă©tĂ© complĂštement dĂ©sintĂ©grĂ©e par le rĂ©gime qui dĂ©forme la culture. Dans le foyer amĂ©ricain habituel, les parents ont en rĂ©alitĂ© moins d’autoritĂ© que les enfants. Les Ă©coles n’appliquent aucune discipline, pas plus que les Ă©glises. La fonction de formation des esprits des jeunes a Ă©tĂ© abdiquĂ©e par tous en faveur du cinĂ©ma. Le mariage en AmĂ©rique a Ă©tĂ© remplacĂ© par le divorce. Ceci est dit sans intention paradoxale. Les statistiques montrent que dans les grandes villes, un mariage sur deux se termine par un divorce. Le pays dans son ensemble, le chiffre est un sur trois. »

La presse sert Ă  manipuler, Ă  prĂ©parer la guerre (pensons Ă  l’Iran, au Venezuela, Ă  la Russie, Ă  la Chine, gros morceaux pourtant, mais rien n’arrĂȘtera nos couillons) : « L’uniformitĂ© est la technique de l’excitation. La presse prĂ©sente chaque jour de nouvelles sensations. Que ce soit un meurtre, un enlĂšvement, un scandale gouvernemental ou une alerte Ă  la guerre, peu importe la raison. Mais, Ă  des fins politiques particuliĂšres, ces derniĂšres sensations sont les plus efficaces. Pour nous prĂ©parer Ă  la Seconde Guerre mondiale, le facteur de distorsion a administrĂ© tous les jours une nouvelle “crise”. Le processus a augmentĂ© jusqu’à ce que la population soit prĂȘte Ă  se fĂ©liciter du dĂ©clenchement de la guerre comme un soulagement de la constante tension nerveuse. Lorsque la guerre est apparue, le distorteur a immĂ©diatement appelĂ© une “guerre mondiale” malgrĂ© le fait que seulement trois puissances politiques Ă©taient engagĂ©es, et les plus forts pouvoirs n’étaient pas impliquĂ©s. »

On tape souvent sur les AmĂ©ricains ou les Anglo-Saxons en oubliant, comme me disait Jean Parvulesco peu avant sa mort, qu’ils avaient d’abord perdu le combat chez eux


Source

Yockey, Imperium, world-outlook, pp. 502-506.

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