Le professeur Kevin McDonald évoque souvent les tendances suicidaires de la race blanche, rendue déprimée par la culpabilisation de son passé raciste ou colonial.

Il refuse selon nous de voir l’évidence dĂ©jĂ  mise en avant par Nietzsche : la race blanche disparaĂźt la premiĂšre – bientĂŽt suivie par la race jaune – parce qu’elle a crĂ©Ă© la premiĂšre le dernier homme de Zarathoustra ; et parce qu’elle a mieux Ă  faire Ă  Disneyland ou aux Seychelles que des projets de civilisation Ă  long terme.

On rappellera Tocqueville, dĂ©jĂ  pas trĂšs optimiste Ă  une Ă©poque oĂč la race blanche est en pleine expansion dĂ©mographique et culturelle : « Je vois une foule innombrable d’hommes semblables et Ă©gaux qui tournent sans repos sur eux-mĂȘmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur Ăąme. Chacun d’eux, retirĂ© Ă  l’écart, est comme Ă©tranger Ă  la destinĂ©e de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espĂšce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est Ă  cĂŽtĂ© d’eux, mais il ne les voit pas ; il les touche et ne les sent point ; il n’existe qu’en lui-mĂȘme et pour lui seul, et, s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie. »

On peut citer ces lignes caractĂ©ristiques d’Edouard Drumont, Ă©crites pourtant en pleine pĂ©riode coloniale : « L’ĂȘtre qui est lĂ  est un moderne, un nihiliste, il ne tient Ă  rien ; il n’est guĂšre plus patriote que les trois cent mille Ă©trangers, que l’aveuglement de nos gouvernants a laissĂ©s s’entasser dans ce Paris dont ils seront les maĂźtres quand ils voudront  »

Et l’on comprend que cet ĂȘtre supporte comme son prĂ©dĂ©cesseur romain (voyez PĂ©trone et JuvĂ©nal !) tout de son gouvernement, impĂŽts, immigration, ce qu’on voudra. Ce n’est pas que cet ĂȘtre soit incapable de temps Ă  temps de se permettre une remarque xĂ©nophobe ou un vote interdit, simplement sa rage ne dure guĂšre, et il retourne Ă  l’écuelle dont parle magnifiquement La BoĂ©tie. Ce n’est pas, dit Fukuyama, que le citoyen lambda de l’État post-historique soit dĂ©pourvu de tendances nationalistes, c’est qu’elles sont brĂšves et plus trĂšs dangereuses.

Il serait d’ailleurs bon de voir l’électeur de Donald Trump sous cet aspect pour Ă©viter d’envisager le pire. L’électeur moyen de Trump n’est pas un Allemand Ă©levĂ© Ă  la dure et encore sous le choc du Diktat de Versailles ; c’est un blanc assez fatiguĂ©, bien content de sacrifier sa libertĂ© Ă  son confort – comme dans la Rome ancienne ou dans le film Rollerball.

Les peuples jeunes ont toujours eu beau jeu de conquérir les peuples vieillissants et prospÚres.

Citons Nietzsche pour terminer : « On travaille encore, car le travail est une distraction. Mais l’on veille Ă  ce que la distraction ne dĂ©bilite point. On ne devient plus ni pauvre ni riche : ce sont deux choses trop pĂ©nibles. Qui voudrait encore gouverner ? Qui voudrait obĂ©ir encore ? Ce sont deux choses trop pĂ©nibles. »

A propos de l'auteur

Nicolas Bonnal

Essayiste et chroniqueur politique, Nicolas Bonnal est l’auteur d’une quinzaine de livres sur la politique, l’identitĂ©, l’initiation et le cinĂ©ma
 Derniers livres parus aux Éditions Dualpha : Le paganisme au cinĂ©ma ; La chevalerie hyperborĂ©enne ; le Graal et Donald Trump, le candidat du chaos. Il est le correspondant d'EuroLibertĂ©s en Espagne.

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