« Le temps ne fait rien Ă  l’affaire » : c’est ce qu’affirmait en 1961 ce cher Brassens lorsqu’il honorait les cons d’une maniĂšre toute personnelle, cons caduques ou cons dĂ©butants, petits cons de la derniĂšre averse, vieux cons des neiges d’antan. Depuis rien n’a vraiment changĂ© mais pourtant


À qui l’opinion dĂ©cerne-t-elle aujourd’hui ce titre prĂ©tendument infamant ? Je prĂ©cise bien « prĂ©tendument », car ĂȘtre bĂȘlĂ© de vieux con par un troupeau de moutons qui n’a mĂȘme pas conscience d’ĂȘtre poussĂ© vers l’abattoir autorise Ă  douter de la pertinence de son jugement. On en viendrait presque Ă  se prĂ©valoir d’un tel qualificatif devenu honorifique pour la circonstance. Georges Courteline n’est pas loin de partager ce point de vue lorsqu’il affirme que passer pour un idiot aux yeux d’un imbĂ©cile est une voluptĂ© de fin gourmet.

Georges Courteline .

Georges Courteline .

Pour illustrer mon propos je me permets d’en appeler Ă  une brochette de cons XO (hors d’ñge, comme le cognac) qui eurent en leur temps la prĂ©tention de se poser en « lanceurs d’alerte » avant mĂȘme que l‘expression ne fĂ»t forgĂ©e. Il n’y a d’ailleurs rien de pire qu’un con solennel et pontifiant, convenez-en


« Lorsque les pĂšres s’habituent Ă  laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leur parole, lorsque les maĂźtres tremblent devant les Ă©lĂšves et prĂ©fĂšrent les flatter, lorsque finalement les jeunes mĂ©prisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autoritĂ© de rien et de personne, alors c’est lĂ , en toute beautĂ© et en toute jeunesse, la naissance de la tyrannie. » Vous voudrez bien m’excuser de ne vous proposer que Platon mais c’est ce que j’ai pour l’instant de plus ancien en magasin.

« Les Gaulois sont des hommes instables, toujours soucieux de changement, peu aptes Ă  l’obĂ©issance mais trĂšs habiles et trĂšs Ă©loquents lorsqu’il s’agit de discuter. »

Comment ce minable cabotin de Jules qui n’a pu que s’auto-attribuer un CĂ©sar en mĂ©tal dorĂ© et des lauriers artificiels dans des thĂ©Ăątres romains de province (aprĂšs avoir d’ailleurs pompĂ© les autres « nominĂ©s »), ose-t-il qualifier ainsi le peuple du glorieux AstĂ©r
 pardon VercingĂ©torix ! Il est vraiment aussi con que prĂ©tentieux ! D’ailleurs, sans le sĂ©rieux coup de pouce d’Uderzo et de Goscinny, qui s’en souviendrait ?

« Je donne le nom de peste Ă  la corruption de l’intelligence, bien plus sĂ»rement qu’à la corruption de l’air qui nous entoure » (Marc AurĂšle, empereur et stoĂŻcien). Philosophe peut-ĂȘtre, stoĂŻque (sic) pourquoi pas, mais c’était bien avant Bernard-Henri LĂ©vy et Emmanuel Macron. Alors


« Les dĂ©sordres sociaux et politiques de ces populations les avaient tellement abruties qu’elles se voyaient sur le point d’ĂȘtre rĂ©duites en esclavage, mais ne s’en effrayaient pas. Les barbares Ă©taient dĂ©jĂ  presque Ă  leur vue sans qu’elles bougeassent, ni songeassent Ă  se fortifier contre eux. Personne ne voulait pĂ©rir et personne nĂ©anmoins ne cherchait les moyens de ne pas pĂ©rir. Tout Ă©tait dans une inaction, une lĂąchetĂ©, une nĂ©gligence inconcevables, l’on ne songeait qu’à boire, Ă  manger et Ă  dormir » (Salvien, prĂȘtre chrĂ©tien romain du Ve siĂšcle). Ah ces curetons ! Toujours les mĂȘmes, des pisse-froid ! « Jouir sans contrainte », voilĂ  la seule clĂ© de la sagesse.

« La ville dĂ©chirĂ©e ne forma plus un tout ensemble ; et, comme on n’en Ă©tait citoyen que par une espĂšce de fiction, qu’on n’avait plus les mĂȘmes magistrats, les mĂȘmes murailles, les mĂȘmes dieux, les mĂȘmes temples, les mĂȘmes sĂ©pultures, on ne vit plus Rome des mĂȘmes yeux, on n’eut plus le mĂȘme amour pour la patrie, et les sentiments romains ne furent plus. »

Montesquieu : « ConsidĂ©rations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur dĂ©cadence ». Pourquoi ne pas remonter jusqu’aux « calandres grecques » (re-sic) ? Quel vieux con !

« La rĂ©volution a mis en circulation des idĂ©es et des valeurs. On peut toutefois se demander si les catastrophes qui se sont abattues sur l’Occident n’ont pas trouvĂ© aussi lĂ  leur origine. On a mis dans la tĂȘte des gens que la SociĂ©tĂ© relevait de la pensĂ©e abstraite, alors qu’elle est faite d’habitudes, d’usages et qu’en broyant ceux-ci sous les meules de la raison, on rĂ©duit les individus Ă  l’état d’atomes interchangeables et anonymes. » LĂ©vi et Strauss ? Ils se sont mis Ă  deux pour nous faire valser sur de pareilles conneries et en plus c’est imbitable. (re-re-sic)

RĂ©jouis-toi, mon vieux Georges, tu n’exagĂ©rais pas. Le temps ne fait dĂ©cidĂ©ment rien Ă  l’affaire. Peut-ĂȘtre aurait-il mĂȘme de nos jours, un effet amplificateur. Quand on est con on est vraiment con.

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