L’expression des volontĂ©s populaires est censĂ©e se traduire Ă  travers la notion d’« opinion publique », puis dans les urnes. C’est le cheminement en trois phases qui aboutit Ă  la dĂ©mocratie reprĂ©sentative Ă©laborĂ©e de notre modernitĂ©.

Qu’est-ce donc alors que l’« opinion publique » ?

Qu’est-ce donc alors que l’« opinion publique » ?

À chaque phase, un sas de dĂ©compression inflĂ©chit, transforme, amende, jusqu’à la travestir, la volontĂ© populaire initiale. C’est un peu comme ce jeu-test qui consiste Ă  prononcer une phrase qui va ĂȘtre transmise de bouche-Ă -oreille Ă  dix personnes autour d’une table. La phrase initiale se transforme en une autre phrase totalement diffĂ©rente arrivĂ©e au dixiĂšme participant.

Ce mode d’« expression » populaire est l’arme redoutable des dĂ©mocraties dites « apaisĂ©es » des États « de droit ». Mode d’expression qui repose sur l’opinion publique et le verdict des urnes en excluant la rĂ©alitĂ© de la volontĂ© populaire. Cette distorsion entre ce qu’on a appelĂ© dans une formule simplifiĂ©e le « pays rĂ©el » et le « pays lĂ©gal », gĂ©nĂšre toutes les incomprĂ©hensions et les conflits qui grĂšvent les dĂ©mocraties occidentales et en assĂšchent l’efficience.

Mais cette distorsion est voulue, souhaitĂ©e et organisĂ©e minutieusement. Le peuple a toujours fait peur et le meilleur moyen de le contourner est de l’anesthĂ©sier progressivement en dressant des Ă©crans, les corps dits intermĂ©diaires, qui fabriquent finalement une opinion publique et des rĂ©sultats Ă©lectoraux qui ne correspondent plus Ă  la rĂ©alitĂ© du peuple. L’opinion publique devient alors la lĂ©gitimation des rĂ©sultats Ă©lectoraux par sa dimension que l’on veut « populaire », en remplacement de la volontĂ© primordiale du peuple.

Qu’est-ce donc alors que l’« opinion publique » ? Ce n’est pas l’opinion du peuple, mais une opinion façonnĂ©e par un certain nombre d’intermĂ©diaires, les mĂ©dias, au sens large du terme. Le peuple dĂ©sordonnĂ© et sans culture, a ainsi besoin de guides, de maĂźtres Ă  penser, d’« assĂ©neurs » de vĂ©ritĂ©s, lĂ©gitimĂ©s par leurs positions ou leurs statuts dans la sociĂ©té : associations, syndicats, professions libĂ©rales, presse, intellectuels, people, Ă©conomistes, cercles d’influence, entre autres rĂ©seaux dont le rĂŽle est de canaliser les rĂ©actions des peuples dans un sens donnĂ©. Les sondages Ă  rĂ©pĂ©tition renforcent le phĂ©nomĂšne en jouant un rĂŽle, ou d’adhĂ©sion, ou de repoussoir, selon les besoins politiques du moment.

Dans ce processus il n’y a rien, en apparence, de politique puisque c’est la sociĂ©tĂ© « civile » qui prĂ©pare le terrain politique, sous un visage de neutralitĂ© et d’intelligence dĂ©sintĂ©ressĂ©e. La grande presse occupe bien sĂ»r une place de choix dans ce systĂšme bien huilĂ© dans lequel les mĂȘmes opinions convergent toutes, dans une belle unanimitĂ© agrĂ©mentĂ©e de quelques nuances de circonstances. Contrairement Ă  ce que veut faire croire la presse, ce n’est absolument pas d’ailleurs sa « liberté » qui est remise en cause, mais son unanimitĂ© avec quelques variantes Ă  la marge, prĂ©tendument apolitique, qui la rend illĂ©gitime. La libertĂ© suppose une rĂ©elle pluralitĂ© d’opinions au mĂȘme niveau de diffusion.

C’est ainsi que se forge l’« opinion publique » dĂ©jĂ  bien Ă©loignĂ©e des volontĂ©s populaires Ă©touffĂ©es par l’intelligence des Ă©lites autoproclamĂ©es. Et les discours politiques officiels consistent d’ailleurs, pour contrecarrer cette analyse qu’instinctivement le peuple pourrait faire, Ă  rĂ©pĂ©ter sans cesse qu’« on ne peut pas tromper le peuple », que « le peuple est intelligent », dans une flagornerie qui, malheureusement, produit trop souvent ses effets.

Puis vient le temps des urnes, avec une accĂ©lĂ©ration de l’activitĂ© des rĂ©seaux d’opinion publique, et l’entrĂ©e en scĂšne des politiques, qui ne sont plus que les courroies de transmission de la « sociĂ©tĂ© civile », et qui vont utiliser des slogans simplificateurs en conclusion du travail prĂ©paratoire de leurs rĂ©seaux d’influence sociĂ©taux et mĂ©diatiques. Discours manichĂ©ens Ă  visĂ©e culpabilisante et qui attisent la peur, devenue le moteur de la nouvelle idĂ©e politique des dĂ©mocraties occidentales.

Mais les urnes se vident et l’expression populaire supposĂ©e ne se manifeste plus qu’à hauteur d’une moitiĂ© environ d’un peuple qui les dĂ©serte, comme une preuve d’un sursaut dĂ©mocratique, Ă  l’inverse de l’analyse qui en est faite par les doctes spĂ©cialistes objectifs. L’abstention est la rĂ©elle expression d’une volontĂ© populaire que tous les moyens employĂ©s pour l’occulter, ne rĂ©ussissent plus Ă  faire taire. C’est dans le silence assourdissant des urnes que rĂ©side, pour une large part tout au moins, l’opinion dĂ©sabusĂ©e du peuple.

Dans ce paysage dĂ©mocratique sophistiquĂ©, affirmer que le populisme est « simpliste », « grossier », « dangereux », « inintelligent », « illibĂ©ral » et l’ennemi de la dĂ©mocratie et de l’État de droit, est bien la dĂ©fense d’un systĂšme qui a mis tant de temps Ă  mettre en place une « opinion publique » et des procĂ©dĂ©s Ă©lectoraux pour faire taire le peuple « grossier, simpliste, dangereux, inintelligent, illibĂ©ral » et mieux en trahir les volontĂ©s.

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A propos de l'auteur

Richard Dessens

Enseignant pendant plusieurs annĂ©es dans une Ă©cole prĂ©paratoire aux concours d’entrĂ©e aux IEP et Écoles de journalisme, Richard Dessens crĂ©e et dirige parallĂšlement une troupe de thĂ©Ăątre dans la rĂ©gion de Montpellier. Docteur en droit, DEA de philosophie et licenciĂ© en histoire, il est l’auteur d’ouvrages de philosophie et d’histoire des idĂ©es politiques, de relations internationale. Il a entres autres livres publiĂ© aux Ă©ditions Dualpha "Henri Rochefort ou la vĂ©ritable libertĂ© de la presse", "La dĂ©mocratie interdite" et "Histoire et formation de la pensĂ©e politique".

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