Des États-Nations Ă  bout de souffle. Des antagonismes, des fractures, des fossĂ©s, des dĂ©calages, des incomprĂ©hensions qui se creusent entre Paris et les provinces, entre les mĂ©tropoles renforcĂ©es et les campagnes dĂ©jĂ  agonisantes, entre les janissaires parisiens et mĂ©diatiques, et le peuple en dĂ©shĂ©rence, cantonnĂ© dans un rĂŽle d’électeurs-prĂ©texte et manipulables pour les ambitions de quelques-uns.

Tableau peu Ă  peu, mais encore partiellement, dessinĂ© par nos observateurs sur la forme mais dĂ©niĂ© sur le fond. Le peuple n’est pas incompris des Ă©lites, le peuple est seulement mal Ă©duquĂ© et victime d’une mauvaise communication. Les Ă©lites dĂ©tiennent la VĂ©ritĂ©, et le peuple est trompĂ© par les dĂ©magogues de bas Ă©tage. Tel est le discours rĂ©current et martelĂ© par les dirigeants politiques et mĂ©diatiques. Discours qui fonctionne parfaitement depuis longtemps lorsque l’on constate que M. Macron a Ă©tĂ© Ă©lu par les 2/3 des Français en mai 2017. Les Français ont donc les dirigeants qu’ils ont voulus et qu’ils mĂ©ritent, dĂšs lors que la rĂ©alitĂ© prĂ©visible avait Ă©tĂ© annoncĂ©e mais n’avait convaincu qu’un tiers des Ă©lecteurs.

Populisme

Mais le fond de la question est bien plus profond que les gesticulations embarrassĂ©es et trompeuses des uns et des autres. Les fractures multiples qui traversent la France, transversales et au-delĂ  des rivalitĂ©s apparentes partisanes d’ailleurs discrĂ©ditĂ©es, dĂ©montrent l’implosion d’un État -Nation qui aprĂšs s’ĂȘtre voulu unitaire ne porte plus que les dĂ©pouilles de ses ambitions perdues.

Les distorsions entre Ă©lites et peuple sont devenues ingĂ©rables. Les rĂ©formes successives des collectivitĂ©s territoriales en constituent une phase exemplaire. Les cellules de base de la sociĂ©tĂ©, et notamment celle de la ruralitĂ© et des villes de moins de 10 000 habitants, reprĂ©sentent la grande majoritĂ© des Français. Ces cellules de base sont les communes qui sont l’objet d’une volontĂ© de disparition depuis des annĂ©es, au prĂ©texte que 36 000 communes sont incompatibles avec les enjeux europĂ©ens et Ă  elles seules forment la moitiĂ© de la totalitĂ© des communes en Europe. Aberration technocratique. À force de raisonner au niveau europĂ©en voire mondial, on en oublie les fondamentaux des valeurs humaines.

La crĂ©ation souvent au forceps des EPCI, aux dirigeants anonymes, qui ne laissent plus aux petites communes qu’un souvenir de compĂ©tences pour organiser leur vivre-ensemble, dĂ©truit le lien social qui survivait encore dans un ocĂ©an d’anonymat technocratique, financier, europĂ©anisĂ© et mondialisĂ©. Le « bonheur ne doit plus ĂȘtre dans le pré » mais dans des mĂ©tropoles grisĂątres, gigantesques, automatisĂ©es et impersonnelles. Les pouvoirs socialisants du maire sont remplacĂ©s par des VĂ©ritĂ©s absolues dĂ©tenues et imposĂ©es par des Ă©lites idĂ©ologiques qui ne s’intĂ©ressent qu’à des problĂšmes mondialisĂ©s bien au-dessus des prĂ©occupations du petit peuple.

Aux distorsions s’ajoutent donc des oppositions qui resurgissent, de plus en plus tranchĂ©es, entre les grandes villes et la ruralitĂ© ou la semi-ruralitĂ©, entre les riches, de plus en plus riches, et les pauvres, de plus en plus pauvres, entre les religieux de la mixitĂ© migratoire et ceux qui s’accrochent Ă  leurs identitĂ©s ancestrales avec l’énergie du dĂ©sespoir et leurs mots malhabiles.

L’État-Nation ne repose plus sur aucune base solide non plus que sur un quelconque consensus « national ». L’hypercentralisation parisienne et surtout Ă©lysĂ©enne des dĂ©cisions de toutes sortes fabrique une nouvelle Fronde sourde dans les provinces, leurs peuples et leurs identitĂ©s. L’État-Nation ne rĂ©pond plus aux besoins des peuples tant l’idĂ©e mĂȘme de vivre-ensemble s’est effondrĂ©e dans la disparition de la dĂ©mocratie rĂ©elle, dans la toute-puissance des Ă©lites, dans le triomphe du droit sur la politique, dans l’invasion migratoire depuis cinquante ans, dans une Europe Ă©conomico-financiĂšre aux vellĂ©itĂ©s mondialistes, dans l’humiliation des « petites gens », rĂ©cemment nommĂ©es les « sans-dents » par un PrĂ©sident sĂ»rement visionnaire.

Les trois couleurs de l’État-Nation vermoulu sont celles d’un lointain passĂ© rĂ©volu et ne sont plus que le rouge de la discorde, le blanc de la lĂąchetĂ© et le bleu d’une Europe de la dislocation des peuples.

RĂ©concilier les Ă©nergies, redonner un espoir aux humiliĂ©s, restaurer un rĂ©el pouvoir local, rendre Ă  la politique ses vertus d’harmonie et de bien-vivre, en relation avec les hommes et les nĂ©cessitĂ©s de la Nature, passent par la destruction de l’État-Nation et la crĂ©ation d’États-RĂ©gions autonomes dans une grande Europe des peuples. Au lieu d’implorer l’État central et M. Macron, comme le faisaient jadis les serfs pour « notre maĂźtre », on attendrait plutĂŽt que dans les manifestations fleurissent les Ă©tendards des provinces au lieu des drapeaux français, symboles justement de cet État central et de la soumission Ă  « notre maĂźtre » parisien.

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A propos de l'auteur

Richard Dessens

Enseignant pendant plusieurs annĂ©es dans une Ă©cole prĂ©paratoire aux concours d’entrĂ©e aux IEP et Écoles de journalisme, Richard Dessens crĂ©e et dirige parallĂšlement une troupe de thĂ©Ăątre dans la rĂ©gion de Montpellier. Docteur en droit, DEA de philosophie et licenciĂ© en histoire, il est l’auteur d’ouvrages de philosophie et d’histoire des idĂ©es politiques, de relations internationale. Il a entres autres livres publiĂ© aux Ă©ditions Dualpha "Henri Rochefort ou la vĂ©ritable libertĂ© de la presse", "La dĂ©mocratie interdite" et "Histoire et formation de la pensĂ©e politique".

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