Deux rĂ©centes affaires criminelles particuliĂšrement odieuses, viennent de remettre en selle l’opportunitĂ© ou non du rĂ©tablissement de la peine capitale, sachant que, de toute façon, un tel mode d’exĂ©cution des criminels ne pourrait ĂȘtre rĂ©tabli qu’aprĂšs une dĂ©nonciation des conventions europĂ©ennes.

Ensuite ces derniĂšres, compte tenu de leur « sensibilité », ne pourraient ĂȘtre invalidĂ©es que par un vote populaire. Et lĂ , il faudrait avoir dĂ©jĂ  rĂ©formĂ© la constitution pour que l’on puisse organiser une consultation rĂ©fĂ©rendaire sur un tel sujet de sociĂ©tĂ©, ce qui n’est pas le cas actuellement, avant de modifier la loi.

Une « punition », vraiment ?

Supposons que ces obstacles juridiques importants soient levĂ©s, quels avantages y auraient-ils Ă  rĂ©tablir la peine capitale pour sanctionner des crimes particuliĂšrement horribles, commis par des assassins ayant manipulĂ© l’opinion publique ?

Tout le monde se souvient du cynisme d’un Patrick Henry interviewĂ© Ă  Troyes par la tĂ©lĂ©vision, s’indignant de la disparition d’une petite victime alors qu’il savait trĂšs bien qui Ă©tait le coupable, – lui-mĂȘme ! –, ou, encore, de la duplicitĂ© de cette mĂšre de famille de Clermont-Ferrand inventant « l’évaporation » de sa petite fille dans un jardin public.

Autres affaires, avec derniĂšrement la disparition d’Alexia Daval le 28 octobre 2017, une joggeuse assassinĂ©e Ă  Gray en Haute-SaĂŽne par son mari, qui a jouĂ© pendant plus de trois mois la comĂ©die auprĂšs des siens, ou celle de MaĂ«lys, tuĂ©e dans l’IsĂšre dans la nuit du 26 au 27 aoĂ»t dernier par l’un des convives d’un mariage Ă  laquelle elle assistait avec ses parents. Ces deux crimes ont bouleversĂ© la France profonde. Dans tous ces cas, les assassins ont jouĂ© avec les proches, la presse, les enquĂȘteurs, mentant effrontĂ©ment, se joignant mĂȘme aux recherches avec une cynique hypocrisie.

Y a-t-il des circonstances attĂ©nuantes pour de pareils monstres ? Dans l’état actuel de l’échelle des peines, que risquent-ils ? Une perpĂ©tuitĂ© assortie d’une peine dite « incompressible » de 20/25 ans, c’est selon ? Sachant que des remises de peines pour « bonne conduite » ou pour cause de maladie sont toujours possibles. C’est inacceptable. C’est pourquoi l’application de la peine de mort reprĂ©senterait, elle, un avantage, disons
 dĂ©finitif !

Quatre bonnes raisons

La premiĂšre, c’est la sanction suprĂȘme pour une faute impardonnable.
La seconde, c’est l’exemplaritĂ© de la peine qui, quoi qu’on en dise, refroidirait l’ardeur de quelques imitateurs tentĂ©s de commettre, eux aussi, l’irrĂ©parable.

La troisiĂšme, c’est la certitude d’une non-rĂ©cidive, car certains condamnĂ©s « à la perpĂ©tuité » ressortent de prison, bien souvent, avant d’ĂȘtre des vieillards repentis, et recommencent leur cycle criminel.

La quatriĂšme, c’est une saine mesure Ă©conomique : point de frais d’internement !

L’affreuse guillotine inventĂ©e Ă  une Ă©poque, comme aurait dit Georges Pompidou dans d’autres circonstances, « oĂč les Français ne s’aimaient pas », pourrait ĂȘtre avantageusement remplacĂ©e par une injection lĂ©tale comme cela se pratique dans nombre d’États amĂ©ricains. Un pays, aux derniĂšres nouvelles, classĂ© parmi les « dĂ©mocraties », non ?

Une Justice « juste », doit ĂȘtre rendue au nom du peuple

Or, que constate-t-on aujourd’hui ? De plus en plus de magistrats ont les yeux de ChimĂšne pour les coupables qui sont des victimes de la sociĂ©tĂ©, on connaĂźt le fameux « l’homme est bon, c’est la sociĂ©tĂ© qui le corrompt. »

Avec ce raisonnement celui, probablement, des membres du Syndicat de la magistrature notamment, – ceux qui s’amusaient avec le fameux « mur des cons » –, le sort de la victime passe au second plan. Heureusement, c’est encore l’USM qui est majoritaire chez les robes noires et pourpres.

Le hasard a fait que j’ai Ă©tĂ© jurĂ© titulaire-supplĂ©ant dans une Cour d’assises. (Fonction trĂšs frustrante, car on participe de bout en bout aux dĂ©bats sans avoir le droit de vote).

J’avais pu remarquer dans ce cas prĂ©cis le travail remarquable de la PrĂ©sidente, mais aussi l’influence Ă©norme des juges professionnels sur les jurĂ©s. Étant « le muet du sĂ©rail », je ne pouvais mettre mon
 « grain de sel » pour faire dĂ©vier les perspectives de la sanction. Tout dĂ©pend donc, en fait, du professionnalisme des magistrats et, in fine, qu’on le veuille ou non, de leurs inclinations idĂ©ologiques ou philosophiques, mĂȘme s’ils s’efforcent de suivre le Code pĂ©nal.

Est-ce Ă  dire que le systĂšme amĂ©ricain de juges Ă©lus par les citoyens serait meilleur ? Je ne me prononce pas, n’ayant pas assez de recul ni d’expĂ©rience en matiĂšres judiciaire et juridique. Mais force est de constater que depuis l’action de Robert Badinter Ă  la tĂȘte du ministĂšre de la justice sous l’ùre de François Mitterrand(1) et l’abolition de la peine capitale, toute l’architecture des peines appliquĂ©es s’est trouvĂ©e bouleversĂ©e dans un sens plus laxiste.

« On » nous avait vendu l’abolition par son remplacement par la prison Ă  perpĂ©tuitĂ©. Or, les abolitionnistes nous disent aujourd’hui que tout le monde a droit Ă  la rĂ©demption, Ă  une « deuxiĂšme chance » – en ont-ils laissĂ©, eux, les criminels, une deuxiĂšme chance Ă  leurs victimes ? –, et que des hommes ou femmes enfermĂ©s Ă  vie seraient des dĂ©mons incontrĂŽlables. Les ChrĂ©tiens diront que c’est la seule justice de Dieu qui compte et que tout pĂ©cheur a droit au rachat.

Une peine de substitution effective et radicale !

La cause est entendue, et pour le moment, le couperet a Ă©tĂ© remisé au magasin des accessoires obsolĂštes. Mais la pire des solutions est celle qui existe. Elle va Ă  l’encontre d’une sociĂ©tĂ© paisible que nous appelons de nos vƓux. Car, faute d’une vraie justice condamnant sĂ©vĂšrement, mais avec Ă©quitĂ©, tout criminel, il est possible, qu’un jour, l’homme de la rue rĂšgle lui-mĂȘme ses comptes, ce qui nous conduirait Ă  la loi du lynchage. (Nous l’avons observĂ© dans un prĂ©toire allemand !).

Tout se discute donc, actuellement, autour de la peine de remplacement. Pour l’honneur de la justice, pour le respect de la mĂ©moire des victimes, pour apaiser la peine de leurs familles et pour le condamnĂ© lui-mĂȘme, il faudrait que cette peine de substitution ne soit pas un purgatoire dorĂ©, sorte d’antichambre d’une libertĂ© conditionnelle Ă  terme, mais le chĂątiment quotidien d’une faute Ă  expier que seule la loi naturelle interromprait. Aux derniĂšres nouvelles, il n’en est rien. La prison Ă  vie, ça n’existe plus. Non seulement les partisans de la suppression de la peine capitale ont gagnĂ©, mais, en plus, ils ont aboli aussi la perpĂ©tuitĂ©. La Droite nationale s’honorerait de rĂ©flĂ©chir sur ce sujet et d’imaginer, faute de pouvoir juridiquement rĂ©tablir la sanction suprĂȘme, un systĂšme pĂ©nitentiaire radical pour les criminels les plus odieux, terroristes compris.

Un « Guantanamo à la française », une prison « à murs ouverts », en Terre Adélie ou aux ßles Kerguelen, par exemple ?

Note

(1) Lequel, lorsqu’il Ă©tait ministre de l’intĂ©rieur sous la IVe RĂ©publique pendant la guerre d’AlgĂ©rie, n’avait pas hĂ©sitĂ© Ă  laisser nombre de condamnĂ©s du FLN subir le chĂątiment suprĂȘme !

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A propos de l'auteur

Jean-Claude Rolinat

Jean-Claude Rolinat a Ă©tĂ© successivement cadre administratif, documentaliste et journaliste dans la presse d’opinion. Il a publiĂ© plusieurs ouvrages consacrĂ©s Ă  l’histoire contemporaine et rĂ©digĂ© les biographies du gĂ©nĂ©ral Peron (Argentine), du marĂ©chal Mannerheim (Finlande), et de Ian Smith (RhodĂ©sie). Dernier livre paru : "Le Canada français, de Jacques Cartier au gĂ©nocide tranquille" (avec RĂ©mi Tremblay, Ă©ditions Dualpha).

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