Dans un article de la journaliste Catalina Guerrero, paru sur le site EurActiv en septembre, comme dans son nouveau livre, le philosophe français Sami NaĂŻr, ancien dĂ©putĂ© europĂ©en du groupe « communistes et apparentĂ©s » (MDC de Jean-Pierre ChevĂšnement), ne propose ni plus ni moins qu’un « passeport de transit » pour les rĂ©fugiĂ©s, estimant en effet que l’UE se trouve Ă  la croisĂ©e des chemins entre la civilisation et la « barbarie », sans nĂ©anmoins prĂ©ciser la nature et l’origine de cette barbarie (sans guillemets, pour autant nous pensions Ă  la mĂȘme).

Aussi, sociologue et professeur, Sami NaĂŻr est acceptĂ© comme un spĂ©cialiste de la migration et a Ă©tĂ© le premier Ă  utiliser le terme idĂ©alisĂ© de « co-dĂ©veloppement ». Alors qu’il considĂšre, qu’en termes de migration, il ne s’agit pas seulement de rĂ©soudre un problĂšme immĂ©diat, mais aussi un « problĂšme de civilisation » pour lequel il faut « savoir quelle civilisation nous voulons », nous pourrions lui rĂ©pondre que les EuropĂ©ens, comme tous les autres, veulent sauvegarder leur civilisation, sans Ă©gale dans le monde, pour ce qui est du respect de l’ĂȘtre humain, c’est ce que nous voulons et que le problĂšme des migrants ne se poserait certainement pas avec une telle acuitĂ©, si les pays arabo-musulmans assumaient leurs devoirs moraux et leur proximitĂ© culturelle avec les rĂ©fugiĂ©s, en les accueillant, comme il se devrait.

La proposition de passeport de Monsieur NaĂŻr aurait, dit-on, pour objectif d’encourager la circulation au sein de l’Europe, en particulier dans l’espace Schengen, et permettrait aux rĂ©fugiĂ©s de trouver un pays prĂȘt Ă  les accueillir, au lieu de les condamner Ă  « se noyer quelque part, sans solution ni perspectives d’avenir. »

Pourquoi encourager la circulation des migrants au sein de l’Europe et non dans les pays arabes et sur d’autres continents, si ce n’est en raison de l’attractivitĂ© sociale de l’Europe ? Pourquoi les migrants auraient-ils pour destin de se « noyer », alors que leur Ă©tat premier est d’ĂȘtre des rĂ©fugiĂ©s et d’avoir donc vocation, Ă  un moment, Ă  retourner chez eux ?

Faut-il une fois encore rappeler Ă  notre interlocuteur que 65 % des rĂ©fugiĂ©s ne viennent pas de Syrie, qu’une faible partie d’entre eux est chrĂ©tienne et que l’humanisme de l’Europe, unique au monde, ne saurait accepter les stigmates d’une invasion dĂ©guisĂ©e, visant Ă  un changement dĂ©mographique, de la nature des peuples europĂ©ens et donc Ă  une Ă©radication programmĂ©e de leurs cultures ; donner des leçons, dans une situation de confort, c’est bien ; balayer devant sa porte, c’est mieux.

Sami NaĂŻr prĂ©cise aussi dans l’interview, que les États-Unis et le Royaume-Uni, puissances en partie responsables du dĂ©sĂ©quilibre dans ses rĂ©gions, devraient ĂȘtre pris davantage en compte, y compris dans la crise des rĂ©fugiĂ©s. On peut Ă©piloguer longtemps sur les responsabilitĂ©s de chacun, mais bien moins sur l’irresponsabilitĂ© complĂšte, manichĂ©enne, des États de la pĂ©ninsule arabique, qui financent pour certains d’entre eux Daesh, tout en exigeant l’aide des deux mĂȘmes puissances, lorsqu’ils Ă©taient menacĂ©s par l’Irak de Saddam Hussein, tout en pratiquant un antagonisme homme-femme indigne et sectaire au XXIe siĂšcle.

Quant Ă  l’AlgĂ©rie, pays d’origine de Sami NaĂŻr, elle brille par son silence et son inaction dans cette crise des migrants et par ses imams, qui refusent et condamnent les conversions de musulmans au christianisme.

Sans aucun dĂ©but de preuve ou d’argumentation, notre interlocuteur affirme aussi que l’Union europĂ©enne serait toujours en mesure de gĂ©rer cette crise et qu’un territoire hĂ©bergeant une population d’environ 513 millions de personnes peut « absorber » l’afflux des rĂ©fugiĂ©s.

« Que reprĂ©sentent quatre ou cinq millions de rĂ©fugiĂ©s, syriens, afghans, Ă©rythrĂ©ens, irakiens ou autres, dans une population de plus de 500 millions d’EuropĂ©ens ? Rien du tout », estime le penseur.

Si l’on souhaitait la disparition de l’Europe comme rĂ©gion calme, on ne parlerait pas autrement et Monsieur Sami NaĂŻr feint d’oublier que l’Europe connaĂźt dĂ©jĂ  une population de 52 millions de musulmans, sans mĂȘme prendre en considĂ©ration les 1,5 million d’immigrĂ©s arrivĂ©s en Allemagne en 2015 et les 300 000 immigrĂ©s clandestins arrivĂ©s dans l’Union europĂ©enne, la mĂȘme annĂ©e.

Notre interlocuteur insiste encore, en rappelant qu’à ce jour, l’Europe a accueilli 0,7 % des rĂ©fugiĂ©s relocalisĂ©s, alors que la Turquie a absorbĂ© 12 % d’entre eux, et qu’au Liban une personne sur cinq est un rĂ©fugiĂ©.

Sami NaĂŻr semble oublier les Ă©vidences de la gĂ©ographie et de l’histoire : quoi de plus normal que les rĂ©fugiĂ©s soient accueillis par les pays les plus proches, de mĂȘme origine, de mĂȘme culture, de mĂȘme religion.

En quoi l’Europe serait-elle responsable des guerres du Moyen-Orient ? En quoi devrait-elle assumer toute la misĂšre du monde, alors que la premiĂšre des motivations de ces « invasions barbares » massives et dĂ©sormais rĂ©guliĂšres, est l’attractivitĂ© des aides sociales, pour certains un impĂ©rialisme religieux et sectaire, mais certainement pas le souci de s’intĂ©grer en acceptant la civilisation du lieu d’accueil et les efforts permanents qu’il suppose, alors mĂȘme, au vu des rĂ©cents Ă©vĂšnements en Allemagne et ailleurs encore, que nombre de ces immigrants illĂ©gaux, rejettent et rejetteront les fondamentaux de notre culture chrĂ©tienne et laĂŻque ?

Sami NaĂŻr, poursuit ses recommandations en ajoutant qu’il est fondamental que le public apprenne la « vĂ©rité » et que les rapports des organisations internationales, comme le Fonds monĂ©taire international (FMI) ou l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui soulignent les effets Ă©conomiques positifs de l’arrivĂ©e des rĂ©fugiĂ©s, soient placĂ©es au premier plan.

Bien qu’ayant siĂ©gĂ© comme dĂ©putĂ© europĂ©en, dans un groupe pour le moins peu adepte de libĂ©ralisme et de libre-Ă©changisme, notre interlocuteur ne s’attarde plus sur les « terribles » mĂ©faits de ces deux derniers, comme « l’exploitation des masses par le grand capital », mais se fait l’alliĂ© de la destruction voulue par certains cercles et certaines Ă©lites mondialistes de tout obstacle au « business as usual », Ă  commencer par les nations, les cultures et les identitĂ©s de chaque peuple.

Parlant de l’intĂ©gration, le sociologue assure qu’il n’a connaissance « d’aucun exemple d’immigration » qui ne se serait pas intĂ©grĂ©e aprĂšs une, deux, trois, voire quatre gĂ©nĂ©rations. La diversitĂ© est « une loi fondamentale de l’humanité », explique-t-il, feignant d’oublier qu’en France, en Belgique, en Allemagne, aux Pays-Bas, l’intĂ©gration a parfaitement fonctionnĂ© avec des populations proches, Ă  tout point de vue et que c’est un Ă©chec manifeste et patent lorsque les populations exogĂšnes sont de plus en plus nombreuses et font le choix toujours plus fort du communautarisme religieux et Ă©conomique et d’un rejet croissant des valeurs et de la tolĂ©rance des pays d’accueil.

Monsieur NaĂŻr a-t-il oubliĂ© ce qu’il advint de la « perle de l’Orient », le Liban, lorsque l’équilibre dĂ©mographique et religieux fut rompu, alors que ses populations avaient la mĂȘme origine ethnique ?

Sami NaĂŻr admet nĂ©anmoins qu’il y a eu un amalgame de la « peur de l’étranger », la crise Ă©conomique et d’autres facteurs utilisĂ©s par des mouvements contestataires xĂ©nophobes pour affaiblir les partis politiques traditionnels, aboutissant Ă  des consĂ©quences dramatiques. Il nous faut le rassurer, leur passĂ©, prouve Ă  satiĂ©tĂ© que la France et l’Europe, sont probablement les seules rĂ©gions d’Europe, qui n’ont pas eu peur et qui n’ont pas « peur de l’étranger », au contraire de ce que prĂ©tendent les mĂ©dias et certains lobbies, comme le prouve, une fois encore, la gĂ©nĂ©rositĂ© actuelle du continent europĂ©en.

Il est certainement temps d’expliquer Ă  notre sociologue qu’il existe une diffĂ©rence majeure, entre gentillesse et faiblesse, entre tolĂ©rance et dĂ©cadence.

Pour finir, notre interlocuteur s’en prend Ă  Jean-Claude Juncker, prĂ©sident de la Commission europĂ©enne. Il juge en effet que sa Commission n’est « pas Ă  la hauteur de la tĂąche » !

Ainsi donc Ă  ses yeux, il n’est de grĂące pour personne, alors mĂȘme que le PrĂ©sident de la Commission europĂ©enne est frĂ©quemment l’objet d’attaques de nombre de rĂ©seaux populistes ! Ainsi donc l’Europe n’en ferait jamais assez !

Et l’accueil qu’elle lui rĂ©serva, au travers de la France, sa terre d’accueil, devrait ĂȘtre gĂ©nĂ©ralisĂ© sans limite, au risque de disparaĂźtre, sinon de connaĂźtre, un conflit gĂ©nĂ©ralisé ?

Enfin, Sami NaĂŻr considĂšre que « la seule façon d’assurer que l’Europe ne soit pas perdue est de recommencer Ă  zĂ©ro. Pas d’un point de vue Ă©conomique, mais d’un point de vue politique, il faut construire une union politique entre les États europĂ©ens, avec des objectifs politiques communs bien dĂ©finis et en incluant ceux qui veulent ĂȘtre impliquĂ©s et en laissant derriĂšre ceux qui ne le veulent pas. C’est la seule solution. »

De telles propositions fumeuses – et qui attestent que son passage au Parlement europĂ©en ne lui a pas permis de saisir la subtilitĂ© des nĂ©gociations europĂ©ennes – laisseraient pantois, si elles ne semaient des ferments de division et d’affrontement, dont l’Europe n’a nul besoin en ce moment !

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