Par Olivier Bault.

Union europĂ©enne – Salvini a, au moins pour le moment, Ă©chouĂ© dans sa tentative pour dĂ©clencher de nouvelles Ă©lections en Italie. Des Ă©lections qui lui auraient sans nul doute permis de devenir le nouveau Premier ministre d’un gouvernement de coalition de droite dominĂ© par la Ligue. L’ancien partenaire « anti-systĂšme » de la Ligue, le Mouvement 5 Ă©toiles (M5S), est parvenu contre toute attente Ă  former une coalition avec le Parti dĂ©mocrate (PD) des anciens Premiers ministres Matteo Renzi et Paolo Gentiloni. Face aux sondages, les deux partis Ă©taient prĂȘts Ă  tout pour Ă©viter de nouvelles Ă©lections lĂ©gislatives. Ainsi, en septembre, l’Italie a changĂ© de camp sur le front de l’immigration et elle a dĂ©cidĂ©, en mĂȘme temps que Malte, de soutenir le nouveau plan franco-allemand pour la relocalisation des migrants. Combien de temps ce deuxiĂšme gouvernement Conte peut durer est une autre affaire, en particulier si l’immigration illĂ©gale continue de croĂźtre comme c’est le cas depuis la rĂ©ouverture des ports italiens. Des tensions se font dĂ©jĂ  sentir entre les partenaires de la nouvelle coalition puisque, confrontĂ© au rejet du plan franco-allemand par une majoritĂ© des pays de l’UE et aussi aux restrictions posĂ©es Ă  ce plan de relocalisation par la France et l’Allemagne elles-mĂȘmes, le M5S rĂ©siste aux appels du PD en faveur de politiques encore plus favorables aux immigrants illĂ©gaux. Pendant ce temps, l’immigration depuis la Turquie vers la GrĂšce augmente rapidement, et le spectre d’une nouvelle crise migratoire dans les Balkans pointe Ă  nouveau Ă  l’horizon, avec un prĂ©sident turc qui menace d’envoyer des millions de rĂ©fugiĂ©s vers l’Europe.

Le nouveau plan de relocalisation franco-allemand rejeté par le Conseil

En juillet, quelques jours seulement aprĂšs que les 28 avaient Ă©chouĂ© Ă  se mettre d’accord sur un plan d’action commun au Conseil Justice et Affaires intĂ©rieures d’Helsinki, le prĂ©sident français Emmanuel Macron, Ă  la sortie d’une rĂ©union informelle d’une « coalition des pays de bonne volontĂ© » Ă  Paris, annonçait que 14 pays, y compris le duo franco-allemand, avaient convenu de participer Ă  un nouveau mĂ©canisme de relocalisation automatique dont la vocation Ă©tait de remplacer le dĂ©funt mĂ©canisme de relocalisation obligatoire. Cependant, il a Ă©tĂ© aussi dit que seuls 8 de ces pays avaient acceptĂ© de participer « activement » Ă  cette redistribution automatique : la France, l’Allemagne, la Finlande, le Luxembourg, le Portugal, la Lituanie, la Croatie et l’Irlande. Les six autres pays n’ont mĂȘme pas Ă©tĂ© nommĂ©s. À ce stade, l’Italie et Malte proposaient un plan concurrent qui mettait l’accent sur la protection des frontiĂšres extĂ©rieures de l’UE au lieu de se concentrer sur la relocalisation des demandeurs d’asile rĂ©cupĂ©rĂ©s en MĂ©diterranĂ©e. Le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, annonçait pour septembre une nouvelle rĂ©union dans la capitale de son pays, La Valette, entre les ministres de l’IntĂ©rieur de France, d’Allemagne, d’Italie et de Malte. Lorsque cette rĂ©union a eu lieu le 23 septembre, l’Italie avait dĂ©jĂ  un nouveau gouvernement et Salvini n’était plus ministre de l’IntĂ©rieur et vice-Premier ministre. À La Valette, les quatre pays ont donc semblĂ© se mettre d’accord sur le plan de redistribution franco-allemand puisqu’ils ont signĂ© une « dĂ©claration d’intention conjointe sur une procĂ©dure d’urgence contrĂŽlĂ©e – engagements volontaires des États membres en faveur d’un mĂ©canisme de solidaritĂ© temporaire prĂ©visible ». NĂ©anmoins, les Français et les Allemands ont insistĂ© pour que ce plan de relocalisation rebaptisĂ© « mĂ©canisme de solidaritĂ© temporaire » ne s’applique qu’aux immigrants illĂ©gaux susceptibles d’obtenir l’asile. Or seule une minoritĂ© des immigrants dĂ©barquĂ©s dans les ports italiens rĂ©pondent Ă  ce critĂšre. En outre, le plan franco-allemand ne concernait que les immigrants illĂ©gaux dĂ©barquĂ©s par les navires des ONG et des marines europĂ©ennes, Ă  l’exclusion de ceux qui font la traversĂ©e avec les moyens fournis par les passeurs, comme c’est le cas par exemple pour une partie des immigrants arrivant depuis la Tunisie sur l’üle italienne de Lampedusa. DĂšs aprĂšs la rĂ©union de La Valette, l’opposition italienne estimait donc que le gouvernement Conte II s’était fait avoir et n’avait en rĂ©alitĂ© pas obtenu grand-chose de nouveau. Pour empirer les choses, juste avant la prĂ©sentation de ce plan aux autres pays de l’UE lors du Conseil qui devait se tenir Ă  Luxembourg le 8 octobre, le ministre allemand de l’IntĂ©rieur, Horst Seehofer, a prĂ©venu que le plan convenu Ă  La Valette ne s’appliquerait qu’à la condition que l’immigration illĂ©gale n’augmente pas trop. Si le nombre d’immigrants venait Ă  s’accroĂźtre fortement, a prĂ©venu Seehofer, alors le nouveau plan de relocalisation serait suspendu car il n’avait pas pour but de devenir un facteur d’attraction de plus. Une telle possibilitĂ© est en fait prĂ©vue dans le dernier paragraphe de la dĂ©claration conjointe de La Valette, mais en le rĂ©affirmant Ă  haute voix juste avant le Conseil de Luxembourg, Seehofer a rendu les Italiens furieux et a en mĂȘme temps implicitement reconnu le bien-fondĂ© d’un des principaux arguments avancĂ© contre la relocalisation depuis 2015 par le Groupe de VisegrĂĄd (aussi appelĂ© V4 : Pologne, TchĂ©quie, Slovaquie et Hongrie), Ă  savoir que la relocalisation des immigrants dans toute l’UE risque de devenir un facteur d’attraction supplĂ©mentaire pour l’immigration illĂ©gale. Dans un tel contexte, les menaces de sanctions financiĂšres du prĂ©sident Macron, formulĂ©es aprĂšs la rĂ©union de juillet Ă  Paris et aprĂšs celle de septembre Ă  La Valette contre les pays qui refuseraient de participer Ă  ce mĂ©canisme franco-allemand « volontaire », ne paraissaient pas trĂšs sĂ©rieuses. Et il semble d’ailleurs qu’elles n’aient pas Ă©tĂ© prises au sĂ©rieux Ă  la rĂ©union du 8 octobre Ă  Luxembourg. En effet, seuls trois pays ont apportĂ© leur soutien actif au plan adoptĂ© le 23 septembre par l’Allemagne, la France, l’Italie et Malte : l’Irlande, le Luxembourg et le Portugal. Cinq autres pays – la Croatie, la SlovĂ©nie, la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie – ont acceptĂ© le principe d’avoir Ă  accueillir une part des migrants, mais ils ont refusĂ© que ce soit automatique.

Pour ce qui est des autres pays, les quatre pays du Groupe de VisegrĂĄd, l’Autriche et le Danemark ont maintenu leur opposition Ă  tout mĂ©canisme de relocalisation. La Finlande, qui prĂ©side ce semestre les travaux du Conseil et dont le ministre de l’IntĂ©rieur avait participĂ© Ă  ce titre Ă  la rĂ©union du 23 septembre Ă  La Valette, n’a pas souhaitĂ© s’engager sur des quotas. La SuĂšde se considĂšre exonĂ©rĂ©e de l’obligation de solidaritĂ© invoquĂ©e par la France, l’Allemagne, l’Italie et Malte en raison du nombre Ă©levĂ© d’immigrants qu’elle a dĂ©jĂ  accueillis sur son territoire. L’Espagne s’estime elle aussi exonĂ©rĂ©e du fait de l’afflux d’immigrants illĂ©gaux arrivant directement sur son territoire par le Maroc. De leur cĂŽtĂ©, la GrĂšce, la Bulgarie et Chypre ont protestĂ© contre l’accord de La Valette parce que celui-ci s’applique uniquement aux immigrants dĂ©barquĂ©s sur l’üle de Malte et en Italie, et pas aux immigrants arrivant en Europe depuis la Turquie.

Le Groupe de VisegrĂĄd campe sur ses positions

Au Conseil Justice et Affaires intĂ©rieures de Luxembourg, la position de la Pologne est restĂ©e inchangĂ©e : une politique europĂ©enne commune doit se concentrer sur la protection des frontiĂšres extĂ©rieures et sur la coopĂ©ration avec les pays d’origine des immigrants. La dĂ©cision d’accueillir ou non des immigrants ne peut ĂȘtre prise qu’au niveau national. La position de la Hongrie Ă©tait similaire. Le ministre de l’IntĂ©rieur hongrois SĂĄndor PintĂ©r a rappelĂ© Ă  ses partenaires europĂ©ens que la vraie question Ă©tait de protĂ©ger les frontiĂšres extĂ©rieures de l’UE. Avant le sommet de Luxembourg, le porte-parole du Fidesz avait prĂ©venu qu’un systĂšme de quotas de migrants constituerait une menace pour les villes et les États d’Europe. Est-ce une affirmation exagĂ©rĂ©e ? Pas si l’on rĂ©flĂ©chit aux consĂ©quences potentielles Ă  long terme de l’immigration extra-europĂ©enne, notamment Ă  la lumiĂšre des rĂ©centes dĂ©clarations d’Emmanuel Macron faites dans le contexte de la vague de critiques contre le polĂ©miste Éric Zemmour pour ses propos dĂ©nonçant la « colonisation » et « l’islamisation » de la France suite Ă  des dĂ©cennies d’immigration de masse. Le chef de l’État français s’est en effet inquiĂ©tĂ© du fait que la France Ă©tait en train de connaĂźtre « une forme de sĂ©paratisme » de la part de certaines communautĂ©s, et qu’il fallait ĂȘtre prudent dans le choix des mots pour ne pas pousser le pays vers la « guerre civile ». L’idĂ©e qu’une guerre civile est dĂ©sormais possible dans la France multiculturelle n’est pas tout Ă  fait nouvelle. Le prĂ©dĂ©cesseur de Macron, le socialiste François Hollande, et l’ancien ministre de l’IntĂ©rieur de Macron, GĂ©rard Collomb, ont eux aussi en leur temps laissĂ© entendre que la France approchait le point de non-retour. Il n’est donc pas surprenant que les quatre pays du Groupe de VisegrĂĄd ne souhaitent pas s’engager dans cette mĂȘme voie!

De fait, comme ses homologues polonais et hongrois, le ministre de l’IntĂ©rieur tchĂšque a dit Ă  Luxembourg que son pays s’opposait au nouveau plan de relocalisation franco-allemand car un tel mĂ©canisme inciterait un plus grand nombre de migrants Ă  tenter leur chance pour venir illĂ©galement en Europe, ce qui en retour entraĂźnerait la nĂ©cessitĂ© d’imposer aux pays membres des quotas d’immigrants toujours plus importants. La position du ministre de l’IntĂ©rieur slovaque ne diffĂ©rait pas non plus de celle de ses partenaires du V4 : « Nous pouvons aider les pays affectĂ©s par l’immigration, que ce soit dans les camps de dĂ©tention ou les centres pour demandeurs d’asile, mais nous ne sommes pas en faveur d’accroĂźtre la pression migratoire sur la route de la MĂ©diterranĂ©e ou Ă  travers les Balkans. »

L’immigration illĂ©gale en hausse : l’urgence d’une politique d’immigration de style australien

En septembre, pour la premiĂšre fois cette annĂ©e, le nombre d’immigrants traversant la MĂ©diterranĂ©e centrale Ă©tait en hausse par rapport au mĂȘme mois de 2018, avec 2.499 arrivĂ©es en septembre 2019 en Italie contre 947 en septembre 2018. Pour la pĂ©riode allant du 1er janvier au 14 octobre 2019, les chiffres totaux restent en baisse, avec 8.395 arrivĂ©es contre 23.370 pour toute l’annĂ©e 2018. Ceci pourrait toutefois changer maintenant que les navires des ONG sont de retour en MĂ©diterranĂ©e centrale et que les ports italiens sont Ă  nouveau ouverts, et alors que le gouvernement Conte II a dĂ©cidĂ© de retirer son soutien financier à l’action du gouvernement libyen de Tripoli contre les passeurs et contre les dĂ©parts depuis les cĂŽtes libyennes. Cette coopĂ©ration avec Tripoli avait Ă©tĂ© mise en place par le gouvernement PD de Gentiloni pendant l’étĂ© 2017, aprĂšs le fort recul de la gauche aux Ă©lections locales italiennes justement Ă  cause des questions d’immigration.

AprĂšs une annĂ©e catastrophique en 2018, le gouvernement socialiste du Premier ministre Pedro SĂĄnchez a finalement dĂ©cidĂ© de revenir Ă  la politique de son prĂ©dĂ©cesseur de centre-droit, Mariano Rajoy. SĂĄnchez a ainsi promis en janvier 2019 de rĂ©duire l’immigration illĂ©gale de moitié cette annĂ©e. Le gouvernement espagnol semble en passe d’honorer cette promesse, avec 24.508 arrivĂ©es (19.750 par voie de mer et 4.758 par voie de terre dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, frontaliĂšres du Maroc) du 1er janvier au 13 octobre 2019, contre 65.383 sur l’ensemble de l’annĂ©e 2018. Les mĂ©thodes mises en Ɠuvre pour y parvenir consistent notamment Ă  Ă©viter les patrouilles actives prĂšs des cĂŽtes du Salvamento MarĂ­timo, l’autoritĂ© espagnole de sauvetage en mer, Ă  empĂȘcher les navires des ONG de naviguer dans la zone et Ă  renforcer la coopĂ©ration avec le Maroc. La rĂ©ouverture des ports italiens, qui avait Ă©tĂ© demandĂ©e par l’Espagne, devrait contribuer Ă  rĂ©duire encore plus l’afflux d’immigrants illĂ©gaux en Espagne, ce qui ne changera malheureusement rien pour l’Europe dans son ensemble.

Pendant ce temps, la GrĂšce est redevenue la principale porte d’entrĂ©e vers l’Europe, avec 50.720 arrivĂ©es du 1er janvier au 13 octobre 2019, contre 32.494 de janvier Ă  dĂ©cembre 2018, et les Ăźles grecques sont Ă  nouveau submergĂ©es par la crise migratoire. Ces derniers mois, les dirigeants turcs ont menacĂ© Ă  plusieurs reprises de permettre Ă  des millions de migrants de passer en Europe par la Turquie. On ne peut donc pas exclure la possibilitĂ© d’une rĂ©pĂ©tition de la situation de 2015, quand des centaines de milliers d’immigrants illĂ©gaux ont traversĂ© les Balkans vers le nord. DĂ©jĂ , le Premier ministre grec KyriĂĄkos MitsotĂĄkis met la pression sur ses partenaires europĂ©ens pour rĂ©introduire un systĂšme de quotas obligatoires pour la redistribution des migrants, et il voudrait des sanctions europĂ©ennes contre les pays qui refusent de prendre leur part d’immigrants. Or il ne faut pas oublier que, comme l’a dit le directeur de Frontex lui-mĂȘme dans une dĂ©claration aux sĂ©nateurs français faite en juin 2016, la trĂšs forte rĂ©duction du nombre d’arrivĂ©es par la route de la MĂ©diterranĂ©e orientale au dĂ©but de l’annĂ©e 2016 Ă©tait due au « double effet de la fermeture des frontiĂšres sur la route des Balkans et de l’entrĂ©e en vigueur, le 20 mars, de l’accord passĂ© entre l’UE et la Turquie ». La fermeture des frontiĂšres nationales dans les Balkans Ă©tait consĂ©cutive, par effet dominos, Ă  la fermeture des frontiĂšres de l’Autriche en fĂ©vrier 2016, peu avant l’accord signĂ© en mars avec la Turquie. L’UE fait maintenant pression sur la Turquie pour prĂ©server cet accord, et la GrĂšce a promis d’accĂ©lĂ©rer la gestion des demandes d’asile tout en transfĂ©rant une partie des immigrants illĂ©gaux vers le continent. NĂ©anmoins, un plan prĂ©voyant la relocalisation d’un nombre significatif d’immigrants actuellement bloquĂ©s en GrĂšce aurait un effet similaire Ă  la rĂ©ouverture des frontiĂšres sur la route des Balkans. Or, comme l’a implicitement reconnu en 2016 le directeur de Frontex Fabrice Leggeri, ceci contribuerait Ă  accroĂźtre Ă  nouveau le nombre d’immigrants, venant ainsi aggraver l’effet du retrait d’Ankara de l’accord UE-Turquie. La raison en est simple : la plupart des migrants qui atterrissent sur les Ăźles grecques ou traversent la frontiĂšre terrestre entre la Turquie et la Bulgarie souhaitent aller plus au nord, vers des pays comme l’Allemagne, la SuĂšde, la France ou le Royaume-Uni. C’est aussi vrai pour nombre de migrants arrivant en Italie depuis la Libye, la Tunisie ou l’AlgĂ©rie, ou encore en Espagne depuis le Maroc. Comme en Italie, il ne s’agit dans la plupart des cas pas de vrais rĂ©fugiĂ©s mais de gens Ă  la recherche d’une vie meilleure. La GrĂšce est maintenant confrontĂ©e Ă  « un problĂšme d’immigration et pas de rĂ©fugiĂ©s », a ainsi affirmĂ© rĂ©cemment le porte-parole du gouvernement grec.

Tandis que le ministre de l’IntĂ©rieur allemand Horst Seehofer se prononce en faveur de la relocalisation des immigrants dans les pays de l’UE pour Ă©viter une vague d’arrivĂ©e plus importante encore qu’en 2015, le premier ministre hongrois adopte une approche diffĂ©rente puisqu’il promet, dans un entretien pour la tĂ©lĂ©vision hongroise HĂ­r TV, que la Hongrie utilisera la force Ă  sa clĂŽture frontaliĂšre s’il le faut pour repousser « ces Ă©normes masses de gens [qui] arriveront Ă  la frontiĂšre mĂ©ridionale de la Hongrie » si la Turquie « ouvre ses portes » comme elle a menacĂ© plusieurs fois de le faire : « Si la Turquie fait partir des centaines de milliers de migrants en plus de ceux-ci [en plus des 90.000 dĂ©jĂ  sur la route des Balkans], alors il nous faudra utiliser la force pour protĂ©ger la frontiĂšre hongroise et je ne souhaite Ă  personne que nous ayons Ă  le faire. »

Comme en 2015, c’est donc sur la route de la MĂ©diterranĂ©e orientale que la situation est la plus instable et pourrait dĂ©gĂ©nĂ©rer rapidement. Pour qu’une politique europĂ©enne commune puisse fonctionner, elle ne doit pas se fonder sur la relocalisation des immigrants illĂ©gaux, qu’il s’agisse de vrais rĂ©fugiĂ©s ou d’immigrants Ă©conomiques, mais sur des mĂ©thodes comme celles mises en Ɠuvre par l’Australie dans le cadre de son OpĂ©ration FrontiĂšres souveraines. Cette opĂ©ration lancĂ©e en 2013 a en effet permis Ă  l’Australie de mettre un terme Ă  l’immigration illĂ©gale par la mer et aux noyades de migrants. La nĂ©cessitĂ© de transposer les solutions australiennes en Europe est dĂ©fendue depuis des annĂ©es par les dirigeants polonais et hongrois. Il semble malheureusement que beaucoup dans l’UE ne veulent pas vraiment mettre fin Ă  l’immigration illĂ©gale en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient.

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Cet article a Ă©tĂ© publiĂ© originellement sur Kurier.plus, le site de l’Institut Felczak de coopĂ©ration polono-hongroise et sur le VPost.

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