En ces heureux temps oĂč l’horizon d’un monde unifiĂ©, habitĂ© par une humanitĂ© fraternelle, n’a jamais Ă©tĂ© aussi proche, comment se rĂ©fĂ©rer encore Ă  des cultures et croyances anciennes et Ă  leurs pesanteurs ? Ces vieilles lunes ne pourraient qu’entraver cet Ă©lan irrĂ©sistible qui nous porte vers une universalitĂ© bienfaisante.

Des esprits avisĂ©s s’efforcent de dresser un inventaire de ces obstacles qui encombreraient encore la voie triomphale du mondialisme qui s’offre gĂ©nĂ©reusement Ă  tous. Ils sont hĂ©las encore trop nombreux, pour preuve


À un reprĂ©sentant de commerce qui venait lui vanter la gamme de ses produits « hallal » dĂ©sormais seuls garants de l’envol de son chiffre d’affaires, mon Ă©piciĂšre rĂ©torqua que, dans une France dont 3 927 communes portent le nom d’un saint, il ferait beau voir quel abruti pourrait soutenir que ce pays n’est pas chrĂ©tien et qu’il n’entend pas le rester. Il faut dire que cette aimable femme est la mĂšre d’un jeune prĂȘtre, ancien sĂ©minariste Ă  Rome et actuellement professeur d’histoire de l’Église dans une institution madrilĂšne. Soit dit en passant, rhĂ©teur comme il est, il ne manquerait pas pour sa part, d’opĂ©rer un malicieux parallĂšle avec les municipalitĂ©s espagnoles ou italiennes dĂ©diĂ©es Ă  des saints.

En suivant les empreintes laissĂ©es par Saint Isidore de SĂ©ville dont on a fait aujourd’hui le pĂšre du droit international, et par Saint Thomas d’Aquin, docteur de l’Église certes, mais surtout pĂšre du thomisme dont les adeptes sont encore si nombreux, il trouverait lĂ  matiĂšre Ă  ergoter sur les apports du christianisme Ă  l’Europe en marche.

Saint Isidore de SĂ©ville.

Saint Isidore de SĂ©ville.

Mais au fait cette irascible commerçante et par le fait mĂȘme son calotin de rejeton ensoutanĂ©, ne s’appellent-ils pas curieusement Martin, et ne dit-on pas justement, pour souligner l’utilisation d’un mĂȘme patronyme, que plus d’un Ăąne s’appelle ainsi.

En effet et contrairement Ă  une idĂ©e reçue, le nom le plus rĂ©pandu dans notre beau pays (du moins encore Ă  ce jour) n’est en effet ni Durand, ni Dupont, mais Martin, avec pour origine celui du saint Ă©vĂȘque de Tours. Eh oui ! Aujourd’hui 4 158 286 Français porteraient ce nom prestigieux.

Tout Ă  fait incidemment, ce n’est lĂ  qu’un conseil, si vous dĂ©sirez vous rendre dans la charmante bourgade de Saint-Martin veillez au bon rĂ©glage de votre GPS, il en existe 255 sur le seul territoire mĂ©tropolitain.

Tels les Huns transitant eux aussi par la Hongrie, Saint Martin et son innombrable cohorte ont dĂ©ferlĂ© sur toute l’Europe, Ă  pied, Ă  cheval et Ă  vĂ©lo. Oui je dis bien Ă  vĂ©lo et je le prouve. Au dĂ©part du Tour de France de 1976 par exemple, 110 coureurs s’élancent pour se couvrir de gloire et surtout de poussiĂšre, avec parmi eux les français Raymond Martin et Mariano Martinez, les espagnols Enrique et Paulino Martinez, le portugais JosĂ© Martins, les belges Jacques Martin, RenĂ© Martens et Freddy Maertens. Encore faut-il souligner que les italiens Martini et Martino n’ont pas Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©s et que les cyclismes irlandais, britanniques et allemands ne sont encore cette annĂ©e-lĂ  qu’embryonnaires. Les Dan Martin et autre Tony Martin ne viendront pĂ©daler chez nous que plus tard. Alors ! Convaincus ?

Mais, pour une fois, redevenons sĂ©rieux. Si Saint BenoĂźt a Ă©tĂ© promu patron de l’Europe, en grande partie par la grĂące de Robert Schuman, ne serait-il pas opportun de lui donner un compagnon de route Ă  la mesure de son itinĂ©rance mais surtout de la tĂąche fĂ©dĂ©ratrice restant Ă  accomplir ? Saint Martin, fils d’un tribun militaire romain originaire de Pavie, nĂ© en Pannonie, aprĂšs avoir promenĂ© son lĂ©gendaire manteau d’officier sur toutes les routes d’Europe pour en laisser une moitiĂ© du cĂŽtĂ© d’Amiens, s’est fixĂ© en Touraine et y est devenu Ă©vĂȘque. Ne rĂ©pondrait-il pas idĂ©alement au cahier des charges d’un saint patronat europĂ©en, dont bon nombre de normes sont encore Ă  pondre par une commission ad hoc de tĂȘtes d’Ɠuf de la cocotte bruxelloise ?

Saperlipopette, je cause, je cause, et je perds le fil de mon propos. Que voulais-je vous demander ?


Ah oui, j’y suis. Les racines chrĂ©tiennes de l’Europe, c’est quoi ça ?

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