Les poĂštes ont-ils des inspirations prĂ©monitoires ? On cite toujours Virgile, annonçant « la vierge » (Chaste Lucine) qui devait enfanter le Salut, mais ce peut ĂȘtre le hasard. Et je ne sais quel esprit inspirait Victor Hugo faisant tourner les tables Ă  Guernesey, mais le relisant pour me changer un peu des commentaires Ă©lectoraux, il m’a semblĂ© y trouver des accents prophĂ©tiques qui me rappellent l’homme de notre temps : Dans L’ñme Ă  la poursuite du Vrai, il a Ă©crit :

« Ô nain, ton orgueil s’imagine

Avoir retrouvĂ© l’origine

Que tous vont s’aimer dĂ©sormais,

Qu’on va vaincre les nuits immondes

Et tu dis : “La lueur des mondes

Va flamboyer sur les sommets !” »

C’est Ă  peu prĂšs ce que j’ai retirĂ© de la foi que Monsieur Macron a en lui-mĂȘme. Seulement je n’ai pas observĂ© de rĂ©volution vis-Ă -vis de ce que nous a imposĂ© le socialisme miteux et piteux de son prĂ©dĂ©cesseur.

Comme lui, il croit que le mariage homosexuel est un progrĂšs, que l’on doit manifester contre l’esclavage et le colonialisme, alors que c’est le colonialisme qui s’en est pris Ă  la pratique de l’esclavage barbaresque en Afrique ; il croit, et c’est ce qu’il a promis aux AlgĂ©riens, qu’il faut faciliter aux jeunes Coraniques leur venue en France ; il croit qu’une Politique Agricole EuropĂ©enne qui fait se suicider un paysan français par jour est Ă  encourager !

Bref, il semble avoir mĂ©ditĂ© la parole de ClĂ©menceau qui disait : « Le peuple français est le plus facile Ă  gouverner : c’est le seul qui se contente de promesses  »

Ceci dit, notre PrĂ©sident est trĂšs intelligent, et sa carriĂšre le prouve. Malheureusement, l’intelligence, si c’est une qualitĂ©, n’est pas une vertu. Mais il est vrai que la majoritĂ© des peuples n’aspire pas Ă  la vertu ; et s’il est indulgent aux frasques des Ă©lites, c’est dans l’espoir de pouvoir un jour faire de mĂȘme.

C’est ainsi que la majoritĂ© prĂ©sidentielle est complexe, et s’il y a nombre de braves citoyens qui ont cru vraiment que l’homme incarnait le « changement », le ralliement immĂ©diat des opportunistes, qu’ils soient de gauche ou de droite est plus significatif.

Le nouveau rĂ©gime semble s’inscrire dans le cadre de la falsification tricolore. Et si les Ă©lecteurs envoient Ă  la chambre une majoritĂ© macroniste, on peut craindre que le PrĂ©sident qui veut rĂ©former par ordonnances, ne nous fasse entrer dans le Meilleur des Mondes dont Aldous Huxley Ă©crivait : « La dictature parfaite serait une dictature qui aurait l’apparence de la dĂ©mocratie, une prison sans murs, dont les prisonniers ne chercheraient pas Ă  s’évader : Un systĂšme d’esclavage ou grĂące Ă  la consommation et au divertissement, les esclaves auraient l’Amour de la servitude ! »

Nous y sommes Ă  peu prĂšs, bien qu’il y ait eu beaucoup moins de drapeaux Ă©trangers agitĂ©s en faveur de Macron, qu’il n’y en eut pour l’élection de son prĂ©somptueux prĂ©cĂ©dent. Mais quels que soient les arguments que l’on peut mettre en avant sur le « jeunisme » de Macron, sa compĂ©tence uniquement financiĂšre, son inculture française, et son drapeau taillĂ© dans les draps sales du mondialisme, il ne faut pas le confondre avec la tourbe politique des rĂ©gimes antĂ©rieurs : la façon dont la direction macroniste, a ravalĂ© Valls Ă  sa dimension de « capitaine Fracasse », plaiderait plutĂŽt en faveur du nettoyage des Ă©curies


Bref avant de juger, il est urgent d’attendre.

Que deux sondages aient rĂ©vĂ©lĂ© que les Français accepteraient un rĂ©gime autoritaire est Ă©galement rĂ©vĂ©lateur. À vrai dire, on ne sait oĂč en sont les anciens partis de gouvernement, car le macronisme ne peut caser tout le monde. On sait qu’ils sont nombreux ceux qui, Ă  l’image de Monsieur Édouard Philippe, dĂ©couvriraient, avec un maroquin Ă  l’appui, qu’en fait ils adoraient ce qu’ils avaient brĂ»lĂ©.

Monsieur Philippe a retournĂ© sa veste avec presque de l’élĂ©gance. On le sent Ă  l’aise dans le virage de l’angle droit Ă  l’angle gauche. Il a le sourire chaleureux du chat de gouttiĂšre qui vient de dĂ©couvrir une Ă©cuelle de caviar. Mais il en a fait trop quand il a embrassĂ© le citoyen Cazeneuve. Une affection aussi appuyĂ©e montre qu’entre un transfuge de droite et un fidĂšle de Gauche, il n’y a pas la distance d’un fifrelin.

Mais aujourd’hui, aprĂšs la prosternation semblable d’une trentaine de rĂ©publicains, on ne peut guĂšre faire de pronostics sur l’issue des LĂ©gislatives.

Le parti des « Insoumis » paraĂźt insĂ©cable. Le talent de son leader y est pour quelque chose. Il peut s’augmenter de quelques socialistes dĂ©sespĂ©rĂ©s. Il est probable que les Ă©lecteurs FN se rĂ©signeront Ă  voter FN, ce qui fait qu’avec les dĂ©bris du PS, et le noyau dur des RĂ©publicains, les « Marcheurs » pourraient ne pas avoir la MajoritĂ©. Il reste la rĂ©serve qui pourrait ĂȘtre dĂ©cisive des abstentionnistes, qui, s’ils se dĂ©placent, le feront certainement en faveur de la poudre de Perlimpinpin, c’est-Ă -dire de ce qu’a promis Macron

Rien n’est jouĂ©. Si Macron n’obtient pas la majoritĂ©, nous pouvons revenir aux jeux de la IVe RĂ©publique. Je ne ferai pas de commentaires sur le caractĂšre festif de la chose


Si Macron peut gouverner, par contre, nous serons, un instant, dans une sorte de libéralisme compensé, afin de neutraliser les mouvements syndicaux.

Cette compensation ne pourra pas durer Ă©tant donnĂ© le volume accru de l’immigration prĂ©datrice et la fĂ©rocitĂ© intrinsĂšque du capitalisme. La satisfaction du gros minet Gattaz et de l’empuse Parisot en dit long sur ce qui nous attend, avec le gouvernement des Banquiers dont David Rockefeller nous avait trĂšs honnĂȘtement avertis, il y a 20 ans, qu’il se mettait en place.

Contrairement Ă  ce qu’affirment les Eurofastes alimentaires – la catĂ©gorie de repus les plus inutiles de l’histoire – l’Europe va mal. La prochaine crise de l’énergie, qui n’est pas Ă  exclure, la mettra Ă  genoux. Si notre prĂ©occupation vitale n’est pas prise en compte, c’est-Ă -dire si nous ne trouvons pas Ă  sortir de notre dĂ©pendance Ă©nergĂ©tique d’ici peu, nous allons vers des Ă©chĂ©ances effroyables. Les coraniques n’attendent que cela.

Sans doute, ne faut-il juger l’arbre qu’à ses fruits. Il faut donc laisser le miracle Macron annoncĂ© s’accomplir.

Je ne suis pas optimiste, car il me semble que l’histoire nous apprend qu’un rĂ©gime dĂ©pourvu de morale ne peut subsister longtemps. Et la Marianne d’aujourd’hui est la pire que nous ayons subie


Mais comme je ne suis point prophĂšte, je laisse encore la parole Ă  Victor Hugo qui Ă©crivait dans Les chĂątiments : « Ce serait une erreur de croire que ces choses, finiront par des chants et des ApothĂ©oses » 

L’erreur d’hier peut-elle ĂȘtre aujourd’hui vĂ©rité ?

Vous avez aimé cet article ?

EuroLibertĂ©s n’est pas qu’un simple blog qui pourra se contenter ad vitam aeternam de bonnes volontĂ©s aussi dĂ©vouĂ©es soient elles
 Sa promotion, son dĂ©veloppement, sa gestion, les contacts avec les auteurs nĂ©cessitent une Ă©quipe de collaborateurs compĂ©tents et disponibles et donc des ressources financiĂšres, mĂȘme si EuroLibertĂ©s n’a pas de vocation commerciale
 C’est pourquoi, je lance un appel Ă  nos lecteurs : NOUS AVONS BESOIN DE VOUS DÈS MAINTENANT car je doute que George Soros, David Rockefeller, la Carnegie Corporation, la Fondation Ford et autres Goldman-Sachs ne soient prĂȘts Ă  nous aider ; il faut dire qu’ils sont trĂšs sollicitĂ©s par les medias institutionnels
 et, comment dire, j’ai comme l’impression qu’EuroLibertĂ©s et eux, c’est assez incompatible !
 En revanche, avec vous, chers lecteurs, je prends le pari contraire ! Trois solutions pour nous soutenir : cliquez ici.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.