« Il se trouve que presque tout
ce qui avilit notre pays
s’est trouvĂ© comme condensĂ©
dans la politique
menée par la IVe et la Ve République.
Et c’est avec elles, et contre leur malfaisance,
que j’ai grandi, muri
 et vieillis ! »

Entretien avec Alexis Arette, auteur d’Office des tĂ©nĂšbres
(Propos recueillis par Fabrice Dutilleul)

Vous revenez donc sur votre engagement politique avec votre dernier livre Office des tĂ©nĂšbres quel en est l’esprit ?

Cet ouvrage fait suite à Fils d’homme, je t’ai fait sentinelle, publiĂ© l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente chez le mĂȘme Ă©diteur, oĂč j’avais rassemblĂ© les textes prophĂ©tiques qui me paraissaient propres Ă  Ă©clairer notre temps. Office des TĂ©nĂšbres, lui, est une somme et un argumentaire de combat. J’y prends en quelque sorte le contrepied de Voltaire qui, dans une lettre fameuse, Ă©ructait ainsi : « Il faut mentir comme un diable ! Non pas pour un temps, mais hardiment et toujours ! ». J’avais pensĂ© en dĂ©couvrant cette phrase, Ă  celle que Kipling mettait dans la bouche des morts de la Grande Guerre : « Nous sommes morts parce que nos PĂšres ont menti ! ». DĂšs lors, face au mensonge meurtrier, la plume ne doit-elle pas se vouer Ă  « dĂ©mentir », pour renouer avec les lois de la Vie ? C’est Ă  cette tĂąche que je me suis vouĂ©, avec bien d’autres, en prĂ©sentant l’enchaĂźnement des faits qui nous ont conduits au seuil de la IIIe Guerre mondiale, avec l’espoir qu’un sursaut des gens avertis pourrait nous l’éviter
 rejoignant ainsi ces chroniqueurs, journalistes et polĂ©mistes, qui, depuis Henri Coston jusqu’à Éric Zemmour et de tant d’autres, se sont vouĂ©s a dĂ©gager les Français des utopies mortelles, socialistes ou libĂ©rales, qui nous amĂšnent vers de nouveaux totalitarismes.

Y y’a-t-il un Ă©lĂ©ment dĂ©terminant qui vous a fait prendre conscience de la nĂ©cessitĂ© de ce combat ?

D’abord, permettez-moi de vous dire que je n’ai pas « rejoint » cette magnifique entreprise nationale, car Ă  la sortie d’un de mes sĂ©jours en prison pour mes engagements politiques, la joyeuse Ă©quipe littĂ©raire des « Hussards », m’a accueilli comme un des leurs ! Et en effet, je me suis toujours senti, naturellement, en rĂ©action contre la laideur et l’extrĂȘme lĂąchetĂ© de notre temps. Or, il se trouve que presque tout ce qui avilit notre pays s’est trouvĂ© comme condensĂ© dans la politique menĂ©e par la IVe et la Ve RĂ©publique. Et c’est avec elles, et contre leur malfaisance, que j’ai grandi, muri
 et vieillis ! Cela a motivĂ© mes engagements sur les champs de bataille, mes luttes syndicales, mes sĂ©jours en prison, et enfin mes Ă©crits par lesquels je continue la guerre, qui, selon le Livre de Job, est « ordonnĂ©e aux mortels sur cette terre » !

Vous indiquez qu’il s’agit « d’un argumentaire et d’une somme ». Cela suppose des rĂ©fĂ©rences ! Quels sont les personnages qui vous ont motivĂ© ou qui ont le plus influencĂ© votre pensĂ©e ?

J’aime Ă  penser que la Providence a guidĂ© mes choix ! J’ai appris l’économie de l’écriture avec Anatole France. J’ai compris la logique avec Jean Madiran, L’inventaire avec Henry Coston, la poĂ©sie allusive avec Paul ValĂ©ry, L’ironie avec Jean Giraudoux et Jacques Perret. Mais, Philosophiquement, j’ai Ă©tĂ© trĂšs marquĂ© par Gustave Thibon et c’est Simone Weil qui m’a donnĂ© le goĂ»t de fouiller dans les religions antiques pour y confronter ma propre foi. Mais si j’ai pu discuter avec des personnages d’importance, comme Georges Bidault ou François Mitterrand, ce sont deux personnages beaucoup moins connus qui se reconnaitraient en partie dans mon dernier ouvrage, soit Francois-Marie Algoud, extraordinaire documentaliste qui ne laissait rien passer de l’évĂšnement, et l’éminent Dr Polacco de Menasce, juif de Grande famille, que j’ai tentĂ© de convaincre, pendant dix ans de polĂ©miques serrĂ©es, qu’Hitler n’était pas le bienfaisant gĂ©nie qu’il s’obstinait Ă  dĂ©fendre ! Leurs archives prĂ©cieuses ont complĂ©tĂ© les miennes. J’ajouterais a ces Ă©lĂ©ments un peu disparates, les noms de Jacques Bergier et Louis Pauwels, qui, dans les annĂ©es 60, m’incitĂšrent Ă  remettre en cause les vĂ©ritĂ©s « officielles ». Ils m’ont aidĂ© Ă  dĂ©gager ma foi des conventions, et Ă  devenir un homme libre !

Un mot encore pour terminer ?

Non ! Un mot pour continuer. Car pour paraphraser l’Évangile, nous n’en sommes pas Ă  la fin, mais au commencement de la fin ! Face Ă  l’immense corruption dĂ©monocratique, il faut continuer Ă  se tenir au crĂ©neau de l’espĂ©rance, en attendant « comme un veilleur attend l’aurore » que sonne la diane française.

Office des tĂ©nĂšbres d’Alexis Arette, Ă©ditions L’Æncre, collection « À nouveau siĂšcle, nouveaux enjeux », dirigĂ©e par Philippe Randa, 482 pages, 39 euros. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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Philippe Randa,
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