De Gaulle aurait dit des Français qu’ils sont des veaux
 Et s’il avait empruntĂ© Ă  CĂ©line cette expression, comme HergĂ© emprunta les injures du capitaine Haddock ? On va voir


Sur le blog Zerohedge, certains naĂŻfs nous font le coup du printemps des peuples. En rĂ©alitĂ© il n’y a rien, sauf en AmĂ©rique, ce pays que nous avons trop sous-estimĂ©. Merkel caracole encore dans les sondages, JuppĂ© sera Ă©lu, le Brexit n’est pas et ne sera pas appliquĂ©, les Italiens resteront dans l’euro et on se couchera tous pour accueillir misĂ©ricordieusement la misĂšre du tiers-monde.

C’est que le mal, comme dit Racine, vient de plus loin. Prenez Tocqueville en 1840 : « Le despotisme
 ressemblerait Ă  la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de prĂ©parer les hommes Ă  l’ñge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrĂ©vocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se rĂ©jouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se rĂ©jouir. Il travaille volontiers Ă  leur bonheur ; mais il veut en ĂȘtre l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit Ă  leur sĂ©curitĂ©, prĂ©voit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, rĂšgle leurs successions, divise leurs hĂ©ritages, que ne peut-il leur ĂŽter entiĂšrement le trouble de penser et la peine de vivre ? »

C’est fait avec les impĂŽts et l’euthanasie pour tous. Ôter la peine de penser ne coĂ»te plus rien avec CNN.

Tocqueville rĂ©sume le citoyen prĂ©sent content de son sort, de son portable, de ses dix mĂštres carrĂ©s payĂ©s un million : « C’est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l’emploi du libre arbitre ; qu’il renferme l’action de la volontĂ© dans un plus petit espace, et dĂ©robe peu Ă  peu Ă  chaque citoyen jusqu’à l’usage de lui-mĂȘme. »

L’obĂ©sitĂ© et la prostration physique vous ĂŽtent l’usage de votre corps.

Un demi-siĂšcle plus tard, changement de ton avec Edouard Drumont. Il nous dĂ©crit ici le Parigot bio et branchĂ© (le soixante-huitard, le « je suis Charlie ») : « L’ĂȘtre qui est lĂ  est un moderne, un nihiliste, il ne tient Ă  rien ; il n’est guĂšre plus patriote que les trois cent mille Ă©trangers, que l’aveuglement de nos gouvernants a laissĂ©s s’entasser dans ce Paris dont ils seront les maĂźtres quand ils voudront ; il ne se rĂ©voltera pas comme les aĂŻeux sous l’empire de quelque excitation passagĂšre, sous une influence atmosphĂ©rique en quelque sorte qui Ă©chauffe les tĂȘtes et fait surgir des barricades instantanĂ©ment. »

Drumont devine comme son disciple Bernanos la soumission du yuppie, du consommateur TV, de l’hippopotame des plages et des fast-foods. Or avant on rĂ©agissait : « Un monarque quelconque auquel on aurait Ă  reprocher la moitiĂ© des infamies, des prĂ©varications, des hontes sans nombre accumulĂ©es par le rĂ©gime actuel, aurait entendu depuis longtemps l’émeute rugir aux portes de son palais. En rĂ©alitĂ© tout cela laisse la masse profondĂ©ment indiffĂ©rente  »

Enfin la parole au maĂźtre suprĂȘme, Louis-Ferdinand CĂ©line. Voici ce qu’il dit de nos chĂšres victimes consentantes : « Il est temps, je crois, de faire votre priĂšre, de bien avouer que vous ĂȘtes tous condamnĂ©s, victimes heureuses, consentantes, parfaitement exaucĂ©es, bien pourvues transies et reconnaissantes  »

AprĂšs, il se lance sur les veaux et dans son incomparable poĂ©sie : « Égorgez-moi, les yeux grands ouverts ! Ô votre divine cruauté ! Vous tous, vous voir enfin tous ! Tous rassemblĂ©s, rĂ©jouis ! Mes impitoyables bourreaux ! Tous ! Vous voir tous rayonnants une suprĂȘme fois. Et puis mourir pour vous ! Sous votre couteau enfin  »

Enfin accourt le veau gaulliste, socialo-sarkozyste !

Voici la bonne priĂšre du veau, bien parfait, le veau le plus con du monde ! De tous les abattoirs du monde ! De tous les sacrifiĂ©s du monde ! Le veau le mieux dressĂ© de l’univers ! Celui qui beugle ! Qui galope aprĂšs son boucher pour le supplier qu’il l’égorge.

Pour 2017, on présentera nos meilleurs veaux au candidat « républicain » doté des meilleures casseroles.

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