J’ai toujours dĂ©fendu le catholicisme ; mais il y a un moment oĂč il faut sortir corde et fouet pour chasser les intrus et les lĂąches qui les accompagnent. Les fidĂšles de Serge de Beketch, ancien directeur du Libre Journal de la France courtoise, savent de quoi je parle.

Bergoglio, devenu le Pape François, ruine ce qui reste de catholicisme romain dans la royale indiffĂ©rence de ses ouailles. Certes la frĂ©quentation s’est effondrĂ©e Ă  Rome, mais qui se lĂšve contre Lui ? Pas mĂȘme le vieux Ratzinger qui accepta de se faire remplacer sans broncher. À moins qu’il ne soit dĂ©tenteur d’un quatriĂšme secret mollasson de Fatima


De mĂȘme, qui se levait contre les profanations des Femen ou des Act’up ? On baisse les yeux, et on passe Ă  autre chose, telle est la devise du catholique postmoderne, cadre dans telle multinationale, qui mĂ©dite son prochain pĂšlerinage fluo, tout en envoyant sa fille Ă©tudier Ă  Melbourne. Car on est un bourgeois ou on ne l’est pas. Devenu ici une religion de notable au siĂšcle des possĂ©dants, le catholicisme s’accommode Ă  merveille de la mondialisation ploutocratique Ă  la sauce rĂ©fugiĂ©e. Le populo est invitĂ© comme en Argentine Ă  se convertir Ă  l’évangĂ©lisme mitonnĂ© par la CIA ou bien aux rythmes lucifĂ©riens de Lady Gaga !

Évoquons l’illustre polĂ©miste LĂ©on Bloy que ce nĂ©o-pape de Rome estime. Lui aussi avait Ă  en dire sur le « catho-bourgeois » des temps de l’apocalypse zen ou bio que nous traversons. Dans le chapitre VI de Belluaires et porchers, il s’en prend Ă  la figure renommĂ©e de Goncourt, qui donnera son vain nom Ă  la non moins vaine acadĂ©mie que l’on sait, et il dĂ©nonce ce dĂ©luge de phrases qui marque notre monde sans fin, sans dignitĂ© et sans projet : « Le Messie ne s’appellera plus le Verbe, il se nomme dĂ©sormais la Phrase. C’est la caricature de l’Infini, c’est l’infĂ©conditĂ© mĂȘme dĂ©clarant son antagonisme Ă  la Parole Initiale qui fit Ă©clater les douves de l’ancien chaos. »

Quant aux phrases de Bergoglio avec les Soros, Peres, Sachs, Klein & Co, on n’en parlera pas. Si ! On ajoutera qu’il reçoit Zuckerberg ou DiCaprio sans recevoir les familles catholiques. Et elles s’écrasent comme d’habitude.

Puis Bloy s’en prenait avec vĂ©hĂ©mence Ă  la cĂ©lĂ©britĂ© qui entoure le prisĂ© Goncourt : « Je n’avais en vue que l’IdolĂątrie littĂ©raire dont ce vieillard est le somnambule pontife et j’estime que ce culte est la plus Ă©vidente manifestation diabolique. »

« Le pape, vieille idole que l’on encense par habitude », disait dĂ©jĂ  Montesquieu qui ne se faisait plus beaucoup d’illusions sur le bien-fondĂ© de la catholicitĂ© moderne. Cela se maintiendra, dira Jules Michelet, Ă  cause de l’éducation et de l’habitude !

Et quant Ă  la nullitĂ© de la meute tranquille des catholiques d’aujourd’hui, il me semble que dans les lignes suivantes, et de sa plume initimable, Bloy lĂąche le morceau : « Et ce cortĂšge est contemplĂ© par un peuple immense, mais si prodigieusement imbĂ©cile qu’on peut lui casser les dents Ă  coups de maillet et l’émasculer avec des tenailles de forgeur de fer, avant qu’il s’aperçoive seulement qu’il a des maĂźtres –, les Ă©pouvantables maĂźtres qu’il tolĂšre et qu’il s’est choisis. »

C’est Houellebecq qui parle cruellement de l’électeur catholique moyen de François Bayrou, rassurĂ© par sa bĂȘtise (celle de Bayrou, mais le catho adore dĂ©jĂ  JuppĂ©, faites-lui confiance). Le cinĂ©aste soviĂ©tique Tarkovsky se demandait comment le clergĂ© romain pouvait tolĂ©rer les horreurs esthĂ©tiques de ses musĂ©es romains. Mais dĂ©jĂ  Huysmans dĂ©nonçait « l’appĂ©tit de laideur qui dĂ©shonore l’Église. »

Un siĂšcle aprĂšs ce maĂźtre, ne serait-il pas temps qu’un dĂ©bat ait lieu, et qui n’aboutisse pas encore Ă  une impasse lefebvriste ?

On termine par ce jugement de Bloy qui valait son pesant d’or : « Toutes les formes imaginables de l’imprĂ©cation ou du sarcasme furent appliquĂ©es inutilement Ă  cet Achille du mensonge qu’on supposait invulnĂ©rable, et qui avait fini par dĂ©courager le MĂ©pris. »

Ce Bergoglio dĂ©courage certes le mĂ©pris, mais cela ne suffit plus. Il est l’arbre qui cache le dĂ©sert, « ce dĂ©sert qui croĂźt » disait Nietzsche.

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