Robert MĂ©nard, vous ĂȘtes depuis 2014 le maire de BĂ©ziers. Vous inspirez-vous en tant que gestionnaire de cette ville des rĂ©alisations du maire d’Orange Jacques Bompard ?

J’ai d’excellents rapports avec Monsieur Bompard. Nous avons chacun notre tempĂ©rament et notre propre approche de la gestion municipale. La diffĂ©rence entre lui et moi est qu’il se situe aussi sur le terrain politique puisqu’il a fondĂ© son propre parti.

Je ne me vois pas crĂ©er un parti politique comme il l’a fait, mais je pense que les diffĂ©rentes municipalitĂ©s qui sont tenues par les gens de notre sensibilitĂ© devraient travailler davantage ensemble et, chaque fois qu’il m’invite, j’ai l’occasion d’aller Ă  Orange.

BÉziers

BĂ©ziers

Vous inspirez-vous des rĂ©alisations d’autres maires nationalistes ou patriotes français ?

Nous n’avons pas beaucoup de prĂ©cĂ©dents dans la façon de gĂ©rer. BĂ©ziers a adoptĂ© des pratiques et fait des choix qui sont trĂšs originaux, mĂȘme par rapport Ă  des mairies gĂ©rĂ©es par le Front National. Je pense que nous avons une approche un peu diffĂ©rente. Nous n’hĂ©sitons pas Ă  ĂȘtre plus spectaculaires dans nos prises de position et, en mĂȘme temps, BĂ©ziers est une commune qui est plus importante en termes de taille que les autres communes dirigĂ©es par des maires FN ou proches ; du reste, cela nous permet de faire des choses diffĂ©rentes. Non, je ne m’inspire pas spĂ©cialement de la gestion passĂ©e des diffĂ©rentes communes FN. Je ne gĂšre pas de la mĂȘme façon.

Êtes-vous plutĂŽt quelqu’un qui cherche Ă  gĂ©rer en appliquant des idĂ©es ou ĂȘtes-vous plutĂŽt un pragmatique ?

Je suis pragmatique. Quatre-vingt-dix pour cent des choix qui se font au niveau d’une ville sont des dĂ©cisions de bon sens. Le problĂšme est que bon nombre de maires sont des idĂ©ologues qui ne suivent pas cette voie. Le bon sens est la chose la plus rĂ©volutionnaire qui soit. Si on regarde le monde tel qu’il est fait et les villes telles qu’elles sont faites, et qu’on applique une politique de bon sens, je pense qu’on va changer beaucoup de choses. Le bon sens, ce n’est pas accepter le monde tel qu’il est. Le bon sens, c’est prendre en compte la rĂ©alitĂ© et la transformer comme elle doit l’ĂȘtre. Je suis un maire de bon sens.

Des maires de centre droit ou de droite – anciennement Ă  l’UDF ou au RPR, aujourd’hui chez Les RĂ©publicains – vous ont-ils inspiré ?

Oui, par exemple Xavier Lemoine, le maire de Montfermeil, qui est membre du Parti chrĂ©tien-dĂ©mocrate. Je pense qu’il est un dirigeant exceptionnel de cette municipalitĂ©. Nous discutons et essayons de rĂ©flĂ©chir ensemble. Il est le premier Ă  avoir dĂ©veloppĂ© des Ă©coles alternatives pour les quartiers difficiles. Il fait un travail fantastique.

Je pense que dans l’ensemble du spectre politique, il y a des idĂ©es Ă  reprendre. Nous travaillons dans ma ville sur celle d’une monnaie alternative parallĂšle Ă  l’euro. Ce concept vient de la gauche et est une bonne idĂ©e que j’aimerais bien reprendre dans ma citĂ©.

BĂ©ziers est-elle jumelĂ©e avec d’autres villes en Europe ?

Oui, mais elle est surtout jumelĂ©e avec la ville de Maaloula en Syrie qui est la derniĂšre citĂ© oĂč on parle l’aramĂ©en, la langue du Christ. De la vigne va y ĂȘtre replantĂ©e grĂące Ă  ce jumelage, lĂ -bas au cƓur du Moyen-Orient. C’est un beau symbole.

Le maire précédent vous a-t-il aidé lors de votre entrée en fonction à Béziers ?

Non, lorsque je suis arrivĂ© dans mon bureau, il n’y avait plus un seul papier. Plus personne ne se souvenait du code pour entrer dans cette piĂšce. Pour vous dire Ă  quel point c’est ! Non, je ne vais pas lui jeter la pierre. Cela ne sert Ă  rien ! Ce maire est comme tous ces maires qui restent trop longtemps. Il avait dĂ©jĂ  fait trois mandats. C’était un mandat de trop. Il voulait en faire un quatriĂšme. Ce sont des gens qui cumulent trop de fonctions. En gros, cette ville a souffert d’hommes politiques qui se sont servis d’elle comme d’un marchepied pour faire une carriĂšre. Moi, je n’ai pas de carriĂšre politique Ă  faire. J’essaye juste de m’occuper de ma ville.

La gestion de BĂ©ziers peut-elle servir d’exemple en vue d’une expansion des idĂ©es patriotiques un peu partout en France ?

Je l’espĂšre un peu. C’est un peu prĂ©tentieux de ma part. Peut-ĂȘtre pourrait-on faire au niveau français un certain nombre de choses rĂ©alisĂ©es Ă  BĂ©ziers.

Êtes-vous plus proche de Marion MarĂ©chal-Le Pen ou de Florian Philippot ?

Tout le monde sait que je suis plus proche de Marion MarĂ©chal-Le Pen. Mais en cette pĂ©riode Ă©lectorale, le Front National a surtout besoin de se regrouper pour gagner les Ă©lections. Et c’est son affaire, mais j’aiderai tout ce qui permettra Ă  Marine Le Pen de gagner les Ă©lections.

Ne pensez-vous pas qu’au sein du Front National, il y a aussi une diffĂ©rence mĂ©thodologique entre le Sud, au sein duquel il y a une tendance Ă  emporter des mairies puis Ă  se dĂ©velopper Ă  partir de lĂ  – ce qui peut ĂȘtre appelĂ© la politique du bastion –, et le Nord oĂč il y a une tendance Ă  conquĂ©rir le Pouvoir en premier lieu par le haut ?

C’est toute une diffĂ©rence de culture. Ce n’est pas pour rien que nous sommes des sudistes. Nous avons une approche diffĂ©rente de celle du nord de la France. C’est historique et cela se poursuit. Je suis un dĂ©fenseur acharnĂ© du pouvoir communal car je pense que nous reconstruirons et regagnerons ce pays Ă  partir de celui-ci. Je suis persuadĂ© de cela, ce qui n’exclut pas qu’il faille mener une campagne au niveau national et je serai Ă  cĂŽtĂ© de Marine Le Pen pour la prĂ©sidentielle.

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Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

A propos de l'auteur

Lionel Baland

Écrivain et journaliste belge francophone (http://lionelbaland.hautetfort.com). Il parle le nĂ©erlandais (flamand), l’allemand et l’anglais. Il a travaillĂ© dans les parties francophone, nĂ©erlandophone et germanophone de la Belgique ainsi qu’aux Pays-Bas et a vĂ©cu en Allemagne. Il est l’auteur de trois livres : LĂ©on Degrelle et la presse rexiste, Éditions DĂ©terna, Paris, 2009 ; Jörg Haider, le phĂ©nix. Histoire de la famille politique libĂ©rale et nationale en Autriche, Éditions des Cimes, Paris, 2012 et Xavier de Grunne. De Rex Ă  la RĂ©sistance, Godefroy de Bouillon, Paris, 2017.

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