Avant mĂȘme la premiĂšre manifestation des Gilets Jaunes, il Ă©tait prĂ©visible que ce groupement polymorphe n’apporterait aucun changement politique significatif. Dans un prĂ©cĂ©dent article (1), j’avais relevĂ© leurs incohĂ©rences intellectuelles et doctrinales. Je ne les rĂ©pĂ©terai pas. Cependant je me permets d’ajouter de nouveaux Ă©lĂ©ments pour approfondir le cadre de ma rĂ©flexion.

Gilets jaunes

Depuis octobre 2018 ce mouvement social, prĂ©sentĂ© par les mĂ©dias comme spontanĂ©, a toujours Ă©tĂ© ultra-minoritaire. Je ne communie pas Ă  la dĂ©mocratie. Je ne pense donc pas que la majoritĂ© dĂ©tient la vĂ©ritĂ©. Cependant, dans nos sociĂ©tĂ©s dĂ©mocratiques et libĂ©rales, le nombre reste souvent un critĂšre important voire absolu pour dĂ©terminer qui a raison. Selon les chiffres dĂ©livrĂ©s par le MinistĂšre de l’IntĂ©rieur, il y avait 290 000 Gilets Jaunes dans la rue le 17 novembre 2018, appelĂ© Acte I. Depuis, la mobilisation citoyenne, comme la nomment les principaux concernĂ©s, n’a jamais atteint ce chiffre, mĂȘme si on prend les donnĂ©es indiquĂ©es par les Gilets Jaunes eux-mĂȘmes (2). Dans le mĂȘme ordre d’idĂ©e, il suffit de regarder les passants dans la rue ou sous les pare-brise des voitures pour constater que les Français n’expriment pas un soutien franc et massif Ă  l’endroit des Gilets Jaunes.

À toutes fins utiles, je rappelle qu’en France nous sommes 67 millions
 300 000 Gilets Jaunes, en dĂ©finitive cela ne pĂšse pas bien lourd, surtout Ă  l’aune de l’échelle dĂ©mocratique revendiquĂ©e par ces mĂȘmes Gilets Jaunes. Ces derniers rĂ©clament plus de consultations, plus de votes, ils souhaitent mĂȘme la mise en place du « rĂ©fĂ©rendum d’initiative citoyenne », cette nouvelle tartuferie des temps modernes.

À ce petit jeu-lĂ , car oui la dĂ©mocratie reste un jeu, un jeu mauvais, mais un jeu malgrĂ© tout, ils seront toujours dĂ©faits car minoritaires. ConcrĂštement, cette minoritĂ© veut ĂȘtre consultĂ©e de maniĂšre plus rĂ©guliĂšre, mais si cette espĂ©rance venait Ă  ĂȘtre appliquĂ©e, ils perdraient constamment Ă  cause de cette incritiquable loi du nombre. IncohĂ©rence quand tu nous tiens.

Nul doute que si le RIC était mis en place, les Gilets Jaunes descendraient à nouveau dans la rue pour contester les résultats en leur défaveur, en invoquant tout un tas de prétextes pour justifier leur grogne. On appelle cela le chien qui se mord la queue. En termes plus clairs, le cas précédemment exposé le prouve aisément, la démocratie est comparable à une impasse.

Les Gilets Jaunes et leurs partisans nous expliquent qu’ils reçoivent le soutien d’une majoritĂ© de Français. Pour dĂ©fendre cette position, ils s’appuient sur des sondages
 Magnifique argument auquel nous ne pouvons souscrire pour plusieurs raisons. Tout d’abord, les instituts de sondages peuvent bien dire ce qu’ils veulent. Personne ou presque ne peut vĂ©rifier et valider la ou les mĂ©thodes utilisĂ©es. Ensuite, ces mĂȘmes instituts se sont tellement trompĂ©s par le passĂ©, qu’il nous paraĂźt bien difficile de s’y fier. Enfin, ils indiquent clairement aujourd’hui que les Français ne les soutiennent plus. Quoi qu’il en soit, les Français n’ont jamais adhĂ©rĂ© massivement aux Gilets Jaunes, et si cela avait Ă©tĂ© le cas, la faveur dont ils jouissaient est dĂ©finitivement passĂ©e.

Il existe une ambiguĂŻtĂ© que les opposants caricaturaux au systĂšme n’arrivent pas Ă  lever. Ces derniers, membres de groupes extrĂȘmes (gauche et droite confondues), nous expliquent constamment que les mĂ©dias – comprendre : journaux, radios, tĂ©lĂ©visions, instituts de sondages – sont proches du gouvernement, voire qu’ils travaillent directement pour lui.

Dans ce cas, comment expliquer que des organes aux mains du Pouvoir (par exemple BFM-TV) aient passĂ© Ă©normĂ©ment de temps Ă  consacrer des reportages, des unes, des entretiens, etc. Ă  un mouvement qui le conteste ? Ce serait quand mĂȘme curieux, qu’un gouvernement fasse de la publicitĂ© pour un adversaire, non ? À lire et Ă  Ă©couter certains, il paraĂźt que tout est possible dans la France d’aprĂšs


J’étais Ă  Paris le 1er dĂ©cembre 2018, lors de l’Acte III, dans le cadre d’une dĂ©dicace. Une fois la sĂ©ance de signatures terminĂ©e, j’ai rallumĂ© mon portable. J’avais plusieurs messages vocaux. Je les ai Ă©coutĂ©s. Mes proches se montraient « terriblement inquiets » Ă  cause des images vues Ă  la tĂ©lĂ©vision. Pourtant, je me trouvais Ă  moins de deux kilomĂštres des Champs-ÉlysĂ©es. L’atmosphĂšre dans les rues de Paris Ă©tait calme, paisible, familiale. J’ai constatĂ©, en direct si je puis dire, l’impact des images et la puissance mĂ©diatique qui pouvaient faire croire que la capitale vivait des Ă©pisodes de « guerre civile ». Je ne parlerai pas – pour ce sujet prĂ©cis – de propagande mĂ©diatique, mais simplement de sensationnel qui permet d’augmenter les audiences et de vendre du papier.

Si les mĂ©dias Ă©taient strictement tenus par les institutions rĂ©publicaines, ils auraient reçu l’ordre de ne pas relayer les diffĂ©rentes actions des Gilets Jaunes, les bavures et les excĂšs des forces de l’ordre etc.

De mĂȘme, les diffĂ©rents Ă©borgnĂ©s par les LBD (2) n’auraient pas eu voix au chapitre dans les mĂ©dias pour se plaindre et crier leur souffrance. En 1942, Radio Paris ne donnait pas la parole aux RĂ©sistants


Contrairement aux Ă©lucubrations ou aux fantasmes des extrĂ©mistes de tous bords, jamais les Gilets Jaunes n’ont Ă©tĂ© en mesure de dĂ©stabiliser le rĂ©gime macronien. Pour renverser un gouvernement, hormis Ă  de rares exceptions, il faut un chef, une doctrine claire, une organisation (cadres et militants), de l’argent, des relais mĂ©diatiques, un soutien populaire
 Tout cela a manquĂ© aux Gilets Jaunes et manquera demain.

L’ensemble des personnes qui voyaient Macron et Philippe tomber suite Ă  l’action des Gilets Jaunes ont oubliĂ© (ou mĂ©connaissaient) l’adage suivant : « La RĂ©publique gouverne mal, mais se dĂ©fend bien. »

La France est l’un des plus vieux pays au monde, elle possĂšde l’arme nuclĂ©aire, un siĂšge permanent au Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU, des services spĂ©ciaux trĂšs efficaces (quoique en disent ceux qui ne connaissent pas le sujet). Il Ă©tait plus qu’illusoire d’estimer que les Gilets Jaunes bouleverseraient l’ordre Ă©tabli, alors qu’à bien y rĂ©flĂ©chir, ils s’en satisfaisaient pleinement. Les choses ont commencĂ© Ă  se gĂąter, quand le portefeuille fut entamĂ© par la hausse des taxes, la difficultĂ© de trouver un travail et de se loger
 Que des choses trĂšs individuelles. C’est vrai que la souverainetĂ© de la France, en comparaison, ne compte pas.

Ce mouvement s’essouffle car il ne rĂ©pond pas aux nombreux dĂ©fis de notre Ă©poque. De plus, il a Ă©chouĂ© dans sa volontĂ© de convaincre les Français et d’obtenir gain de cause. La dĂ©tresse rĂ©elle de ces Français ne peut que toucher les cƓurs sensibles. Cependant, les bons sentiments ne doivent pas nous dĂ©tourner des rĂ©elles questions politiques qui, en rĂ©alitĂ©, ne sont nullement abordĂ©es par les Gilets Jaunes.

Depuis l’Acte I, la France n’a Ă©tĂ© que trĂšs peu abordĂ©e. Pourtant elle demeure notre patrimoine commun, qui nous unit et nous dĂ©passe. Elle Ă©tait lĂ  avant nous, et j’espĂšre qu’elle sera encore lĂ  quand nous aurons quittĂ© ce bas monde. Rien n’est moins sĂ»r malheureusement, car notre pays se trouve attaquĂ© de toutes parts. Qui le mentionne ? Presque personne car beaucoup s’en contrefichent


 Notes

  • Les Gilets Jaunes et l’incohĂ©rence dĂ©mocratique, publiĂ©e dans mon site en dĂ©cembre 2018.
  • Le nombre Jaune, nom du compte sur Facebook.

(3) Un lanceur de balles de dĂ©fense (LBD), dont le plus connu est celui fabriquĂ© et commercialisĂ© sous la marque Flash-Ball par le fabricant Verney-Carron, est, selon la terminologie de l’administration française, une « arme sublĂ©tale » utilisant un projectile conçu pour se dĂ©former/s’écraser Ă  l’impact et limiter le risque de pĂ©nĂ©tration dans un corps vivant, mais avec une puissance d’arrĂȘt suffisante pour dissuader ou arrĂȘter un individu. Selon diffĂ©rentes sources, le systĂšme LBD peut prĂ©senter Ă  courte distance des effets traumatiques dont la sĂ©vĂ©ritĂ© peut entraĂźner des lĂ©sions graves pouvant ĂȘtre irrĂ©versibles voire mortelles.

EuroLibertĂ©s : toujours mieux vous rĂ©-informer 
 GRÂCE À VOUS !

Ne financez pas le systÚme ! Financez EuroLibertés !

EuroLibertĂ©s rĂ©-informe parce qu’EuroLibertĂ©s est un mĂ©dia qui ne dĂ©pend ni du SystĂšme, ni des banques, ni des lobbies et qui est dĂ©gagĂ© de tout politiquement correct.

Fort d’une audience grandissante avec 60 000 visiteurs uniques par mois, EuroLibertĂ©s est un acteur incontournable de dissection des politiques europĂ©ennes menĂ©es dans les États europĂ©ens membres ou non de l’Union europĂ©enne.

Ne bĂ©nĂ©ficiant d’aucune subvention, Ă  la diffĂ©rence des mĂ©dias du systĂšme, et intĂ©gralement animĂ© par des bĂ©nĂ©voles, EuroLibertĂ©s a nĂ©anmoins un coĂ»t qui englobe les frais de crĂ©ation et d’administration du site, les mailings de promotion et enfin les dĂ©placements indispensables pour la rĂ©alisation d’interviews.

EuroLibertĂ©s est un organe de presse d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Chaque don ouvre droit à une dĂ©duction fiscale Ă  hauteur de 66 %. À titre d’exemple, un don de 100 euros offre une dĂ©duction fiscale de 66 euros. Ainsi, votre don ne vous coĂ»te en rĂ©alitĂ© que 34 euros.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

Quatre solutions pour nous soutenir :

1 : Faire un don par virement bancaire

Titulaire du compte (Account Owner) : EURO LIBERTES
Domiciliation : CIC FOUESNANT
IBAN (International Bank Account Number) :
FR76 3004 7140 6700 0202 0390 185
BIC (Bank Identifier Code) : CMCIFRPP

2 : Faire un don par paypal (paiement sécurisé SSL)

Sur le site EuroLibertĂ©s (www.eurolibertes.com), en cliquant, vous serez alors redirigĂ© vers le site de paiement en ligne PayPal. Transaction 100 % sĂ©curisĂ©e.‹ 

3 : Faire un don par chĂšque bancaire Ă  l’ordre d’EuroLibertĂ©s

à retourner à : EuroLibertés
BP 400 35 – 94271 Le Kremlin-BicĂȘtre cedex – France

4 : Faire un don par carte bancaire

Pour cela, téléphonez à Marie-France Marceau au 06 77 60 24  99