Un CongrĂšs des RĂ©publicains taillĂ© en alternative Ă  l’Union EuropĂ©enne, tel Ă©tait le « National Conservatism » qui a vu une partie des conservateurs rassemblĂ©s Ă  l’invitation du politologue nationaliste et thĂ©ologien israĂ©lien Yoram Hazony.

« National Conservatism » que l’on pourrait traduire par « L’internationale des conservateurs » s’inscrit dans les consĂ©quences indirectes de l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis. Si la figure de Steve Bannon avait Ă  la base servi de tĂȘte de pont entre les conservateurs europĂ©ens et l’orageux prĂ©sident des USA, la fondation Edmund Burke a bel et bien pris le relais pour le plus grand bonheur (sentez l’ironie) des progressistes et de la gauche europĂ©enne, l’intitulĂ© mĂȘme du colloque (Dieu, honneur et pays) avait de quoi faire frĂ©mir la meute des technocrates europĂ©ens.

Le choix de Rome ne devait rien au hasard. Introduit par la prĂ©sidente de « Fratelli de Italia » (Une formation politique que d’aucuns qualifient de « post-fasciste »), ce colloque a vu dĂ©filer Ă  la tribune l’intellectuel amĂ©ricain Rod Dreher, le Premier ministre hongrois, mais aussi Marion MarĂ©chal.

Marion Maréchal, égérie en périphérie

« Nous sommes le nouvel humanisme de ce siĂšcle. Pourquoi ? Parce que nous savons et nous dĂ©fendons tous les besoins de l’ñme humaine : ordre, libertĂ©, obĂ©issance, responsabilitĂ©, hiĂ©rarchie, honneur, sĂ©curité », a-t-elle notamment dĂ©clarĂ© Ă  la tribune. La jeune retraitĂ©e de la vie politique a ceci de fascinant qu’elle est toujours lĂ  oĂč on l’attend Ă  des Ă©vĂšnements inattendus. Le jeu de cache-cache avec nos confrĂšres s’éternise donc. Elle a beau s’acharner Ă  dĂ©clarer qu’elle ne reviendra pas, le RN a beau s’échiner Ă  rĂ©pĂ©ter qu’elle n’est personne, elle parvient Ă  fasciner, Ă  attirer et Ă  convaincre. Ce n’est pas un hasard si l’intĂ©gralitĂ© des mĂ©dias français ont couvert l’évĂšnement. Tous guettent, attendent et interprĂštent le bon mot, le sous-entendu rĂ©el ou supposĂ©. « Si Marion ouvrait une boulangerie, ils titreraient sur le fait qu’elle cherche l’électorat des boulangers », s’amuse un journaliste qui la connaĂźt bien. Il faut dire que la benjamine de la tribu Le Pen va faire l’objet d’un livre Ă  paraĂźtre en avril Ă©crit par le journaliste Louis Hausalter intitulĂ© « Marion MarĂ©chal, le fantasme de la droite ».

L’ancienne dĂ©putĂ©e du Vaucluse s’en amuse en tout cas : « En France, on adore mettre les gens dans des cases. Je perturbe Ă©normĂ©ment les journalistes parce que je ne suis pas dans la case ‟politique Ă©lectorale” et je ne suis pas, non plus, dans la case ‟sociĂ©tĂ© civile silencieuse”. C’est toujours le mĂȘme sujet et il n’y a pas d’ambiguĂŻtĂ©. J’ai dit et redit que je n’avais pas d’ambition prĂ©sidentielle en 2022. » confiait-elle hier Ă  Boulevard Voltaire.

Viktor Orban l’autre pĂ©riphĂ©rique

Qu’on se le dise, le conservatisme europĂ©en ne se fera pas sans le Premier ministre hongrois. Viktor Orban est aussi un inclassable. Membre du PPE et rĂ©guliĂšrement en instance d’exclusion de la formation de droite « modĂ©rĂ©e » au Parlement europĂ©en, Orban semble avoir dĂ©finitivement franchi le Rubicon en s’affichant Ă  ce congrĂšs avec des adversaires revendiquĂ©s du PPE. Et ce qui est rĂ©vĂ©lateur, c’est que personne n’est choquĂ© de le voir Ă  ce congrĂšs, Ă  l’échelle nationale, c’est pourtant comme si Laurent Wauquiez se rendait Ă  un meeting du RN.

Un grand absent

AnnoncĂ© en superstar, Matteo Salvini ne s’est finalement pas rendu au colloque. D’aprĂšs le mensuel L’Incorrect, il n’aurait pas souhaitĂ© s’afficher avec des personnalitĂ©s du PPE. D’autres se gargarisent sur sa « faiblesse » depuis sa dĂ©faite en Emilie-Romagne. Quoiqu’il en soit cette absence aura fait couler un peu plus d’encre sur l’évĂšnement. ‱

Article publié dans les colonnes du quotidien Présent.

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