Le monopole de la libertĂ© de la presse, mĂȘme si « monopole » et « liberté » semblent antinomiques mais entrĂ©s dans le vocabulaire de la nouvelle religion morale dĂ©mocratique, est toutefois peu Ă  peu bien que confusĂ©ment remis en cause encore du bout des lĂšvres. L’apparition de mouvements transversaux aux partis politiques moribonds traditionnels, l’émergence de nouvelles problĂ©matiques dues notamment Ă  la mondialisation et Ă  l’idĂ©ologie qui la sous-tend, sont en partie portĂ©es par l’explosion concomitante d’internet et de sa libertĂ© incontrĂŽlĂ©e et sauvage pouvant donner lieu par ailleurs Ă  toutes les dĂ©rives et tous les dĂ©lires. Ce nouveau mĂ©dium ressemble par certains aspects Ă  un brouillon confus et non structurĂ© d’idĂ©es nouvelles qui n’ont que ce lieu pour s’exprimer et
 ĂȘtre surtout diffusĂ©es largement et gratuitement. C’est bien lĂ  que le bĂąt blesse pour la grande presse officielle et univoque.

La rĂ©action arrive donc par deux canaux diffĂ©rents. D’abord il s’agit de discrĂ©diter globalement tout ce qui vient d’internet par d’autres sites que ceux de la grande presse officielle. La tĂąche est d’autant plus facilitĂ©e qu’une grande partie des informations diffusĂ©es sur internet sont en effet souvent au moins fantaisistes sinon scandaleuses. Mais ce sont les informations politiques qui sont visĂ©es par le monopole de la presse, informations qui sont volontairement mĂ©langĂ©es Ă  l’ensemble des dĂ©lires de la toile. On met tout dans le mĂȘme sac et on lance un discrĂ©dit gĂ©nĂ©ral sur les idĂ©es diffusĂ©es par le mĂ©dium internet. On les qualifie mĂȘme en vrac de « fake news », « nouvelles truquĂ©es » littĂ©ralement, « fausses nouvelles », dont il faut rappeler que la grande loi sur la presse de 1881 rĂ©prime dĂ©jĂ  la diffusion depuis prĂšs de 140 ans ! Il est vrai que la grande presse officielle ne diffuse pas de fake news mais se contente de « sort news », ou « nouvelles triĂ©es », qui ont l’avantage d’orienter l’information et d’en occulter celles non conformes Ă  l’idĂ©ologie dominante. Ces « sort news » ne sont-elles pas aussi dangereuses et peut-ĂȘtre beaucoup plus perverses, que de prĂ©tendues « fake news » souvent la simple expression d’opinions contraires Ă  la pensĂ©e officielle et donc « fake » du point de vue des dirigeants ? Pas de libertĂ© (de la presse) pour les ennemis de la libertĂ© (de penser).

Vous aviez dit « libertĂ© de la presse » ? « LibertĂ© d’opinion » ? PluralitĂ© dans la diffusion de l’information ?

Vous aviez dit « libertĂ© de la presse » ? « LibertĂ© d’opinion » ? PluralitĂ© dans la diffusion de l’information ?

Le second canal est lĂ©gal. La nouvelle dĂ©mocratie adore tout juridiciser pour mieux rĂ©primer. Ainsi une proposition de loi interdisant les « fausses informations » pendant les trois mois prĂ©cĂ©dant une Ă©lection a Ă©tĂ© adoptĂ©e en novembre 2018. Aux termes de la loi une fake news est constituĂ©e par « des allĂ©gations ou imputations inexactes ou trompeuses d’un fait de nature Ă  altĂ©rer la sincĂ©ritĂ© du scrutin ». Cette dĂ©finition est tellement large qu’elle peut ĂȘtre interprĂ©tĂ©e au bon vouloir des juges pĂ©naux qui pourront sanctionner toute nouvelle politiquement incorrecte. En outre, un « Conseil de dĂ©ontologie de la Presse » est aussi Ă  l’étude, probablement pour dicter ce qu’il est lĂ©gal ou pas de dire ou d’écrire ; Ă  rapprocher du « Pacte mondial pour des migrations sĂ»res, ordonnĂ©es et rĂ©guliĂšres » dit Pacte de Marrakech, Ă©difiant en matiĂšre de libertĂ© de la presse et d’informations trĂšs orientĂ©es (sort news donc mais pas fake news !) :

« Nous devons en outre mettre Ă  disposition de tous les citoyens des informations objectives, claires et fondĂ©es sur des donnĂ©es factuelles au sujet des avantages et des difficultĂ©s que prĂ©sentent les migrations, en vue de dĂ©monter les discours trompeurs qui donnent une image nĂ©gative des migrants » (en gras par l’auteur).

« Promouvoir une information indĂ©pendante, objective et de qualitĂ©, y compris sur Internet, notamment en sensibilisant les professionnels des mĂ©dias aux questions de migration et Ă  la terminologie affĂ©rente, en instituant des normes dĂ©ontologiques pour le journalisme et la publicitĂ© et en cessant d’allouer des fonds publics ou d’apporter un soutien matĂ©riel aux mĂ©dias qui propagent systĂ©matiquement l’intolĂ©rance, la xĂ©nophobie, le racisme et les autres formes de discrimination envers les migrants, dans le plein respect de la libertĂ© de la presse »  « le but Ă©tant d’amener le public Ă  considĂ©rer les effets positifs qu’ont des migrations sĂ»res, ordonnĂ©es et rĂ©guliĂšres ».

Presse et liberté, donc


Vous aviez dit « libertĂ© de la presse » ? « LibertĂ© d’opinion » ? PluralitĂ© dans la diffusion de l’information ? RĂŽle des mĂ©dias dans le jugement objectif du peuple ?

Vous aviez dit
 mais vous n’avez pas.

Permettez-moi un exemple personnel rĂ©cent pour illustrer jusqu’oĂč la libertĂ© d’expression peut ĂȘtre muselĂ©e systĂ©matiquement au quotidien. Suite Ă  la sortie d’un de mes livres – une biographie d’un grand journaliste emblĂ©matique du XIXe siĂšcle, Henri Rochefort, publiĂ© aux Ă©ditions Dualpha –, je devais faire une confĂ©rence sur ce journaliste dans l’environnement agitĂ© de la fin du Second Empire, de la Commune et des dĂ©buts de la IIIe RĂ©publique.

Sujet trĂšs « politique et partisan » comme on peut le voir ! ConfĂ©rence donnĂ©e Ă  la MĂ©diathĂšque de SĂšte, dĂ©pendant de la Mairie. D’abord programmĂ©e, quelques jours avant sa tenue j’apprends que ma confĂ©rence a Ă©tĂ© annulĂ©e avec pour motif le caractĂšre « polĂ©mique » de mon Ă©diteur ! C’est le terme employĂ© avec gĂȘne d’ailleurs, en m’indiquant que l’ordre n’est pas venu de la MĂ©diathĂšque mais de « plus haut » (comprendre la Mairie, LR, de SĂšte).

LibertĂ© d’expression non pas de la presse, mais d’un livre, non politique, mais Ă©ditĂ© par un « mauvais » Ă©diteur au plan politique ! On croit rĂȘver non ? Mon courrier indignĂ© adressĂ© au Maire de SĂšte est bien sĂ»r restĂ© sans rĂ©ponse. AprĂšs la censure, le mĂ©pris. On peut surtout comprendre qu’un incident local trĂšs mineur comme celui-ci est caractĂ©ristique d’évidences morales toutes faites, discrĂ©tionnaires et liberticides, qui frappent la libertĂ© de la presse, ou d’édition, pluraliste dans sa diffusion. Car lĂ  encore, la publication de mon livre ne posait Ă©videmment aucune question de nature lĂ©gale, sauf lorsqu’il s’agit de diffusion, le ton changea et le verrouillage s’enclencha immĂ©diatement. Pour rien d’ailleurs en l’espĂšce. CQFD.

C’est dans ce fatras indescriptible fait de monopole de la grande presse officielle et de ses sort news, d’utilisation politique de prĂ©tendues fake news, de discrĂ©dit global d’internet, portail libertaire mais aussi des libertĂ©s interdites ou limĂ©es jusqu’à l’os, d’encadrement « dĂ©ontologique » de la presse pour renforcer la « bonne terminologie » Ă  employer, qu’émergent quelques groupes de presse qui tentent d’informer autrement ou de rĂ©informer un peuple en passe de dĂ©senchantement et d’incrĂ©dulitĂ© dangereuse face Ă  l’information intelligente orientĂ©e et univoque qui l’assaille sans cesse, drapĂ©e dans sa suffisance aveugle.

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A propos de l'auteur

Richard Dessens

Enseignant pendant plusieurs annĂ©es dans une Ă©cole prĂ©paratoire aux concours d’entrĂ©e aux IEP et Écoles de journalisme, Richard Dessens crĂ©e et dirige parallĂšlement une troupe de thĂ©Ăątre dans la rĂ©gion de Montpellier. Docteur en droit, DEA de philosophie et licenciĂ© en histoire, il est l’auteur d’ouvrages de philosophie et d’histoire des idĂ©es politiques, de relations internationale. Il a entres autres livres publiĂ© aux Ă©ditions Dualpha "Henri Rochefort ou la vĂ©ritable libertĂ© de la presse", "La dĂ©mocratie interdite" et "Histoire et formation de la pensĂ©e politique".

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