La trĂšs sensĂ©e chronique du camarade Arette (La barque de Pierre prend eau de toute part, 12 dĂ©cembre 2017) n’a pu que rĂ©veiller le bon petit diable qui sommeillait au fond de moi (c’est ainsi que je surnomme affectueusement mon ange gardien, histoire de le taquiner). Et voilĂ  qu’il fait de moi son interprĂšte pour vous rapporter les causes de cette humeur mauvaise qui hĂ©risse ses rĂ©miges immaculĂ©es.

Vatican II

Le 11 octobre 1962 « le bon pape Jean », le XXIIIe du nom, ouvrait le IIe concile ƓcumĂ©nique, connu aujourd’hui sous le nom de « Vatican II ». Depuis des annĂ©es dĂ©jĂ , une avant-garde percutante de catholiques en recherche, prescrivait la « panacĂ©e aggiornamentesque » qui permettrait Ă  l’Église, par l’ouverture et le changement, d’entrer dans la modernitĂ©. Ainsi allait-on la libĂ©rer des entraves d’une sclĂ©rose vaticane particuliĂšrement paralysante et lui redonner ce nouvel Ă©lan Ă©vangĂ©lique propre Ă  dĂ©placer les montagnes.

Paul VI qui avait clĂŽturĂ© le concile le 8 dĂ©cembre, ne tarda pas Ă  sentir comme une odeur de brĂ»lĂ© dans les arriĂšre-offices de la Curie. Il mit initialement cela sur le compte de l’enthousiasme d’adeptes de la nouvelle cuisine qui n’avaient pas tout Ă  fait mesurĂ© les temps de cuisson et la manipulation incertaine d’un tout nouveau thermostat liturgique.

Pour leur part, des chefs mitrĂ©s sud-amĂ©ricains innovaient en assaisonnant le magistĂšre d’une forte sauce de thĂ©ologie au piment rouge « Liberacion », et en l’accompagnant d’un « Cuba libre » particuliĂšrement enivrant que bon nombre de thĂ©ologiens et de prĂ©lats français, en manque d’exotisme depuis la dĂ©colonisation, n’allaient pas manquer d’apprĂ©cier et de consommer sans modĂ©ration.

Pourtant le fumet Ăącre du cramĂ© allait bientĂŽt se dissiper pour laisser pĂ©nĂ©trer des effluves autrement puants. Comme ceux de l’Ɠuf pourri
 non d’hydrogĂšne sulfureux, pardon. Et qui dit soufre dit
 Chut ! Chacun sait que la ruse suprĂȘme du Diable est de laisser croire qu’il n’existe pas.

De la rumba de Xavier Cugat Ă  la Salsa du DĂ©mon il n’y avait qu’un pas que beaucoup de nos Ă©minences franchirent allĂšgrement, dĂ©livrĂ©es des pans de ces soutanes encombrantes qui entravaient leur marche vers le progrĂšs. C’est ce qui alerta le Saint-PĂšre. Dans son homĂ©lie du 29 juin 1972 il mettait en garde les fidĂšles : « Devant la situation de l’Église d’aujourd’hui, nous avons le sentiment que par quelque fissure la fumĂ©e de Satan est entrĂ©e dans le peuple de Dieu. »

Le temps passa et avec lui d’autres papes qui s’efforcĂšrent de rendre Ă  l’atmosphĂšre ecclĂ©siale ses qualitĂ©s premiĂšres. On en vint mĂȘme Ă  souligner ouvertement les « dĂ©rives postconciliaires » qui avaient pu polluer la saine application des textes d’origine. Pour autant


Jean-Paul II au Bourget, le 1er juin 1980 interpellait ainsi l’Église de France : «  qu’as-tu fait des promesses de ton baptĂȘme ? »

Loin de moi l’idĂ©e d’en remontrer Ă  nos Ă©vĂȘques, mais je ne puis m’empĂȘcher de les inviter Ă  une relecture du chapitre VII de l’évangile de Saint Matthieu et de sa mise en garde contre les faux prophĂštes : « C’est Ă  leurs fruits que vous les reconnaĂźtrez [
] Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. Tout arbre qui ne donne pas un bon fruit, on le coupe et on le jette au feu. »

Alors, Messeigneurs, comment se porte cet arbre du renouveau que le pĂ©piniĂ©riste romain vous avait confiĂ© au lendemain de ce concile porteur d’espĂ©rance ? Je ne voudrais pourtant pas vous renvoyer Ă  la parabole du gĂ©rant habile


En 1962, l’Église catholique de France comptait 41 000 prĂȘtres (la population française s’élevait alors Ă  46 millions d’habitants). En 2016, ils sont 15 000 dont plus de 50 % ont au moins 75 ans. Parmi eux des centaines venues notamment d’Afrique pour assurer le culte dans des paroisses dont le nombre se rĂ©duit comme naguĂšre, une tĂȘte chez nos frĂšres Jivaros. Aujourd’hui, pour une ordination, on compte huit dĂ©cĂšs de prĂȘtres ĂągĂ©s ou en exercice. Encore faut-il rappeler que notre population vient de dĂ©passer les 66 millions d’habitants.

En 1962, le nombre de nos sĂ©minaristes Ă©tait lĂ©gĂšrement infĂ©rieur Ă  1 000. En 2014, les Ă©tablissements diocĂ©sains comptaient 109 sĂ©minaristes dont 28 dans les quatre structures considĂ©rĂ©es comme les moins « conciliaires. » Curieusement aujourd’hui le sĂ©minaire non diocĂ©sain de la CommunautĂ© Saint-Martin, classĂ© « tradi », compte Ă  lui seul plus de cent postulants.

Messeigneurs, n’y a-t-il pas lĂ  matiĂšre Ă  rĂ©flexion au sein de vos commissions traitant de la transmission de la foi et des vocations ? Les jeunes seraient-ils moins ouverts Ă  la modernitĂ© que leurs aĂźnĂ©s ? La soutane leur paraĂźtrait-elle plus seyante que le jean ? Auraient-ils pris conscience en vous observant, qu’un pasteur doit guider son troupeau plutĂŽt que de le suivre ? Leur foi les conduirait-elle Ă  croire que si Dieu s’est fait homme, l’homme ne saurait se faire Dieu ?

La pratique religieuse dans la « France fille aĂźnĂ©e de l’Église » est aujourd’hui Ă©difiante. En recoupant les chiffres concernant les contributeurs au « denier de l’Église » (1 170 000 en 2015) et ceux publiĂ©s dans la presse nationale, portant sur la frĂ©quentation plus ou moins assidue des paroisses, on peut considĂ©rer que les catholiques « affichĂ©s » reprĂ©sentent moins de 5 % de la population française. Bien sĂ»r me direz-vous, nombreux sont les catholiques qui ne pratiquent pas. Mais, comme l’affirme mon curĂ©, un quadra malicieux, encore plus nombreux sont les naturistes qui ne pratiquent pas.

Alors que les mosquĂ©es prolifĂšrent dans nos provinces comme naguĂšre l’anophĂšle dans les marĂ©cages de la Mitidja, nos clochers, frappĂ©es d’aphasie, laissent nos pasteurs sans voix. Ainsi, s’il revenait parmi nous, Chamfort ne pourrait mĂȘme plus dĂ©noncer ceux qui persĂ©cutent le sonneur de tocsin plutĂŽt que l’incendiaire. Et pourtant
 Ne disait-on pas qu’un village sans cloche Ă©tait un aveugle sans canne.

Bien sĂ»r le porte-parole de la ConfĂ©rence des Ă©vĂȘques de France pourra toujours rassurer des fidĂšles inquiets en affirmant que le Catholicisme est encore la deuxiĂšme religion pratiquĂ©e dans notre beau pays, en omettant bien sĂ»r de citer la premiĂšre. On se console comme on peut.

Mais au fait, qui a dit « Errare humanum est, diabolicum perseverare » ? Saint Augustin, l’enfant numide de Thagaste (l’actuelle Souk Ahras algĂ©rienne), dans l’un de ses mĂ©morables sermons.

Allons Rita et Jude, les saints patrons des causes perdues et désespérées, ne sont pas à la veille de prendre leurs R.T.T.

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