par Olivier Bault.

L’Allemand GĂŒnther Oettinger appartient Ă  la CDU d’Angela Merkel. Il est aussi commissaire europĂ©en au Budget et aux Ressources humaines. Il a beaucoup fait parler de lui en mai, quand il a assurĂ© que les marchĂ©s financiers allaient « apprendre aux Italiens comment voter ». Aujourd’hui, M. Oettinger fait Ă  nouveau jaser aprĂšs avoir affirmĂ© mardi Ă  Bruxelles que « le projet europĂ©en est en danger de mort » et que « certains en Europe veulent l’affaiblir ou mĂȘme le dĂ©truire : la Pologne, la Hongrie, la Roumanie, le gouvernement de l’Italie ».

En principe, la Commission europĂ©enne est tenue Ă  une certaine neutralitĂ© pour ce qui est des relations entre pays de l’UE. Mais cela, c’est uniquement la thĂ©orie, car la Commission s’assoit allĂšgrement sur les rĂšgles et on la voit s’engager non seulement dans les disputes entre États membres mais aussi dans les dĂ©bats et conflits internes de certains États, aux cĂŽtĂ©s notamment de l’opposition la plus radicale en Pologne, en Hongrie et, dans une certaine mesure aussi, en Roumanie. Elle reproche aux gouvernements de ces pays, et M. Oettinger n’est pas le dernier Ă  le dire, de supposĂ©es atteintes aux valeurs europĂ©ennes, Ă  la dĂ©mocratie et Ă  l’Etat de droit.

Pourtant, si la Commission Ă©tait vraiment attachĂ©e aux valeurs de dĂ©mocratie et d’Etat de droit, elle devrait logiquement commencer par elle-mĂȘme. Mardi, la mĂ©diatrice europĂ©enne Emily O’Reilly, qui avait Ă©tĂ© saisie par des dĂ©putĂ©s nĂ©erlandais du groupe ALDE (libĂ©raux) et des Ă©lus français du groupe Socialistes et dĂ©mocrates (S&D) au Parlement europĂ©en, a rendu son rapport d’enquĂȘte sur les circonstances de la nomination expresse en fĂ©vrier du bras droit de Jean-Claude Juncker au poste de secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la Commission europĂ©enne. Une nomination qui avait Ă©tĂ© qualifiĂ©e de vĂ©ritable « coup d’Etat », car il s’agit d’un poste d’influence qui permettra au fĂ©dĂ©raliste Martin Selmayr – un autre Allemand proche de la CDU – d’assurer la continuitĂ© aprĂšs le dĂ©part du Luxembourgeois.

« Responsable d’une partie du discrĂ©dit qui frappe l’Europe »

Alors que la Commission a dĂ©clarĂ© aprĂšs la publication de ce rapport qu’aucune sanction disciplinaire ne serait prise, les socialistes français, qui avaient saisi la mĂ©diatrice, ont publiĂ© un communiquĂ© dans lequel il est dit, sur la base des conclusions trĂšs claires du rapport Ă  charge de Mme O’Reilly, que « M. Juncker a violĂ© les rĂšgles europĂ©ennes afin de permettre Ă  M. Selmayr de devenir secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral. Il est responsable d’une partie du discrĂ©dit qui frappe l’Europe, et qui se traduit notamment par la montĂ©e de l’extrĂȘme droite ».

En mars, c’est justement le commissaire GĂŒnther Oettinger qui Ă©tait venu dĂ©fendre maladroitement la nomination du protĂ©gĂ© de Juncker devant des dĂ©putĂ©s europĂ©ens outrĂ©s. « Ce que vous faites est pire que tous les nationalismes, euroscepticismes et extrĂ©mismes », avait alors accusĂ© le Français Pascal Durand (Verts). « Si la Commission est prĂȘte Ă  ignorer ses propres rĂšgles, pourquoi devrions-nous Ă©couter ce qu’elle a Ă  dire sur l’Etat de droit ailleurs ? », avait fait remarquer le Hongrois György Schöpflin (PPE). Des voix s’étaient alors Ă©levĂ©es pour que la Commission mette fin Ă  sa procĂ©dure de sanction contre la Pologne et entame une autre procĂ©dure de sanction contre elle-mĂȘme.

Article publié dans les colonnes du quotidien Présent.

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