La Gaule n’était qu’une partie du monde celte, qui allait de l’Atlantique aux Carpathes, et dont une bonne partie Ă©tait dĂ©jĂ  colonisĂ©e depuis le IIe siĂšcle avant notre Ăšre, notamment la Narbonnaise, qui s’étendait Ă  l’ouest jusqu’à l’Aquitaine, et au nord jusqu’à Lyon et au lac LĂ©man. Mais CĂ©sar va donner ce nom Ă  la province qu’il conquiert, qu’il distingue arbitrairement de la Germanie, de l’autre cĂŽtĂ© du Rhin.

RĂ©pondant Ă  l’appel des tribus alliĂ©es de Rome et notamment des HĂ©duens, CĂ©sar entre en Gaule pour refouler les HelvĂštes, qui avaient quittĂ© leurs terres pour migrer vers l’ouest. Mais il ne s’arrĂȘte pas en si bon chemin : il continue vers le nord, et entame un vaste mouvement tournant qui va le conduire jusqu’aux embouchures de la Seine, de la Loire et de la Garonne. Au passage, il lance des expĂ©ditions contre les Belges, les Bretons, les VĂ©nĂštes, les Aquitains. C’est au moment oĂč il va boucler cette boucle et regagner la Narbonnaise que se produit le soulĂšvement de VercingĂ©torix. Les historiens du XIXe siĂšcle ont tant voulu faire de lui le hĂ©ros malheureux et pittoresque d’une patrie qui n’existait pas encore, qu’ils ont occultĂ© le dĂ©roulement rĂ©el de la campagne et l’habiletĂ© stratĂ©gique des deux chefs.

Un fait majeur est que le cƓur du soulĂšvement est l’Auvergne. C’est la position idĂ©ale pour couper la route Ă  CĂ©sar. Et si VercingĂ©torix pratique la tactique de la « terre brĂ»lĂ©e », ce n’est pas pour forcer CĂ©sar Ă  quitter la Gaule mais pour l’en empĂȘcher. Contraint Ă  combattre, ce dernier prend Bourges, mais il Ă©choue devant Gergovie.

Cette victoire gauloise entraĂźne un autre fait majeur : les HĂ©duens, autrefois rivaux des Arvernes et alliĂ©s de Rome, se joignent (bon grĂ©, mal grĂ©) au soulĂšvement. Leur pays correspond Ă  la Bourgogne. Du coup, CĂ©sar n’a pas plus d’autre choix que de remonter encore plus vers le nord. Il ne cache pas que son intention est d’aller lever de nouvelles lĂ©gions dans la Province, car il est Ă  court de troupes. Il pousse mĂȘme jusqu’en Germanie pour recruter des auxiliaires. Mais il lui est dĂ©sormais interdit de traverser le pays des HĂ©duens pour rejoindre la vallĂ©e du RhĂŽne.

Que faire ? La campagne contre les HelvĂštes lui a appris que ces derniers sont des adversaires redoutables. Il va donc tenter de passer entre les deux : par le pays des SĂ©quanes (vieux alliĂ©s des Arvernes), l’actuelle Franche-ComtĂ©.

De sa dĂ©faite Ă  Gergovie jusqu’à sa victoire Ă  AlĂ©sia, c’est donc bien CĂ©sar qui est poursuivi par VercingĂ©torix, et non l’inverse. VercingĂ©torix cherche constamment Ă  lui couper la route pour l’empĂȘcher d’aller chercher les troupes qui lui permettraient de consolider ses conquĂȘtes. Si bien que lorsque CĂ©sar se trouve sous les murs d’AlĂ©sia, c’est lui qui est pris au piĂšge. Il met le siĂšge devant la ville parce qu’il ne peut pas faire autrement. VercingĂ©torix a choisi, longtemps Ă  l’avance, le lieu du combat.

Reste deux points Ă  Ă©tablir : oĂč se trouve AlĂ©sia, et comment cette place imprenable est-elle tombĂ©e ?

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Philippe Randa,
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A propos de l'auteur

Pierre de Laubier

Actuellement professeur d’histoire dans des collĂšges libres, Pierre de Laubier est l’auteur de "L’Aristoloche", journal instructif et satirique paraissant quand il veut, et il rĂ©dige les blogues Chronique de l’école privĂ©e
 de libertĂ© et "L’Abominable histoire de France", ce dernier tirĂ© de ses chroniques radiophoniques sur "Radio LibertĂ©s" oĂč il est un chroniqueur de l’émission "SynthĂšse", animĂ©e par Roland HĂ©lie et Philippe Randa.

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