Philippe IV le Bel, Louis XI, François Ier, Louis XIII – ou, plus exactement, Richelieu, marquent les Ă©tapes de ce qu’on appelle la « naissance de la France moderne », caractĂ©risĂ©e par la centralisation du pouvoir au dĂ©triment des corps intermĂ©diaires, le principal Ă©tant la noblesse.Or, les privilĂšges de la noblesse impliquaient qu’elle participĂąt aux pouvoirs « rĂ©galiens » par excellence, la justice et la guerre. À l’origine, le roi n’était d’ailleurs qu’un primus inter pares, parmi les pairs du royaume. En outre, depuis 1614, les Ă©tats gĂ©nĂ©raux ne sont plus rĂ©unis, d’oĂč il dĂ©coule que l’appĂ©tit fiscal du roi ne connaĂźt plus de limites. Quant aux parlements, un Ă©dit de 1641 leur retira leur droit de remontrance, les ramenant Ă  leur rĂŽle de cours de justice et de simples chambres d’enregistrement des Ă©dits du roi.

Sous Richelieu, une nouvelle activitĂ© fait rage : la surveillance de l’opinion. Elle se fit, de maniĂšre classique, par l’espionnage. C’est grĂące au vaste rĂ©seau d’espions qu’il avait dĂ©ployĂ© que Richelieu dĂ©couvrit tant de complots. Et comme il composait Ă  sa guise les tribunaux chargĂ©s de juger les coupables, les chances d’y ĂȘtre acquittĂ© Ă©taient faibles. Ainsi, au lendemain de la journĂ©e des Dupes (1630) qui avait pour but d’éloigner le cardinal du pouvoir, le marĂ©chal de Marillac fut jugĂ© par une commission extraordinaire. Mais celle-ci fut remplacĂ©e par une autre, prĂ©sidĂ©e par L’Aubespine, qui venait de remplacer le frĂšre du marĂ©chal comme garde des sceaux. Cette commission se rĂ©unit Ă  Rueil, dans le propre chĂąteau du cardinal ! Le plus Ă©tonnant est que, Ă  en croire Tallemant des RĂ©aux, la condamnation Ă  mort de Marillac Ă©tonna Richelieu. Qui, pour se remettre de sa surprise, accorda des promotions Ă  ces magistrats intĂšgres (mais zĂ©lĂ©s).

Messire Louis de Marillac, Comte de Beaumont-le-Roger, Maréchal de France.

Messire Louis de Marillac, Comte de Beaumont-le-Roger, Maréchal de France.

Mais il n’y avait pas que des traĂźtres dans le royaume. Il y avait aussi ceux qui pensent mal. Il ne suffit pas Ă  Richelieu de placer les thĂ©Ăątres sous surveillance. Pour Ă©viter qu’on n’y entendĂźt quelque attaque contre lui, il choisit la solution la plus simple, qui Ă©tait d’écrire les piĂšces lui-mĂȘme. Comme le temps lui manquait, il rĂ©unit une Ă©quipe de dramaturges chargĂ©s de les Ă©crire pour son compte. C’est ainsi que Corneille fit ses dĂ©buts.

Un nouveau moyen d’information Ă©tait apparu : le journal, et notamment la fameuse Gazette de Renaudot, paraissant le samedi. Il avait chipĂ© l’idĂ©e aux frĂšres Richer, qui publiaient depuis 1611 le Mercure françois, mais dont la parution Ă©tait seulement annuelle. En 1631, Richelieu accorda Ă  Renaudot un privilĂšge, c’est-Ă -dire un monopole, en Ă©change de quoi la Gazette publia obligeamment toutes les nouvelles que le gouvernement voulut bien lui faire gracieusement parvenir.

Les fĂącheuses vellĂ©itĂ©s d’indĂ©pendance des gens de lettres sont connues, mais leur vanitĂ© l’est aussi. L’AcadĂ©mie vint rĂ©pondre Ă  cette aspiration. Celle-ci Ă©tait nĂ©e de rĂ©unions tenues chez Conrart, qui donnĂšrent naissance en 1635 Ă  l’AcadĂ©mie officielle. Celle-ci eut pour tĂąche d’établir un dictionnaire, dont la premiĂšre Ă©dition ne parut qu’en 1694, presque soixante ans plus tard ! ExcĂ©dĂ© par cette lenteur, FuretiĂšre publia son propre dictionnaire en 1684 et fut, pour ce crime
 exclu de l’AcadĂ©mie.

Fiscalisme, centralisme, Ă©galitarisme, rĂ©pression de l’initiative
 C’est bien la France moderne.

Les chroniques de Pierre de Laubier sur l’« Abominable histoire de France » sont diffusĂ©es chaque semaine dans l’émission « SynthĂšse » sur Radio LibertĂ©s.

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