Je lisais sur un site droitier un courrier rĂ©cent d’un courageux lecteur ĂągĂ© de 91 ans, ancien soldat de la IIe Guerre Mondiale, et qui soulignait les alĂ©as sordides de ladite guerre et ses tromperies.

Le lecteur Ă©voquait l’affaire scandaleuse de Dakar en rappelant que peut-ĂȘtre l’or français y Ă©tait, et que les Anglais le voulaient Ă  tout prix, pressentant qu’ils allaient ĂȘtre ruinĂ©s par les AmĂ©ricains dans le cadre de la grande croisade pour les dĂ©mocraties, croisade coĂ»teuse dont nous ne sortirons jamais avant mille ans sinon fort endettĂ©s et remplacĂ©s.

Sur ces fĂącheux Ă©vĂ©nements de juin 1940, nul ne nous a aussi bien verbalisĂ©s que CĂ©line en 1937 : « Nous serons dĂ©jĂ  tous asticots quand dĂ©barqueront dans les Flandres les premiers invertis d’Oxford. »

AussitÎt débarqués, les invertis étaient rembarqués.

Ce lecteur soulignait la trahison britannique Ă  Dunkerque, l’infĂ©odation de la France Ă  Albion depuis 1815 (De Gaulle parle de vertige), l’inutilitĂ© de cette guerre qu’Hitler ne voulait qu’à l’Est oĂč, cela tombait bien, on avait droit Ă  un « monstre » pire que lui et Tamerlan rĂ©unis. Il soulignait qu’on nous avait fabriquĂ© cet ennemi allemand (merci les militants d’Action Française qui, bourgeois et idiots utiles bien plus utiles que les ouvriers communistes, tomberont pour intelligence avec l’ennemi teuton tant honni) durant tout le XIXe siĂšcle. Toussenel dĂ©crivait dĂšs 1843 dans ses Rois de l’époque (disponible aux Ă©ditions DĂ©terna) cette germanophobie en gestation.

C’était compter sans l’Angleterre et sa conspiration dĂ©mocratique – voyez le groupe Focus et son histoire. On prit donc soin en France de se prendre une Ă©niĂšme raclĂ©e avec l’Allemagne au nom d’une Pologne qui, outre sa lĂ©gislation antisĂ©mite, avait tout de mĂȘme reçu des offres d’échange territorial de la part des nazis et avait surtout acceptĂ© de se partager avec les autres vautours les dĂ©pouilles de la TchĂ©coslovaquie en 1938 – TchĂ©coslovaquie crĂ©Ă©e comme la Yougoslavie par les irrĂ©els traitĂ©s wilsoniens avec les rĂ©sultats que l’on sait.

Cette Pologne, pays trĂšs moral donc, un peu trop sĂ»r de lui et de l’alliance anglaise, fut aussi occupĂ©e par l’URSS qui extermina ses Ă©lites Ă  Katyn (les maĂźtres chanteurs de Nuremberg en accusĂšrent les Allemands), tout en massacrant les cadres des petites rĂ©publiques baltes, mais Ă  l’URSS, personne chez les bons alliĂ©s anglo-saxons ne se proposa de dĂ©clarer la guerre.

Staline put envahir, tuer, saccager, piller, violer cinq pays avec la bĂ©nĂ©diction de la dĂ©mocratie occidentale trop occupĂ©e ailleurs (allez lire archive.org Crocker et Roosevelt’s road to Russia) ; dĂšs 1935, Churchill approuve Staline auprĂšs de son ambassadeur Maisky, diabolise le dĂ©sormais inoffensif Trotski et tire un trait sur Holodomor et les monstrueuses purges


Il tirera aussi un trait sur l’invasion stalinienne de la Pologne et de la Finlande, la mise Ă  sac des pays baltes ! Bravo pour un anticommuniste fervent encensĂ© par Le Figaro et tout le monde petit-bourgeois !

Le tsarisme fut toujours abhorrĂ©, le communisme sous sa forme la plus rogue adorĂ© Ă  l’Ouest, on est comme ça, on ne se refera pas : Clemenceau laissa faire Bela Kun en Hongrie. Le bolchevisme et ses crimes de masse, l’oncle Joe et ses vingt millions de morts, l’oncle Joe et son Holodomor ukrainien (de la propagande de Goebbels, vraiment ? Ah bon !) devenait un prodige de la vie dĂ©mocratique et post-dĂ©mocratique.

NĂ©e sur les Ă©chafauds des rois anglais et français, sur les cadavres des Irlandais de Cromwell et des VendĂ©ens, nĂ©e de la barbarie mathĂ©matique et quantitative du monde postchrĂ©tien, la dĂ©mocratie qui aujourd’hui professe comme les bolcheviques la liquidation des nations blanches, des sexes et des familles, des Ă©tudes et des religions, n’aura, il est vrai, jamais déçu, que ce soit sous son aspect rond-de-cuir, sans-culotte ou commissaire politique.

Car le rond-de-cuir, européen a dit Cochin avant KojÚve, est le successeur contractuel du sans-culotte.

Une bonne ñme estime qu’il est impossible de savoir ce qu’il y avait à Dakar, lors de l’attaque anglo-gaulliste, dans un livre d’histoire français. Mais de l’or, il y en avait.

Il se trouve que dans son livre sur la guerre de Churchill publiĂ© il y a longtemps dĂ©jĂ  et tĂ©lĂ©chargeable gratuitement sur son exceptionnel site, David Irving Ă©voque cette histoire ; qu’il souligne la dĂ©goĂ»tante tentative de vol churchillien et la patriotique participation des gaullistes (on comprend pourquoi ils Ă©taient si peu nombreux
) qui se heurtĂšrent Ă  une rĂ©sistance rageuse des courageux soldats prĂ©sents Ă  Dakar et dĂ©jĂ  rĂ©voltĂ©s (comme une partie de l’amirautĂ© britannique !) par le massacre de Mers el KĂ©bir (Churchill tua nos deux mille marins comme il bombarda nos villes et tua 70 000 civils, mais c’est un alliĂ© dĂ©mocrate, alors il pouvait se le permettre ; Lucien Rebatet remarque que les parisiens applaudissaient aux bombardements alliĂ©s – ils en redemandent toujours les Français).

L’Angleterre du grand libĂ©rateur du continent (Hitler aussi lorsqu’il attaque l’URSS se prĂ©sente en libĂ©rateur
) dĂ©sirait aussi voler l’or des Belges et des Polonais. L’Angleterre avait dĂ©jĂ  volĂ© l’or des Baltes et des TchĂšques, avant Ă  son tour de se faire voler tout son or par le vĂ©nĂ©rable Roosevelt.

Irving rappelle au passage une chose : Vichy n’est surtout pas le jouet des nazis, Vichy passe l’éponge sur Mers-El-KĂ©bir et marche main dans la main avec les puissances anglo-saxonnes au moins jusqu’à la fin de 1942 ; la Zone Libre ne le fut jamais. Irving rappelle ce qu’il en coĂ»tera plus tard Ă  PĂ©tain, Darlan et Huntzinger, et on ne les plaindra pas. Vichy aura Ă©tĂ© mĂ©prisable de bout en bout et mĂ©ritera son destin d’infamie. Otto Abetz prĂ©cise dans son Journal attendre aprĂšs les 2 000 morts de Mers el KĂ©bir la dĂ©claration de guerre Ă  l’Angleterre, dĂ©claration qui ne viendra jamais.

Et en 1939 l’Angleterre nous envoie donc comme d’habitude – pourquoi se gĂȘner ? – nous faire « crever la poitrine tout en mandant la note pour la chemise trouĂ©e » (Bernanos). Mais il y a les fables de la Fontaine, plus utiles que nos historiens hexagonaux, et Churchill trouva un Grippeminaud plus gourmand et mieux fourrĂ© que lui : Roosevelt, qui ne savait que faire de douze millions de chĂŽmeurs (et rĂ©Ă©lu quand mĂȘme !) et buvait du petit-lait devant la deuxiĂšme guerre europĂ©enne qu’il avait aidĂ©e Ă  dĂ©clencher.

David Irving prĂ©cise trĂšs bien que pour entrer dans cette guerre dans laquelle il voyait avec un grand sourire une liquidation de l’Europe, Roosevelt voulait essentiellement trois belles choses :

– L’anĂ©antissement de l’Allemagne par le rĂȘve – dĂšs 1941 – de la castration chimique (plan Hofmann), l’application dĂšs 1945 de l’extermination physique de sa population (famine organisĂ©e, camps de prisonniers, plan Morgenthau appliquĂ© au moins jusqu’en 1948 par l’occupant Eisenhower et le preux Truman, etc.), dont l’avocat canadien James Bacque a horriblement rendu compte dans ses livres sur les « autres pertes » (Other losses), celles de l’ennemi vaincu, dont on ne parle jamais (pensez aux deux millions de Vietnamiens morts sous les bombes au nom d’une ubuesque et dĂ©placĂ©e lutte contre le communisme par exemple). Bacque est pourtant un modĂ©rĂ©, un de ces Canadiens qui ont eu un beau comportement – peut-ĂȘtre un peu trop soumis aux Anglais, non ? – pendant toute cette guerre (je pense Ă  l’étonnant ministre McKenzie King, Ă  Beaverbrook, etc.).

Cette destruction gĂ©nĂ©ralisĂ©e fut une fioriture de plus Ă  mettre l’actif de Churchill, ancien antisĂ©mite politique (voyez son article sur les bolcheviques), ancien adorateur du Duce, raciste premier et butor bombardier, responsable de la ruine de son pays, de l’effondrement de l’empire et de l’Europe, du dĂ©rapage final et de l’invasion soviĂ©tique de notre continent, puis de l’avĂšnement de la dĂ©colonisation et du communisme en Chine.

Mais quand on est proche de Bernard Baruch, quand on a des dettes de jeu, quand on aime la guerre et la dĂ©mocratie, on ne compte pas, ni les blocus ni les bombes, n’est-il pas vrai ? Churchill ? Une tĂȘte de mule (bullheadedness) ! C’est Joe Kennedy, le pĂšre du futur accidentĂ© de la route dĂ©mocratique, alors ambassadeur Ă  Londres, qui le dit ! Et qui voit que « Churchill aime la guerre comme une affaire Ă  suivre » propre Ă  sauver sa laborieuse carriĂšre. Il voit surtout que le contrĂŽle churchillien sur les mĂ©dias est total : on est bien en dĂ©mocratie. Car comme on sait, en dĂ©mocratie, on fait confiance Ă  ses journaux, Ă  sa radio : ils sont dĂ©mocrates comme le gouvernement, alors va pour le gaz sarin, le gaz hilarant surtout ou le lynchage de Kadhafi : on est lĂ  pour montrer l’exemple !!!

– Roosevelt veut surtout en bon dĂ©mocrate mondialisĂ© la ruine de l’Europe, de l’Angleterre, de la France et la fin de leurs empires coloniaux. Il a pris son temps pour entrer en guerre, voulant affaiblir l’Angleterre un peu plus, et confisquer toutes ses colonies et ses richesses.

John Bull finit ainsi la guerre « bare stripped », furieux contre Churchill (10 % dans les sondages !) qu’il abandonne dĂšs 1945 pour les sirĂšnes rouges des travaillistes ; son stoĂŻcisme coutumier Ă  ce peuple toujours soumis et son aveugle soumission Ă  ses Ă©lites ne lui auront en rien servi. Le prix du lĂ©gendaire flegme, cette variante british de la rĂ©signation populiste.

– Le comportement de Roosevelt confirme qu’Hitler Ă©tait certainement une meilleure affaire pour l’Angleterre (« Il a sauvĂ© la Grande-Bretagne », rappelle Liddell Hart dans son livre sur les GĂ©nĂ©raux) puisque le 16 juillet 1940, le trop anglophile FĂŒhrer propose un partage du monde Ă  l’empire britannique, qu’il croit encore vivifiĂ© par l’esprit de Kipling (par ailleurs auteur d’un colossal poĂšme antisĂ©mite interdit par Churchill) ; mais l’Angleterre prĂ©fĂšre la guerre d’anĂ©antissement et la fin de l’Histoire. Roosevelt est lĂ  qui exploite le bellicisme ultra, la germanophobie, l’humanisme agreste (il voudra que la population germanique baisse de trente millions en 1945 !) et surtout la sidĂ©rante naĂŻvetĂ© de Churchill qui fera comme s’il n’avait pas vu venir le rapace yankee ou soviĂ©tique (il lance la blague du rideau de fer dĂšs 1946, pas mĂȘme sous les huĂ©es gĂ©nĂ©rales).

La puissance de la Russie soviĂ©tique, qu’il veut renforcer Ă  n’importe quel prix pour l’Europe. Roosevelt annonce trĂšs bien nos Ă©lites hostiles (voir ce qu’il a fait de ses paysans blancs pendant son passage aux affaires, de 1934 Ă  1940) qui renforcent le communisme. La montĂ©e du communisme Ă  cette Ă©poque dans les Ă©lites anglo-saxonnes n’est une surprise pour personne, mĂȘme si le maccarthysme correspond pour l’AmĂ©rique aux heures les plus sombres de l’histoire de notre pauvre France Ă  nous !

Quand on rĂ©siste, cela donne Patton. En 1945, Patton ne veut ni de la paix avec la Russie ni de la famine en Allemagne : il est placardisĂ©, puis victime d’un fameux double accident de camion (dans la mĂȘme journĂ©e, il fallait le faire !) avant d’ĂȘtre retrouvĂ© mort dans son lit d’hĂŽpital.

Il restait aux Allemands abattus et naĂŻfs Ă  leur tour Ă  perdre environ quatre millions des leurs dans les camps de prisonniers polonais (1 250 camps en Pologne Ă  la fin de 1945 et cinq millions d’expulsĂ©s -lisez John Sachs et son remarquable Eye for Eye sur les tueries de Salomon Morel) français, amĂ©ricains, russes. Ce fut chose faite peu aprĂšs.

Les Allemands d’Angela Merkel estimant leur punition mĂ©ritĂ©e et donc ne se plaignant pas (sauf Adenauer dans ses mĂ©moires !!!), on ne se montrera pas plus royaliste que le roi. Mais aujourd’hui que la Russie n’est plus une dictature communiste et qu’elle n’a plus le programme impĂ©rial stalinien ou mao-rooseveltien, elle redevient comme par enchantement l’homme Ă  abattre du temps des tzars.

Quand donc l’homo democraticus sera-t-il moins bĂȘte ? Quand il sera mort. Le dĂ©mocrate est le cauchemar de l’histoire. Il doit se charger de la Syrie puis de l’Iran, du YĂ©men libre, de toute la liste. On enverra des drones et des juges androĂŻdes jugeront les victimes vitrifiĂ©es.

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On laisse De Gaulle conclure sur Churchill : « Toute sa vie, il a fait des affaires avec le diable. C’est la mĂ©chancetĂ© et l’alcool qui le conservent. »

On peut tĂ©lĂ©charger gratuitement les livres de David Irving (dont Churchill’s war) sur son site. Ceux de John Bacque (Other losses, en anglais) et de Sachs (Eye for eye) sont faciles aussi Ă  trouver. On peut aussi lire John Charmley qui remet l’idole repue Ă  sa place. Sans oublier Crocker.

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